John Fitzerald Kennedy « Ich bin ein Berliner » 26 Juin 1963 en souvenir

Ich bin ein Berliner !

Il y a 41 ans jour pour jour, John Fitzgerald Kennedy 35e Président des États-Unis, a prononcé un des plus beaux discours politiques au monde.
Son « ich bin ein Berliner » demeure encore à ce jour, un morceau d’anthologie.

Nous ne retracerons point ici l’histoire de Berlin et le plan brillantissime de Beria pour neutraliser l’Allemagne de l’Ouest qui demeure à ce jour le point de fixation des fantasmes soviétiques et russes.
Nous ne relaterons pas non plus l’histoire du mur qui a vu les pages les plus glorieuses et parmi les plus sanglantes de la Guerre Froide.
Nous voulons juste permettre aux jeunes générations, à travers ce morceau d’éloquence, de mesurer ce qu’elles doivent à l’Europe.
Pour les plus âgés se souvenir du sacrifice que des milliers de combattants anonymes ont accepté de payer le prix souvent de leur vie pour défendre la liberté !

Et pour tous le plaisir d’écouter, ou de réécouter et de voir en ce discours un pur chef-d’œuvre.
Ainsi Kennedy Président courageux mais excessivement encensé l’emporta en novembre 1960 contre Richard Milhous Nixon Président injustement et excessivement décrié.
De Kennedy l’histoire retiendra deux ou trois événements où il fut non seulement bon mais efficace. Berlin, Cuba.
En ces deux occasions l’apocalypse s’est invitée dans le champ du possible. Il n’est pas interdit de penser que dans une Présidence finalement médiocre, Kennedy s’est révélé en ces deux occasions, un véritable homme d’État sachant mesurer l’ampleur des risques et rester ferme sans céder et sans provocations inutiles.
Ajoutons pour faire bonne mesure que l’Amérique lui doit les premiers pas d’Armstrong sur la lune. Aventure encore unique à ce jour.

Lors de son discours d’investiture le 20 janvier 61 il prononça cette phrase que tout leader, partie au conflit, devrait méditer chaque jour.

« Ne négocions jamais par peur ; mais n’ayons jamais peur de négocier » 20 janvier 61
Pour le plaisir de la musicalité de la phrase anglaise qui a bercé toute notre adolescence nous ne résistons pas au plaisir de la relire. « Let us never negotiate out of fear .But let us never fear to negotiate. »

Par charité chrétienne nous n’énumérerons pas la liste des leaders qui seraient avisés d’en faire leur miel. La liste serait trop longue et trop dérisoire !

Que l’on nous permette donc d’égrener quelques flashs.
À Berlin, tant pour le traité de paix que pour le blocus, le plus fidèle soutien de Kennedy fut paradoxalement le général De Gaulle. Lequel lui conseilla la plus extrême fermeté, car il, plus l’on se montrerait ferme vis-à-vis des soviétiques moins ceux-ci oseraient bouger.
Le souci constant de JFK fut d’éviter toute erreur de calcul. tâche rendue compliquée par la perception qu’avait Nikita Khrouchtchev de la force de caractère du « gamin ».
A la conférence de Vienne Monsieur K (alias niet) pensait ne faire qu’une bouchée du sémillant Président américain.
A part l’affaire du Laos qui était déjà pratiquement réglée, on s’échappe et s’échoppe violemment sur Berlin.
Qu’on en juge avec ce savoureux dialogue !

-Khrouchtchev : « Je veux la paix mais si vous voulez la guerre c’est votre affaire. Notre décision de signer en décembre (1961) (un traité de paix) est irrévocable… »

-Kennedy : «.Ce sera un hiver très froid… »

En cette ascension aux extrêmes Kennedy sut se montrer un joueur de poker hors-pair et toujours parfaitement maître de ses nerfs :
« si la guerre éclate, elle aura commencé à Moscou et non à Berlin » 25/01/ 61

Il prendra donc toutes les mesures militaires sans pour autant fermer la porte au dialogue. Dans l’histoire de la dissuasion nucléaire Berlin reste un acmé !
Brillamment et sagement conseillé par McNamara secrétaire à la défense, Kennedy sût ne pas épouser les positions les plus extrêmes de Dean Acheson qu’il avait pourtant nommé lui-même comme responsable de la task force.
Non point par peur ou par irrésolutions, mais parce qu’il craignait que les soviétiques ne prennent sa posture pour un bluff.
Saluons sa maestria et son admirable connaissance en la matière. À ce niveau cela relève de l’esthétique !
Ainsi Kennedy dans une interview au New York Post déclara dans le langage fleuri que peuvent affectionner les américains (à ce propos le lecteur appréciera à leur juste élégance les mots forts de la Sous-Secrétaire d’État américaine aux affaires européennes où il était question du plus vieux métier du monde) pour justifier sa décision :
«… (Khrouchtchev) ne veuille lui frotter le nez dans la crotte et ce serait fichu… »1

On connaît la suite 13/08/ 1961 à zéro heure 30, pose des premières pierres du Mur de Berlin par les « Vopos » de sinistre mémoire.
Mais il est vrai que le sénateur William Fulbright qui n’était pas à une bêtise près pût ainsi bêler bêtement :
« Je ne comprends pas pourquoi les Allemands de l’Est ne ferment pas leurs frontières, car je crois qu’ils ont le droit de les fermer. »

Le psyché russe ne pouvait croire que dans un pays libre un homme, fût-il Président de la commission des Affaires Etrangères du Sénat puisse n’engager que lui-même.
Les soviétiques ont donc cru – non pas en toute bonne foi – (car cette notion leur a toujours été étrangère) que le feu vert leur serait accordé.

Sur instruction de Kennedy, les américains envoient quatre soldats à Berlin avec pour mission de refuser de montrer leurs papiers aux Vopos. Ceux-ci finissent par céder.

le 22 /10/61 1961, à quelques mètres de distance, les tanks américains et soviétiques se font face, tous moteurs allumés, gueules des canons contre gueules des canons.
Face à la résolution de Kennedy Khrouchtchev cédera. De traité de paix avec la défunte RDA, il ne sera pratiquement plus jamais question.

Khrouchtchev recevra Paul Henri Spaak, esprit brillant et atlantiste de bon aloi et dont les facultés intellectuelles étaient largement surdimensionnées par rapport à la taille de son pays : « vous savez disait Khrouchtchev, Berlin ce n’est pas un tel problème pour moi : qu’est-ce que 2 millions d’individus au sein d’un milliard de communistes. »

Lorsque vous cliquerez sur le lien vous permettant de déguster la vidéo du discours, vous y découvrirez un Kennedy jovial, brillant, galvanisé malgré ses douleurs dorsales, par une foule en liesse et électrisée. Une foule dont nombre de parents survivaient sous la dictature à quelques centaines de mètres. Familles séparées 18 ans après la fin de la guerre.
Pour le reste nous vous laissons le plaisir de le regarder.
Jamais la formule de Paris-Match : « le poids des mots le choc des photos » ne fut aussi juste.

A toutes et à tous bonne vidéo.

Léo Keller

Notes
1 Arthur Schlesinger
 

http://youtu.be/sGBBvbfcygE

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