La chute de la Maison Netanyahu et l’honneur retrouvé de l’Etat d’Israël. Par Leo Keller

La chute de la Maison Netanyahu et l’honneur retrouvé de l’Etat d’Israël.
Par Leo Keller



Souffrez, Monsieur Netanyahu que je vous rappelle le si noble principe qui animait, votre illustre prédécesseur, David Ben Gourion:
« La grandeur morale est le socle de la force. »

J’ai essayé durant ces dernières années et à longueur d’articles dans ce blog de rester, sinon le plus objectif possible, quand bien même l’objectivité n’existe pas, le plus honnête possible et de prendre parti le moins possible.
Je ne me suis certes, pas privé ni de critiquer ni de donner la parole aux détracteurs de la politique étrangère de Netanyahu. Mais toujours dans le respect de l’argumentation.
Non erat is est locus, tel ne sera point mon propos hinc et nunc. Je n’évaluerai donc point ici les succès de Netanyahu, car il y en a tant en matière économique, technologique, scientifique, voire même diplomatique en tout cas selon son idéologie.
Je ne disséquerai point non plus ses échecs, hélas nombreux dans le règlement du problème palestinien qui demeure quoi qu’on en dise la « mère de tous les problèmes».
Pour être complet je lui reconnais en sus de ses succès économiques et technologiques, une incontestable maestria et une éclatante victoire- symbole de l’excellence israélienne- dans la lutte contre la COVID-19. Seuls-probablement- Taïwan, Corée du Sud, Nouvelle Zélande et Japon ont fait mieux.

Non je veux briser ici l’obligation de silence que je m’étais imposée.
Voyez- vous, Monsieur Netanyahu, j’accorde- avec tant d’autres hommes et femmes de bien, infiniment plus d’importance, à tout ce qui touche et impacte   la dignité de l’homme, à ses droits inaliénables parce que sacrés et à tous sans aucune distinction, à son respect qu’à des chiffres aussi brillants soient- ils !
Bien entendu je ne nie pas les problèmes socio-économiques qui sont leur condition ; pour autant ils ne passent jamais après.
Le respect de tout être humain passe, pour moi, avant les flatteries réciproques mais obscènes que vous avez entretenues à plaisir et ad nauseam avec le si peu fréquentable personnage qu’est Trump ou avec tant de leaders européens illibéraux- que vous préciez avec une gourmandise obscène et qui encensent des dictateurs qui avaient autrefois collaboré avec le régime nazi qui a pourtant exterminé tant de membres de nos familles dont la mienne.

Je laisse donc de côté vos succès et échecs. Je pense que vous devez avoir suffisamment honte de vos échecs et d’être l’artisan de la fracture de la société israélienne.

Camus, l’immense Camus, écrivit : « Toute société est basée sur l’aristocratie, car celle-ci, la vraie, est l’exigence à l’égard de soi-même et sans cette exigence, toute société meurt. » 1
Mais il y a fort à parier que Camus ne fasse pas partie de votre Panthéon. Souffrez, monsieur Netanyahou qu’il fasse partie du mien. 

Jacqueline de Romilly, femme éminemment remarquable entre toutes, écrivit : « Pour Athènes, les Ambassadeurs répètent que la Paix, tout en préservant ses avantages, ajoutera à son honneur. Par cet honneur, il faut ici entendre la réputation morale de la Cité. Athènes gagnera, en effet honneur et gloire.
La paix lui procurera une réputation favorable aux yeux des générations à venir et elle, acquérant ainsi, en même temps qu’une alliance utile, de la gloire.
Cette gloire sera accrue, du fait que l’opinion, en Grèce lui attribuera le mérite de la Paix. »
2

Mais la paix, monsieur Netanyahu vous ne l’avez, véritablement, souhaitée ni à l’intérieur ni à l’extérieur ou plutôt vous n’avez pas voulu en payer le prix.

Je vous reconnais cependant deux qualités Monsieur Netanyahu.
La première, vous n’êtes pas un va-t-en-guerre contrairement à ce que nombre de vos détracteurs vous accusent. La raison en est fort simple : le statu quo vous convient tellement. Accessoirement je conçois que, depuis quelques temps, vos appétits électoraux et vos ennuis judiciaires vous aient empêché d’envisager sérieusement l’hypothèse d’une guerre autrement que par des rodomontades ou des coups de menton. Vous me permettrez de garder la deuxième qualité en guise de conclusion.


Mais trop c’est trop ! Too much is too much. Genug ist genug. Dayenu !3
Pour autant, soyez rassuré, je n’irai pas jusqu’à dire que vous êtes le nouvel Aristide Briand et que vos séides sont les héritiers de Gustave Stresemann. La colligation de déclarations que vous et vos sbires avez tenues depuis tant d’années m’oblige à sortir de ma réserve.
Méthodiquement, année après année, mois après mois, semaine après semaine, vous vous êtes répandu en propos insupportables et indécents que l’on a l’habitude d’entendre sous des cieux dictatoriaux mais point en Israël.

La démocratie israélienne était avant vous- Ô tempora, Ô mores- une des plus belles au monde, une des plus fortes et dans des temps difficiles alors que le pays ne jouissait pas d’une situation stratégique aussi sûre qu’aujourd’hui.
Combien je regrette le temps des Rabin, Bégin, Sharon, Perez ou Barak.
Begin qui était pourtant un homme de droite ne se serait jamais abaissé à votre niveau.
Aucun de ces leaders n’a osé briser l’unité de la nation, le vouloir vivre ensemble pour se maintenir au pouvoir pour des raisons que tout le monde connaît. La liste de vos débordements verbaux est longue, si longue, insupportablement longue.
Permettez-moi quelques exemples. Et pour vous rafraîchir la mémoire commençons par celui précédant la passation de pouvoirs.
En Juin 2021, vous vous prîtes- sans doute-pour Moïse et déclarâtes en citant l’épisode biblique de Korach, à propos de vos adversaires : « vous êtes des traîtres et comme tels vous méritez le châtiment biblique : la mort. »

En 1997 vous déclarâtes, au Rabbin Kadoorie  dans un accès de religiosité aigue et subite à propos de vos adversaires : « ils ont oublié qu’ils étaient juifs! »

En 1933, Hitler me caricaturait le nez crochu, les mains regorgeant d’argent et pendu à une potence.
En 1995 vous rigolâtes avec un sourire parfaitement vulgaire et indécent à votre balcon devant des manifestants brandissant des pancartes représentant le Premier Ministre Rabin en général SS.
Souffrez de cette comparaison que je n’aurai jamais imaginé et voulu vous présenter. Le poids des mots, le choc des balles assassines ! On connaît la suite.

En 2009 Elie Shai a comparé les homosexuels à des animaux. Il faut chercher parmi les pays les plus arriérés ou les plus barbares de la planète pour entendre de tels immondices.

En 2021, enfin, vous avez récidivé et osé traiter vos adversaires qui ont – tout comme vous-risqué leur vie au front, de traitres susceptibles du châtiment divin. Vous leur avez daigné leur judéité.
Mais qui êtes-vous donc Monsieur Netanyahu pour vous croire tout autorisé ? Vous n’êtes pas le représentant de Dieu sur terre. Tout juste celui des évangélistes.
N’avez-vous donc aucune pudeur ? Les nazis considéraient comme Juif ceux qui avaient trois grands-parents sur quatre.
Mais vous, vous rajoutez un critère : celui qui n’est pas d’accord avec vous n’est pas Juif.
Netanyahu, en 1933 j’étais Juif mais je n’étais plus Aryen quand bien même je descendais de Mendelssohn et de l’Aufklarung.
Netanyahu, en 1940, j’étais Juif mais Pétain que Zemmour se garde bien de désapprouver, statua un certain jour d’Octobre que je n’étais plus Français quand bien même je descendais de Proust.
Tel fut le sort de mes grands- parents partis en fumée.
Et vous osez décreter qui est Juif.

Netanyahu,en 1968 Cohn- Bendit fut traité de juif allemand.

Ainsi donc en 2021 je ne serais plus juif selon vos critères.
Netanyahu, vous et vos alliés auriez donc un droit de regard sur ma judéité.

Netanyahu, en 1933 je faisais partie de la cinquième colonne.
Netanyahu, en 1940 « j’ai été partout». Zemmour pourra en témoigner.

Alors, chers lecteurs, je vous prends à témoin. En 2021, Netanyahu a dit que j’étais un traître comme les juifs des temps bibliques !
Que suis-je donc aujourd’hui en 2021 ? Ah oui peut-être, à en croire vos chers et précieux alliés, un animal LGBT!

Encore une fois je ne suis pas intéressé dans cet article à passer au tamis vos réussites économiques qui sont certaines malgré un coût social. Je ne nie pas non plus le fait que sous votre gouvernance vous avez hissé la « Start -Up Nation » aux tout premiers rangs mondiaux.
Mais peu me chaut. Vous avez foulé aux pieds de votre incommensurable égo qui n’a d’égal que votre cupidité, et de votre absence abyssale des valeurs universalistes qui font qu’un Homme est un Homme.
Avec vos attaques répétées et incessantes contre la démocratie, la presse-  du moins celle qui n’est pas de votre bord. Vous ne m’en voudrez pas, j’espère, de ne pas considérer la feuille de chou Israël Hayom comme un organe de presse.
Voyez vous Netanyahu, Tocqueville avait postulé que les habits de la démocratie sont aussi importants que la démocratie elle-même.
Netanyahu, vous avez mis en danger la démocratie israélienne en danger, une des plus belles au monde, en vous attaquant à la Cour Suprême.
Le Chief Justice Aharon Barak fut l’honneur de l’Etat d’Israël que vous avez attaqué avec vos volutes de cigare et vos coupes de champagne dont l’ivresse vous a fait perdre toute décence qui demeure, je vous le rappelle, la condition de la démocratie.
Votre cupidité, votre vulgarité- au sens étymologique- vous ont, au bout du compte, perdu. Comment expliquez-vous que vous ayez égaré en cours de route non pas la plupart mais un nombre conséquent de vos alliés autrefois les plus importants.
Vous avez déserté le parti et les hautes valeurs morales de Menahem Begin. J’ai pu être en désaccord avec lui ; mais c’était pour employer une formule allemande :  Ein Mensch !
C’est d’ailleurs la raison de la démission du départ de son propre fils du parti fondé par son père.
Par votre comportement mesquin et vulgaire, vous avez cassé l’unité de votre pays jusque dans des points secondaires.
Mais le salut de Netanyahu, mais la réélection de Netanyahu, mais échapper à la prison, passent avant le salut du pays.

Je ne suis pas un partisan acharné de Naftali Bennett, mais je lui reconnais un certain nombre de qualités : l’honnêteté, la décence et très probablement le sens du possible et de l’impossible. Et bien entendu le sens de l’Etat.
Las. Las. Las ! Elles vous font cruellement défaut.

Elie Barnavi, ancien Ambassadeur d’Israël en France, un des connaisseurs les plus fins de la civilisation européenne, et universitaire brillantissime, eût un jour ces mots à la saveur et à la justesse immarcescibles : «S’il y a une chose que l’on ne peut reprocher à Trump c’est d’avoir une cohérence intellectuelle. »
Vous n’avez pas cette excuse, Monsieur Netanyahu, car vous êtes indéniablement cultivé et intelligent. Vous êtes donc d’autant plus responsable du climat délétère qui sévit en Israël. Chacune de vos saillies montre vos vilénies méprisantes de la démocratie.

Si j’ai bien compris, Bennet eusse-t-il accepté de vous rejoindre dans votre gouvernement, voire eusse-t-il déféré à votre offre en rotation du poste de Premier Ministre, il eût été un patriote soucieux du sens de l’Etat. Avoir refusé fait donc de lui un traître que vous affublez de tous les noms d’oiseaux ! Il faudra m’expliquer votre logique que j’ai du mal à comprendre.
Il en va de même pour Benny Gantz, Lapid et tant d’autres.
Et je vous fais grâce de votre comportement si peu élégant, si peu démocratique et si néfaste à la sécurité de votre pays lors de la passation de pouvoirs.


Pour autant Monsieur Netanyahu, permettez-moi, sans malice aucune, de vous adresser mes plus vives félicitations ainsi que de me faire l’interprète des plus vifs remerciements de l’Etat d’Israël.
Vous êtes le premier à avoir eu le courage et l’intelligence de convoquer les Arabes Israéliens au gouvernement de l’Etat d’Israël.
Bravo. Bravissimo. Pour cela je vous adresse tous les braviii. Même si comme, bien souvent, dans le monde entier de bonnes décisions sont prises pour de mauvaises raisons. En l’occurrence électorales. Vous ne seriez ni le premier ni espérons-le le dernier ! Mais soyons fair-play !
 

Autorisez-moi, je vous prie, puisqu’il semble que vous continuiez à vous comporter rue Balfour comme si vous ne fussiez point battu, un mot sur le nouveau gouvernement.
Yair Lapid est à la tête du plus grand nombre de députés de la coalition, il a pourtant cédé la place de Premier Ministre à Naftali Bennett qui a moins de députés que lui.
J’ai beau chercher, je ne vois nulle trace d’une telle marque d’intelligence politique en ce bas monde. Certes, je sais bien qu’il n’y a pas de repas gratuit en ce bas monde. Vous aurez remarqué que je n’ai employé ni le mot altruisme ni celui d’intérêt de l’Etat.
Deux notions que vous avez allègrement déserté ces dernières années et qui vous sont au demeurant parfaitement étrangères.
Il faut à la fois un incroyable sens de l’Etat et un égo capable de se sous—dimensionner pour consentir à une telle propitiation.
Merci et bravo Yair Lapid, vous venez de confirmer ce que la démocratie israélienne a de meilleur.
Oh je ne me fais guère d’illusions ; je sais fort bien, Monsieur Netanyahu, que vous ne pouvez comprendre cela.
Kamenev dit un jour à Staline : « Sais-tu ce qu’est la reconnaissance ?
-Oui c’est une maladie de chien, lui répondit Staline. »
Propos que vous comprenez infiniment mieux !

Pour autant permettez-moi de m’interroger -sans malice aucune bien entendu- pourquoi après vous être tant démené pour faire des Arabes Israéliens du parti Raam, vos alliés électoraux, vous déchainez vous aujourd’hui contre ceux-là-mêmes dès lors qu’ils intègrent le gouvernement Bennet-Lapid-Gantz.
Après les avoir encensés, était-il donc si nécessaire de les lyncher ?

Si votre procès en corruption vous laisse du temps libre, vous m’éjouiriez en m’en expliquant la raison. J’en serai le plus félicieux des hommes.

Quant à Bennett, toujours dans l’intérêt de l’Etat, il sait qu’il ne pourra appliquer la totalité de son programme. Mais il sait aussi que la démocratie, la décence, l’unité du peuple et non la division de l’Etat – que vous semblez chérir- passe avant tout.
Bennett, Lapid, Gantz ont compris qu’après 70 ans, il n’était ni suicidaire ni totalement idiot d’intégrer les Arabes Israéliens dans le pays.

Quant au fond du problème, je parie que Bennet connaitra lui aussi son Congrès de Bad Godesberg.
Voyez-vous Monsieur Netanyahu, il y a déjà quelques années un éminent sociologue, peut-être le plus grand d’entre tous, Max Weber avait défini le concept du « Gesinnungsethik » et du « Verantwortungsethik » 
Si vous cherchiez une réponse pour comprendre pourquoi tant de gens- y compris parmi vos anciens ministres vous ont lâché, je vous offre cette réponse.

Ce gouvernement va -t-il tenir ? Je n’en sais rien et je compte sur votre caractère retors (ainsi là non-votation voulue du budget) pour lui réserver les coups les plus bas, qu’ils soient légaux ou illégaux. Et bien entendu d’être le parjure de sa propre parole !

Mais ce gouvernement aura montré plusieurs choses. D’abord une exceptionnelle créativité et vitalité de la société israélienne. Créativité qui permet de donner le meilleur d’elle-même.
Il aura montré que l’intérêt supérieur du pays passe bien avant des querelles picrocholines de personnes.
Il aura montré que la société israélienne demeure, Monsieur Netanyahu, malgré vos coups de boutoir et vos prévarications dignes des républiques bananières, une société éprise de démocratie et de justice.
C’est la promesse subliminale de ce gouvernement. Ni plus ni moins. C’est déjà beaucoup et l’on comprend les manifestations de joie qui ont éclaté dans tout le pays .

Les rescapés des camps de concentration qui avaient émigré en Israël pour fonder un Etat Juif mais un Etat de liberté, de justice, de dignité, et d’un minimum d’égalité ne demandaient pas autre chose. Ils n’ont pas fondé un Etat dont Rabin a dénoncé les dérives en signalant que les « colons étaient le cancer de la société israélienne ».

Je n’aime pas faire parler les morts. Mais Menahem Begin aurait eu honte, Monsieur Netanyahu  de vous entendre dire lors des avant-dernières élections : « des hordes d’arabes viennent voter en bus ».

Ce gouvernement va- t- il tenir et réussir à déceler l’ébauche de l’ébauche d’une solution, en quelque sorte la pierre philosophale ? Je n’en sais rien et je crois que personne ne peut l’affirmer. Mais il réussira néanmoins à accepter de considérer- même plus tard- le vrai problème parce qu’il le traitera d’abord et avant tout avec des critères sécuritaires, avec le minimum de considérations et non le maximum, pour ses soubassements idéologiques religieux et historiques qui polluent de chaque côté le conflit, de briser la glace brulante de haine.
Il aura une chance, peut-être infime, mais une chance tout de même, car il comprendra que ce conflit est un conflit tragique au sens étymologique du terme et que chaque camp a droit à sa part de vérité et de justice.
Ahad Haam , un des plus grands poètes sionistes ne dit pas autre chose lorsqu’il arriva en Palestine-Israël dans les années 1890.
Alors ce gouvernement aura-peut-être- une petite chance, toute petite chance de refroidir ce conflit.
Sa grande force sera précisément qu’il rassemble tant de volontés disparates mais qui sont cimentées par la volonté de réparer toutes les béances cimentées à dessein par vous Monsieur Netanyahu.
“This is not the end. It is not even the beginning of the end. But it is, perhaps, the end of the beginning.”
Un verrou a sauté précisément parce que Netanyahou a sauté. Saluons cette avancée et ne boudons pas notre plaisir.
Un de vos sbires, Netanyahu a ainsi déclaré dimanche à la Knesset que ce gouvernement était déjà celui d’un Etat comme un autre, un Etat comme la France.
Je lui laisse la paternité de cette sentence qui scintille d’intelligence. Netanyahu a été jusqu’à dévoyer l’exercice de la démocratie représentative dans l’enceinte du Parlement israélien. Le Président de la Knesset, pourtant membre du Likud , a du exclure manu militari les propres ministres de Netanyahu dont les vociférations rappelaient comment en 1933 le Zentrum a pu et a dû se saborder.

L’on me permettra de conclure avec cette impression que m’a donnée à chaud le Professeur Denis Charbit qui est un des plus fins politologues de la vie israélienne et dont je suis fier de son amitié qui m’honore et m’enrichit.
« Je ne sais pas ce que ce gouvernement fera de bien. Mais, comme le soir du Seder, je dis « Dayenou » :
Lapid a declaré ce soir apres la marche des drapeaux durant laquelle des manifestants ont crié: »Mort aux Arabes », qu' »on peut pas tenir le drapeau d’Israel d’une main, et crier »Mort aux Arabes », qu’Israel, ce n’est pas ça, que le judaisme, ce n’est pas ca ».
Netanyahou n’a jamais prononcé le millieme d’une declaration pareille.
Ce soir, je suis fier d’être Israelien. De nouveau. Et de comprendre que ma voix est de nouveau representée. »



Ce gouvernement va-t-il tenir vu l’exceptionnelle diversité des courants ? Je n’en sais rien mais il montre en tout cas une chose : la volonté de recréer un vouloir vivre ensemble, centré sur les valeurs universalistes. Je ne vois qu’un homme dont la rouerie y arriverait: Edgar Faure. Mais aux dernières nouvelles il n’est plus disponible.
Un dernier mot Monsieur Netanyahu, lors de votre discours d’investiture, après avoir savonné, à grandes eaux, la planche d’Ehud Olmert, vous lui aviez souhaité « bonne chance malgré ses ennuis judiciaires ». Question d’élégance : Ehud Olmert a eu lui l’élégance de démissionner. Vous …

Alors « bonne chance » Netanyahou
Après douze ans d’absence, Israël redevient un exemple.
L’on me permettra, d’administrer en toute humilité, un conseil à ce duumvirat ou triumvirat.
Lors de la grande époque de Rome, Rome n’a jamais aussi bien fonctionné que lorsqu’elle était gouvernée par deux  consuls.
« On assure mieux sa puissance en évitant de léser ses pairs qu’en cédant à la tentation du moment pour chercher son accroissement parmi les périls. »
Thucydide reste décidément le plus grand !
Leo Keller
Neuilly le 15/06/2021

Notes
1 Camus in carnet III
2 Jacqueline de Romilly in l’invention de l’histoire politique chez Thucydide
3 Dayenu signifie assez en hébreu

Comments

  1. charles meyer says:

    Article insupportable, honteux, je prèfère m’abstenir de qualification supplémentaire

    >

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