24 août, anniversaire de l’indépendance ukrainienne Par Eugène Berg Ambassadeur (e.r)

24 août, anniversaire de l’indépendance ukrainienne

 Par Eugène Berg Ambassadeur (e.r)

L’atroce guerre actuelle, dont nul ne peut prévoir l’issue, trouve – t-elle réellement ses racines  dans le détachement de l’Ukraine de l’empire russe, un traumatisme que les élites, comme une bonne partie du peuple russe n’ont jamais réellement accepté

Nous publions les quelques pages consacrées à cert épisode dont nous subissons hélas les conséquences, ,tirées de l’ouvrage de notre ami Eugène Berg «  L’Ukraine, février 2023,  éditions  Maisonneuve  et Larose/ Hémisphères                                 

« Si nous perdons l’Ukraine, nous perdons la tête » Lénine

            Dans les années 1960, les intellectuels ukrainiens furent les premiers à aborder la question nationale. Mais après le remplacement de Petro Chelest par Chtcherbitski à la tête du parti en 1972 inaugura une sorte de normalisation à la tchèque.[1] Les suites de la catastrophe de Tchernobyl et les cérémonies du millénaire de la christianisation de la Russie kiévienne en 1988 ont montré que les thèmes de l’écologie de l’identité nationale et religieuse sont passés à l’avant-scène. En novembre 1988, la revue Kommunist de Moscou publia un article d’Ivan Djiouba, connu en Ukraine pour son essai au titre évocateur Internationalisme ou russification , qui valut dans les années 1970 un séjour prolongé dans un camp du Goulag. Déjà en 1987, les autorités avaient reconnu le Holodomor de 1932- 1933. C’est en 1989 que le mouvement populaire ukrainien, le Roukh, prit son envol, en tenant son congrès fondateur à Kiev, en septembre. On entendit, à cette occasion, les premiers appels en faveur de la création d’une confédération de Républiques indépendantes, encouragés par quelques personnalités comme le Polonais Adam Michnik : « Vous Ukrainiens, et nous Polonais, connaissons bien le visage du chauvinisme russe. Vive l’Ukraine libre et démocratique ! » Un message qui résonne encore dans bien des oreilles. Le dissident ukrainien déclara prophétiquement : » La question de la survie de l’Union soviétique ne sera pas décidée en Estonie, mais en Ukraine ».[2]

            Les heures du très brejnévien Vladimir Chtcherbitski sont dès lors comptées : Gorbatchev vient superviser le transfert du pouvoir à Vladimir Ivachko L’ Ukraine , qui s’étend          ait sur 604 000 km2 contre 445 000 avant 1939,représentait alors 16% de la production industrielle de l’URSS, ancien grenier à blé, elle fournissait en 1988, 18% de la production agricole du pays, dont le quart des céréales, 44% du tournesol, et jusqu’à 52% du sucre. Malgré le déclin du bassin du Donetz, l’Ukraine produisait en 1989, 24% du charbon et 46% du minerai de fer. Elle comptait près de 52 millions d’habitants, dont 72%  d’Ukrainiens, 22% de Russes, 1,3% de Juifs, ainsi que des Biélorusses, des Polonais, des Moldaves, des Bulgares et des Hongrois. Son revenu par habitant :1896 roubles était cependant inférieur à la mouenne nationale ( 2084)

            L’Ukraine dans sa marche vers l’indépendance ne fut pas seule et bien des forces en sous-main ou publiquement ont agi en ce ,sens pour la couper du grand frère soviétique : les importantes diasporas aux États -Unis et au Canada, l’église uniate, les Ukrainiens -polonais ou polonais -Ukrainiens installés depuis des lustres de chaque côté de la frontière. En attendant, les heures du très brejnévien Vladimir Chtcherbitski sont comptées : Gorbatchev vient superviser le transfert du pouvoir à Vladimir Ivachko.

            C’est dans la partie occidentale de l’Ukraine, restée polonaise jusqu’au 17 septembre 1939 qu’a été créé, à Lvov (Lviv en ukrainien, Lemberg en allemand) ; en juin et en juillet 1988, le Front démocratique pour la perestroïka. Le 24 août, le Parlement ukrainien, la Rada, avait adopté une résolution proclamant l’indépendance de cette République. 364 députés ont voté pour sur 400 présents parmi les 450 membres du Parlement. Dans cette résolution, le territoire de l’Ukraine est déclaré « indivisible » : avait-en envisagé l’avenir ? Pensait-on à la Crimée ?On s’approche du référendum du 1er décembre 1991 sur l’indépendance de l’Ukraine, Gorbatchev déclare qu’il « est même impossible de considérer qu’elle puisse quitter l’Union ». Mais le résultat du référendum donna le coup de grâce : 80% de voix pour l’indépendance. La Crimée elle -même, Odessa, construite par Pierre le Grand et peuplée de Russes, les bases navales de Simferopol et de Nikolaev, ( Mykolaïv en Ukrainien) le bassin charbonnier du Donbass. Leonid Kravtchouk est élu au premier tour avec 60% des voix. Le lendemain, le 2 décembre, Eltsine reconnaît l’indépendance de l’Ukraine, en insistant sur son statut de puissance dénucléarisée.

            Qui aura entendu les avertissements de Soljenitsyne : « Détacher aujourd’hui l’Ukraine, ce serait couper en deux des millions de familles et de personnes, tant la population est mélangée ; des provinces entières sont à dominante russe ; combien de gens auraient du mal à choisir entre les deux nationalités ! Combien sont d’origine mêlée : combien compte-t-on de mariages mixtes que personne ne considérait jusqu’ici comme tels ! Dans l’épaisseur de la population de base, il n’y a pas la plus petite ombre d’intolérance entre Ukrainiens et Russes. ».[3] À cette époque l’auteur de l’ Archipel du Goulag expose ses vues bien tranchées sur l’avenir de la Russie. Comment réaménager notre Russie ? a été publié, à la fin du mois de septembre 1990, dans la Komsomolskaïa Pravda et dans la Literatournaia Gazeta, deux journaux totalisant un tirage des millions d’exemplaires, avant d’être commenté quelques jours plus tard par Gorbatchev e à la tribune du Soviet suprême. Sur la forme de l’ État russe, qu’il appelle de ses vœux, il adopte une position tranchée : «… il faut d’urgence proclamer haut et clair que les trois Républiques baltes, les trois Républiques de Transcaucasie, les quatre d’Asie centrale, et également la Moldavie, si elle est plus attirée par la Roumanie, que ces onze Républiques-oui ! – sont destinées de façon absolue et irrésistible à faire sécession »[4].. Soljenitsyne, il faut donc brader l’empire pour sauver la Russie, en faisant l’« Union de Russie », avec les Russes proprement dits, les Biélo-Russes et les Ukrainiens. Cette position semblait à l’époque, plus pour des raisons d’opportunité que de fond partagé par Boris Eltsine, chef de la puissante « Fédération de Russie , qui vient de condamner l’intervention de l’Armée à Vilnius. Elle n’était d’ailleurs guère nouvelle [5]: dans un essai de 1881 . Qu’est-ce que l’Asie pour nous, Fédor Dostoïevski préconisait déjà le repli de la Russie sur elle -même, sur les vastes terres du Nord -Est. Zbigniew Brzezinski, écrira plus tard, une phrase ultra citée : « sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire, mais le devient automatiquement avec une Ukraine subornée puis subordonnée ».[6] Pourtant cette Asie centrale -ce milieu des Empires [7] – va devenir dès la chute de l’URSS, une vaste zone convoitée, courtisée, formant un ensemble géopolitique de taille, pas tout à fait uni, à la recherche de ses attaches et de sa cohésion.[8]

Il fallut attendre .En 1991, Leonid Kravtchouk, président du Soviet suprême, se sentit obligé de se distancier du putsch fomenté par les conservateurs à Moscou. C’est bien la mutation de ce pur apparatchik, membre du soviet suprême du Parti communiste de l’Union soviétique, ancien numéro deux du parti communiste ukrainien en charge de l’idéologie, qui fit la différence. Il s’était hissé patiemment au sommet de la hiérarchie soviétique. Diplômé d’une école spéciale du Parti, il avait passé trente ans au département de la propagande. Pour sa part, le premier secrétaire du PCU, Stanislav Hourenko, fit valoir que « ce serait un désastre si le PCU ne parvenait pas à soutenir l’indépendance ». Les membres du PCU avaient été troublés par l’arrestation de l’ancien chef du parti Volodymyr Ivachko à Moscou, et de la mise sous scellés des locaux du Comité central du Parti communiste. Le coup d’œil du destin a désiré que Léonid Kravtchouk décède à 88 ans, le 10 mai 2022, à Munich, en  pleine invasion russe. « Il connaissait le prix de la liberté et voulait de tout son cœur la paix pour l’Ukraine ». Un an avant sa mort, Leonid Kravtchouk confia au journal en ligne lb. ua : « Ma plus grande erreur fut de croire en la Russie (…). Je pensais qu’elle finirait aussi par changer. Que ses rapports avec les autres États seraient basés sur la diplomatie et non la force. Elle n’a pas changé. J’aurais dû en tirer des conclusions. Quand la question s’est posée pour moi de construire une Ukraine indépendante, j’ai réalisé ce qui me dérangeait le plus : la Russie ». « Il fut un homme politique et une figure historique, mais aussi une personne qui sut trouver des mots sages pour que tous les Ukrainiens l’entendent », a affirmé Volodymyr Zelensky.

24 août 1991, la Déclaration d’indépendance ukrainienne

Aussi le 24 août 1991, le Soviet suprême de la RSS d’Ukraine approuva à une écrasante majorité l’Acte de déclaration d’indépendance par 321 voix pour 2 voix contre et 6 abstentions (sur 360 participants) : « Dans la continuation de la tradition millénaire du développement de l’État en Ukraine. En vertu du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et en accord avec la Charte des Nations unies et d’autres textes de droit international, et mettant en œuvre la Déclaration de souveraineté de l’Ukraine, le Soviet suprême de la République socialiste soviétique d’Ukraine déclare solennellement L’INDÉPENDANCE DE L’UKRAINE et la création d’un État ukrainien indépendant, l’UKRAINE ». Se situant dans l’héritage de la Rus’ de Kiev, recourant à ses symboles. Le nom de la monnaie russe de l’ancienne Rus’, la hryvnia fut repris, alors que le rouble, la monnaie n’était apparue qu’au xive siècle. Le blason ukrainien, le trident (tryzub), a également des racines médiévales. Le tryzub et la hryvnia avaient déjà été utilisés par la République populaire ukrainienne des années 1917-1921. Déjà le 24 août 1989, dans la lignée des divers Fronts populaires, le Parlement avait adopté par 364 voix sur 400 présents parmi ses 450 membres, une résolution proclamant l’indépendance. Cette résolution déclarait le territoire de l’Ukraine « indivisible », disposition que l’on retrouvera dans l’article 2 de la Constitution de 1996 : « L’Ukraine est un pays unitaire ». Le jour même, la Verkhovana Rada, se prononça pour la création d’une garde nationale, d’un nouveau statut pour les forces armées soviétiques situées sur le territoire ukrainien. Diverses résolutions furent prises : suspension des activités et nationalisation des biens du CPU ; amnistie des prisonniers politiques ; institution d’un ministère de la Défense. Le 26 août 1991, le représentant permanent de l’Ukraine auprès de l’ONU, Hennadiy Udovenko, informa le Secrétariat général des Nations Unies qu’il devenait représentant de l’Ukraine. Le comité exécutif de Kiev se prononça pour le retrait des monuments des héros communistes, y compris celui de Lénine sur l’esplanade centrale de la révolution d’Octobre, rebaptisée Maidan Nezalezhnosti (Place de l’Indépendance), dont on entendra parler.

Depuis 1992, le 24 août est commémoré comme le Jour de l’Indépendance. Dans les circonstances actuelles, cette date revêt une importance particulière. En 2021, la célébration de cet anniversaire avait été entourée par une solennité spécifique qui ne fut pas étrangère à la course à la guerre. Préoccupante en effet, parut pour Moscou et ses alliés, la Plateforme de Crimée (Krimska Platforma), initiative diplomatique de Volodymyr Zelensky, conçue comme un simple mécanisme de coordination et de consultation internationale pour mettre fin à l’occupation de la Crimée par la Russie. Elle s’est réunie, le 23 août 2021, à la veille du 30e anniversaire de l’indépendance. Son copieux ordre du jour, pourtant compréhensible, représentait autant de points jugés comme des provocations pour Moscou : protection des droits de l’homme des Tatars de Crimée, dégradation de l’environnement, étouffement du commerce dans la région de la mer Noire et de la mer d’Azov. Ce sommet international, qui a rassemblé une quarantaine d’États, se donnait pour objectif la création d’un organe consultatif entre tous les États condamnant l’absorption de la Crimée, en 2014, par la Russie et aboutir à une déclaration conjointe qui pourrait constituer la base juridique future du retour de la Crimée dans le giron ukrainien, en respect du droit international. Selon ses organisateurs, il s’agissait là de la première initiative internationale visant à contrer une annexion territoriale, depuis la Seconde Guerre mondiale. Le Kremlin, fortement irrité par cette initiative, a fait pression sur de nombreux États pour ne pas y participer. Ainsi l’Azerbaïdjan, généralement en bons termes avec l’Ukraine, fit défection en dernière minute. Varsovie et Kiev échangèrent en 1991 des représentants permanents. La Pologne adopta une déclaration d’intention envisageant la signature d’un traité d’État avec l’Ukraine, alors que le président Bush, avait exhorté, le 1er août 1991, l’Ukraine à rester au sein de l’Union. Il s’était rendu à Moscou signer l’accord START. Sur le chemin du retour, il s’arrêta à Kiev, et s’adressa à la Rada délivrant un message d’appui à Gorbatchev : « La liberté n’est pas identique à l’indépendance. Les États-Unis ne vont pas aider ceux qui cherchent l’indépendance pour remplacer une lointaine tyrannie, par un despotisme local. Ils ne vont aider ceux qui promeuvent un nationalisme suicidaire basée sur des haines ethniques ». 136 Cette annonce était destinée d’abord à soutenir Gorbatchev, afin de l’aider à ne pas trébucher et aussi à se prémunir contre l’éventualité d’une dispersion de l’arsenal nucléaire en cas de démantèlement de l’URSS, hypothèse que l’on ne pouvait plus écarter. Pendant ce temps, les militants extrémistes du Roukh, ont les premiers sortis le légendaire drapeau bleu et jaune orné du trident de la République ukrainienne des années 1920. On s’approchait ainsi du référendum du 1er décembre 1991 sur l’indépendance. Gorbatchev affirma : « Il ne peut y avoir d’Union sans l’Ukraine, comme il ne peut y avoir d’Ukraine sans l’Union. Ces deux États slaves [la Russie et l’Ukraine] ont constitué pendant des siècles l’axe autour desquels s’est structuré un énorme État multinational. Et il en restera ainsi ». Dans une conférence de presse, le 8 novembre, Leonid Kravtchouk dit clairement ce qui était important pour lui c’est le référendum, qui consacrerait l’indépendance de l’Ukraine, la création d’une armée, d’une monnaie nationale et son élection comme président. En fait, Eltsine et lui sont d’accord sur un scénario conçu par Gennady Bourboulis « le Rastignac de Sverdlovsk » : un référendum favorable à l’indépendance ukrainienne vaudra refus de tout projet d’union de sa part, et, vu le poids de l’Ukraine, entraînera l’enterrement des projets de Gorbatchev pour tous. [9] Le peuple ukrainien exprima à cette occasion un soutien franc et massif à l’Acte de déclaration d’indépendance, avec 92, 26 % de votes et une participation de 82 % des électeurs. Il eut lieu le même jour que la première élection présidentielle directe en Ukraine ; les six candidats à la présidence approuvèrent tous l’indépendance et firent campagne pour le « oui ». Leonid Kravtchouk jouant la carte du compromis entre les communistes et les nationalistes et gagnant à cette occasion un surnom, « renard rusé », fut élu au premier tour avec 60 % des voix. L’approbation du référendum mit fin à toute chance réaliste d’un maintien de l’Union soviétique, même à une échelle limitée, car l’Ukraine était le deuxième État membre de l’URSS le plus puissant, économiquement et politiquement. Le lendemain, le 2 décembre, l’émission de fin de soirée du journal télévisé Vesti annonça qu’Eltsine reconnaissait l’indépendance de l’Ukraine, en insistant sur son statut de puissance dénucléarisée, qui ne sera entériné et garanti qu’en 1994, par le mémorandum de Budapest. La Pologne et le Canada, où résidait. une importante minorité ukrainienne de près d’un million et demi de personnes furent les premiers États à reconnaître la République d’Ukraine, une reconnaissance précoce qui combla les attentes des nationalistes ukrainiens, mais suscita la réprobation de Washington et l’ire de Moscou. Il convient de signaler ici – fait important au regard des événements ultérieurs – que le 20 janvier 1991, la Crimée, s’était par référendum , prononcé à 94 ,30 %, avec une participation de 81, 37% pour recouvrer son statut d’ autonomie qui lui avait été retirée en 1945. En clair, la Crimée aspirait déjà à une indépendance, ce qui aurait pu éviter bien des drames. D’emblée les élites et la population russe ont considéré l’État ukrainien comme une création artificielle et temporaire et cette opinion n’était pas isolée. Nombreux étaient les Russes pour lesquels l’indépendance ukrainienne était une aberration. « Il est impossible de nous ôter du cœur la conviction que les Ukrainiens font partie de notre peuple », affirmait Eltsine en 1997 alors que son Premier ministre, Tchernomyrdine, avait assuré un an auparavant : « L’Ukraine n’est pas pour nous un pays voisin. C’est une partie de notre âme, et nous voulons rester main dans la main pour l’éternité » . L’Ukraine fut accusée d’avoir été à l’origine du démantèlement de l’URSS, ce qui méritait réparation ou châtiment. Zbigniew Brzezinski, écrira plus tard, une phrase ultra citée : « Sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire, mais le devient automatiquement avec une Ukraine subornée puis subordonnée »[10]. Cependant il fit preuve de réalisme en affirmant lors d’un entretien avec Euronews en mars 2014 : « Le pays a besoin d’aide, le pays a envie de stabilisation, et ensemble, les Russes et nous, pouvons coopérer dans ce sens. Nous pouvons en même temps persuader la Russie que notre objectif n’est pas d’attirer l’Ukraine dans l’OTAN, ce que les Russes peuvent considérer comme une menace militaire. Et d’ailleurs, un grand nombre d’Ukrainiens ne souhaitent pas être dans l’OTAN. Ce qu’ils veulent, c’est être indépendant. C’est une réalité politique ». 140 Le réveil de l’Ukraine charria des forces restées congelées des décennies. Le 30 mars 1991, Lviv, la rebelle, marquée par des pogroms, son armée nationale ukrainienne et ses résistants prosoviétiques qui se tournèrent ensuite contre leurs libérateurs, accueillit comme un héros, le chef de l’Église uniate, le cardinal Lubachevsky, de retour de. Rome après cinquante-deux ans d’exil.[11] Laïques ou prêtres, bien de ces uniates, arcboutés sur le passé étaient en parfaite symbiose avec les traditionalistes de Mgr Lefèvre, non sans des relents de haine religieuse, et d’antisémitisme, tendance qui fut heureusement maîtrisée. Il restait 700 000 juifs en Ukraine, dont 100 000 à Kiev, et il convenait de les empêcher de partir en Israël.

L’ accord de Belojève, 8 décembre 1991

Boris Eltsine et Leonid Kravtchouk savaient-ils qu’ils allaient changer la face de l’URSS et du monde en  se rencontrant dans un relais de chasse en pleine forêt de Biélorussie ?.  Stanislaw Chouchkievitch, ancien titulaire de la chaire de physique nucléaire à l’université Lénine de Minsk les attendait, à Viskouli, à 80 kilomètres de la frontière polonaise dans une résidence qui, au cœur de la forêt « vierge » de Biélovièje ou Bieloveje (Bielovejskaïa poucha), avait été édifiée pour accueillir les membres de la direction soviétique se livrant aux plaisirs de la chasse . Le président russe était venu pour signer un accord de coopération, ce qui fut vite expédié le samedi 7 décembre. Les choses tourneront différemment, par hasard, préméditation, maturation ? Il arrive qu’un coup de dés change le destin, tant il est vrai qu’il n’y a, nous a appris Aristote, qu’un seul principe moteur : la faculté désirante. La Russie, l’Ukraine et la Biélorussie sont les trois États slaves de l’ancien « empire rouge ». Outre leur cohérence ethnique et culturelle, ils représentaient 73 % de la population (soit 210 millions d’habitants) et 85 % du PNB (60 % pour la Russie, 20 % pour l’Ukraine, et 5 % pour la Biélorussie)  Elle n’était guère adaptée pour accueillir trois importantes délégations, ne possédait aucune machine à écrire et bien des participants durent partager leur lit !  Créé en 1939, devenu patrimoine mondial de l’UNESCO en 1992, le Parc national de la forêt de Belovezhskaya est la dernière relique de l’ancienne forêt primaire d’Europe. Il s’étend sur 70 km du nord au sud, pour une superficie de 152 961 hectares. La flore du parc compte plus de 1 000 types d’arbres, buissons et arbustes, 270 types de mousses, 600 types de champignons et 290 de lichens. La faune est également très riche : 59 espèces de mammifères, plus de 250 espèces d’oiseaux, 27 espèces de poissons et 10 000 espèces d’insectes. Sangliers, renards, loups, wapitis, chevreuils, cerfs, lynx, martres et lièvres se promènent dans les sentiers de la forêt. Le tsar de la forêt, comme on l’appelle ici, est le bison. Il y en a presque 800 ! Anéantis en Europe au XVIIIe siècle, ces géants ont été réintroduits avec succès.

 Le réveil national dans les Républiques a conduit les parlementaires de la Biélorussie, au lendemain du putsch d’août, à rebaptiser leur République « Belarus ». Le souci légitime de réhabiliter la langue locale a conduit à se démarquer de l’appellation de Bielorossia, l’équivalent russe du même nom imposé jusqu’à présent par le « centre ». Faut-il pour autant que le monde entier emboîte le pas aux autorités de Minsk, comme le font un certain nombre de médias français ? À ce compte, il faudrait dire Rossia pour Russie, Litva pour Lituanie, Moldova pour Moldavie (cette dernière République a pris l’an dernier la même décision que la Biélorussie, sans pour autant être « suivie » à l’étranger). Et encore England à la place d’Angleterre, Deutschland et non Allemagne, donner à l’Égypte son « vrai » nom arabe de Misr, appeler l’Inde Bharat et le Japon Nihon… Il est vrai qu’on avait accepté pendant un temps de parler de Kampuchéa, voire de « Kampuchéa démocratique » pour désigner le pays dans Il n’était pas question d’imaginer que l’URSS puisse continuer d’exister, même sous forme confédérale, sans ces trois territoires-là » .

L’option ukrainienne l’emporta : celle d’un divorce à l’amiable, civilisé. Eltsine, interrogea Kravtchouk : « Peux -tu signer le traité d’Union, adopté en mars ? », ce à quoi celui-ci lui répondit qu’il ne pouvait aller, depuis le référendum sur l’indépendance du 1er décembre, à l’encontre du vote populaire. « Bon, et alors quoi ? » interrogea Eltsine. « Il faut réaliser que l’Ukraine est sortie de l’Union », lui rétorqua tout bonnement Kravtchouk, ce dont il s’est expliqué dans son texte Enterrement de l’Empire publié le 22 août 2001 à Kiev. Les trois présidents achevèrent le dimanche 8 décembre à 4 heures du matin leur fameuse déclaration : « Nous, la République de Belarus, la Fédération de Russie (RSFR), et l’Ukraine, en qualité d’États fondateurs de l’URSS, signataires du traité de l’Union de 1922… constatons que l’URSS a cessé d’exister en tant que sujet de droit international et en tant que réalité géopolitique ». L’article 1er de l’Accord que les trois chefs d’État approuvèrent précise : « Les hautes parties contractantes fondent la Communauté des États indépendants », puis ils indiquent que cette Communauté est ouverte à « tous les États membres de l’URSS et d’autres États qui partagent les buts et principes de ce traité ».  Les trois présidents voulaient-ils réellement alors liquider l’Union soviétique ? Boris Eltsine s’en défendit dans ses Mémoires : « L’accord conclu dans la forêt de Belojev, m’a-t-il semblé alors, était surtout nécessaire pour renforcer la tendance centripète dans l’Union qui se désintégrait et donner une impulsion nouvelle au processus de négociation. Je le répète : la CEI – la Communauté des États indépendants – était alors le seul moyen de conserver un espace géopolitique unique ». [12]Boris Eltsine après le putsch d’août 1991, certainement pris de remord n’a pas laissé filer l’Ukraine, ce qui a permis à son successeur de ne pas « tuer le père ». Le 26, il signa un communiqué corédigé avec Gennady Bourboulis, menaçant d’une « révision des frontières » les Républiques qui quitteraient unilatéralement l’Union. L’indépendantisme des Ukrainiens fut un sérieux défi pour les Russes. lequel Pol Pot perpétrait ses horreurs. Depuis, la sagesse a prévalu à Phnom Penh et ailleurs. Une raison de plus d’en rester à « Biélorussie » : à la rigueur à « Russie blanche », stricte traduction française de ce terme comme de « Belarus. La CEI officiellement constituée le 21 décembre comprenait 11 des anciennes Républiques de l’Union soviétique (à l’exception de la Lituanie, de la Lettonie, de l’Estonie et de la Géorgie). L’article 5, à la demande de Kravtchouk, garantit l’intégrité territoriale des membres. [13]Jusqu’au putsch d’août 1991, ils exécutèrent un double jeu penchant tantôt vers Eltsine, quelquefois vers Gorbatchev, opposant l’un contre l’autre, ce qui s’inscrit dans la profondeur de leur expérience historique, un jeu ou une nécessité. La fin de l’URSS approchait. L’Ukraine y joua un rôle important, ce qui lui fut reproché. Hanté par la perspective d’une rupture totale, celle de l’éloignement et l’isolement de l’Ukraine, Boris Eltsine avança l’idée d’Union à quatre, avec le Kazakhstan.  Il souhaitait à tout prix la maintenir dans une Union, même vidée de substance. On ne peut lui imputer la responsabilité d’avoir été le fossoyeur de l’URSS. Il se préoccupait de la minorité russe en Ukraine, dans le Donbass et à Louhansk – à la source du conflit qui y éclatera en avril 2014, comme de l’imbrication des économies. Il voulait aussi faire reconnaître à l’Ukraine les droits de la Russie à la succession de l’URSS, comme détenteur du bouton nucléaire et titulaire du siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. Aussi, de septembre à novembre 1991, Eltsine, se montre-t-il ouvert et coopératif. À Pierre Bérégovoy le 7 septembre en visite à Moscou, il dit : « La Russie ne veut pas quitter l’Union, mais la consolider autour d’elle ». Il le répétera à Roland Dumas quelques jours plus tard. Le 14 novembre, il se rallia à un accord au Conseil d’État sur le texte final du traité de Gorbatchev qui créerait une Union d’États souverains, un État confédéral assurant les fonctions déléguées par les États indépendants. Cette période a provoqué traumatisme et désir de revanche au sein des élites et du peuple russe, que Vladimir Poutine a exploité à outrance. À la suite à l’effondrement de l’URSS, beaucoup partageaient ce point de vue. Pour le philosophe Aleksander Tsipko, sans l’Ukraine « il n’y a pas et ne peut avoir de Russie dans l’ancien et vrai sens du terme ». Avant même Bzrezinski, Len Karpinskïï, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Moskovskie Novosti, écrivait le 22 décembre 1991 : « sans l’Ukraine, il est non seulement impossible de parler d’une grande Russie, mais d’une Russie tout court ». Cette vue était partagée par les plus hauts responsables, comme le vice-président Aleksandr Routskoï, pour lequel la volonté de Kiev de transformer la frontière administrative à l’est de la république en une frontière d’État, allait « à rebours du sens commun ». Quant au député Konstantin Zatouline, il ne voyait pas la nécessité de reconnaître « les frontières historiquement inexistantes d’un État historiquement inexistant ».  Boris Eltsine admettra l’émotion causée par la séparation. de l’Ukraine de la Russie [14]: « les Ukrainiens sont des nôtres, nous avons un destin commun », déclare-t-il en novembre 1997. Dans ses Mémoires, il précise : « Il est impossible d’imaginer la Russie sans l’Ukraine. Combien de temps encore allons-nous feindre de pouvoir vivre l’un sans l’autre ». Nombreux furent les Russes pour lesquels l’indépendance ukrainienne était une aberration.  L’Ukraine fut accusée d’avoir été à l’origine du démantèlement de l’URSS, ce qui méritait réparation ou châtiment. Avec le recul et au vu des événements tragiques qui ont déferlé sur les plaines et la steppe ukrainienne comment interpréter les avertissements de Soljenitsyne : « Détacher aujourd’hui l’Ukraine, ce serait couper en deux des millions de familles et de personnes, tant la population est mélangée ; des provinces entières sont à dominante russe ; combien de gens auraient du mal à choisir entre les deux nationalités ! Combien sont d’origine mêlée : combien compte-t-on de mariages mixtes que personne ne considérait jusqu’ici comme tels ! Dans l’épaisseur de la population de base, il n’y a pas la plus petite ombre d’intolérance entre Ukrainiens et Russes ». Il est vrai que plus tard Vladimir Poutine déplorera la présence de 25 millions de Russes, en dehors de la Fédération de Russie, notons qu’après l’indépendance de l’Ukraine, 7 millions d’Ukrainiens se trouvaient dispersés dans l’ex-URSS, dont les deux tiers en Russie. À cette époque, l’auteur de l’Archipel du Goulag exposa des vues résolues sur l’avenir de la Russie. Comment réaménager notre Russie ? a été publié, à la fin du mois de septembre 1990, dans la Komsomolskaïa Pravda et dans la Literatournaia Gazeta, deux journaux totalisant des millions d’exemplaires. Sur la forme de l’État russe, le célébré dissident adoptait une position tranchée : « … il faut d’urgence proclamer haut et clair que les trois Républiques baltes, les trois Républiques de Transcaucasie, les quatre d’Asie centrale, et également la Moldavie, si elle est plus attirée par la Roumanie, que ces onze Républiques – oui ! – sont destinées de façon absolue et irrésistible à faire sécession » [15]. Pour Soljenitsyne, il fallait brader l’empire pour sauver la Russie, en faisant l’« Union de Russie », avec les Russes proprement dits, les Biélorusses et les Ukrainiens. Voilà  « Il m’est pénible d’écrire ceci, car l’Ukraine et la Russie se confondent dans mon sang, dans mon cœur et dans mes pensées. Mais une longue expérience de contacts amicaux avec les Ukrainiens dans les camps m’a montré à quel point ils ont une rancune douloureuse. Notre génération n’échappera pas au paiement des erreurs de nos pères ». Plus d’un demi-siècle, l’auteur de L’ Archipel du Goulag prévoyait la déchirure à venir entre Russes et Ukrainiens. Il estimait que les peuples russe et ukrainien étaient unis par l’Histoire et le sang, version russe du Blut und Boden allemand !

C’est donc dès les tout premiers instants de l’indépendance de l’Ukraine, que les responsables russes s’opposèrent à sa volonté de se rapprocher de l’Europe. En janvier 1992, Vladimir Loukine, président de la commission des Affaires étrangères de la Douma, dénonça fermement « le but principal du gouvernement ukrainien (qui) est de rompre ses relations privilégiées avec la Russie. L’Ukraine a l’intention d’aller vers l’Occident sans nous, en suivant l’exemple de l’Europe de l’Est ». 155 Le mystère reste entier : pourquoi la bombe placée sous les pieds de l’Ukraine à son indépendance a-t-elle mis tant de temps pour exploser ? C’est précisément parce qu’elle a cherché d’abord à être elle-même et à s’émanciper du grand frère, un processus, on le verra, qui fut lent, périlleux, loin d’être linéaire. Mais d’ores et déjà le conflit, qui devint violent, était inscrit dans les cœurs et dans les têtes. L’expérience historique l’a montré maintes fois. Les secousses créées par la chute d’un Empire, surtout de la taille du russe, se répercutent en ondes durant de longues années. Après l’indépendance, l’Ukraine adopta son hymne national « Chtche ne vmerla Oukraïna » et les symboles nationaux – le drapeau jaune et bleu ainsi que le trident de Volodymyr le Grand – comme emblème. Lors du premier anniversaire de l’indépendance, le président de la République nationale ukrainienne (UNR) en exil Mykola Plaviouk remettra le 22 août 1992 au président Leonid Kravtchouk, une charte ainsi qu’une déclaration de délégation de pouvoir. Ainsi, la nouvelle Ukraine perpétuait les traditions étatiques et nationales de l’UNR.  Dans les mois à venir, elle chercha, selon les mots de Leonid Kravtchouk, à sortir du « système colonial » où il avait été maintenu.[16]Moscou pompa le quart des ressources ukrainiennes, durant toute la période soviétique. Pour une partie de la classe politique de Kiev, « l’espace eurasien, c’est-à-dire l’espace postsoviétique, n’est autre qu’un espace dominé politiquement et économiquement par la Russie ». [17]

 Le chemin de croix que devra effectuer l’Ukraine, déchirée entre son « désir d’Europe » et son.. « ancrage à l’Ouest » et ses multiples liens humains, culturels, politiques, économiques, qui la relient au monde russe, et à l’héritage de la Rus’ kiévienne. Un parcours semé d’embûches qui s’est avéré miné, avant d’exploser. Dès février 1992, Leonid Kravtchouk se rendit à Berlin, et en juin, à Paris pour y signer un traité d’amitié et de coopération avec François Mitterrand. À l’indépendance, l’Ukraine, avec ses 55 millions d’habitants, se classait au 5e rang en Europe – Russie exclue, avec un PIB évalué à 100 milliards de $. C’est peu pour un pays qui représentait le quart de la richesse de l’URSS et dont les productions de base sont encore considérables. 134 millions de tonnes de charbon, 75 millions de tonnes de fer et 42 d’acier, ce qui le plaçait sur ces points au premier rôle en Europe. 18 milliards de m3 de gaz et 5 Mt de pétrole. 250 milliards de kWh, 33 Mt de betteraves, 21 Mt de pommes de terre et 22 Mt de blé. L’agriculture assurant 20 % du revenu national. Le choc qui est résulté de l’indépendance, avec la rupture de certains liens économiques, les privatisations sauvages, les restructurations rendues nécessaires, a entraîné de fortes chutes de la production, de moitié dans l’industrie entre 1990 et 1995, du tiers dans l’agriculture. L’inflation a atteint 10 000 % en 1993 ! Ce n’est qu’en 1996 que le pays a pu mettre en place sa propre monnaie, la hryvnia, dont le nom très ancien fut celui de la monnaie nationale de la Rus’ de Kiev au XIe siècle 159, premier signe concret tendant à prouver que l’Ukraine était l’héritière de la Rus’ de Kiev. Alors que le rouble n’était apparu qu’au XIIIe dans la République de Novgorod. Il s’agissait à cette époque, non pas de pièces de monnaie, mais de petits fragments d’argent, les lingots (grivna) de 200 ou 500 g étant divisés en unités plus petites afin de faciliter les échanges. Le mot « rouble » vient du verbe russe « roubit » (рубить) qui signifie « fendre » (bois) ou « hacher » (viande, légumes), car c’est sans doute avec un outil coupant que les lingots étaient segmentés et morcelés.


[1] Jacques Rupnik, Gorbatchev face aux nationalités Politique étrangère, février, 1989, p.241.

[2] B.Kellner « In Ukraine

[3] Comment réaménager notre Russie .? Fayard, 1990, p.22.

[4]

[5] C’était déjà le thème de sa « Lettre aux dirigeants soviétiques « , de 1974

[6] « The Premature Partnesship » Foreign Afffairs, mars – avril 1994.

[7] René Cagnat et Michel Jan, Robert Laffont, 1981 et 1990, 438 p.

[8] Olivier Roy, La Nouvelle Asie centrale, Seuil, 1997, 328 p. L’ Asie centrale à l’aune de la mondialisation, Une approche de la mondialisation Marlène Laruelle, et Sébastien Peyrouse, Armand Colin, 2010, 234 p.

[9]  John Lewis Gaddis, The Cold war, p. 255. 137 Georges Sokoloff, Métamorphoses de la Russie, 1984-2004, Fayard, 2003, p. 239

[10] 145. 141 Claude-Marie Vadrot, L’URSS, La roulette russe des nationalismes, Bayard éditions, 1991, p. 369. 142 Andreï Kozovoï, La chute de l’Union soviétique, 1982-1991, Tallandier, 2011, p. 286 143

[11]

[12]  ». Le Monde, 13 décembre 1991. 146 Bernard Lecomte, Gorbatchev, Perrin, 2014, p. 398. 147

[13]

[14] 149 Voir l’étude juridique complète de Roman Yakemtchouk, La Communauté des États indépendants, AFDI, 1995, pp. 245-280. 150 Emmanuelle Armandon, Géopolitique de l’Ukraine, QSJ ? n° 4045, 2016, p. 37

[15] Boris Eltsine, Mémoires, traduction R. Macia, Flammarion, 2000, p. 363-364. 152 Anne de Tinguy (dir. ) L’Ukraine, nouvel acteur du jeu international, Bruylant, Bruxelles, 2004, pp. 99-120. 153 Alexandre Soljenitsyne, Comment réaménager notre Russie ?, Fayard, 1990, p. 22. 154 Alexandre Soljenitsyne, L’ Archipel du Goulag, 5e partie, chapitre 2 (écrit en 1968, publié en 1974) :

[16]  Argumenty i fakty n° 45, 1994. 158 Cité par Emmanuelle Armandon, Géopolitique de l’Ukraine, PUF, QSJ ?, n° 4045, p. 13

[17] 155 Komsomolskaïa Pravda, 22 janvier 1992. 156 Arakady Joukovsky, Histoire de l’Ukraine, Éditions du Dauphin, 1993 p. 160-161

Eugène Berg

Biographie Eugène Berg

Ministère des Affaires ÉtrangèresDirection des affaires politiques, puis au Service des Nations unies et Organisations Internationales.Adjoint au Président de la Commission Interministérielle pour la Coopération franco-allemande.Consul général à Leipzig (Allemagne).

Ambassadeur de France en Namibie et au Botswana.

Ambassadeur de France aux îles Fidji, à Kiribati, aux Iles Marshall, aux Etats Fédérés de Micronésie, à Nauru, à Tonga et à Tuvalu.

Essayiste  et enseignant ,

Auteur  de UKRAINE, février 2023, Éditions Hémisphères , Maison Larose, 2023, 465 pages


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