Une mécanique hors-pair au service d’une dictature implacable.

Une mécanique hors-pair au service d’une dictature implacable.

 Il m’est arrivé, dans ma jeunesse et à ma grande honte, d’aller écouter les chœurs de l’Armée Rouge. A ma grande  honte car participer à titre privé à une  manifestation même artistique d’un régime totalitaire c’est cautionner ce régime. Imagine-t-on un individu aller applaudir l’orchestre de la division das reich ?

Mais bon, il est j’imagine des erreurs plus dramatiques. L’ensemble des chœurs relève  toujours de l’excellence et frise dans son domaine la perfection. Merci camarade Staline !

Un rythme  endiablé, une symphonie de couleurs, des ballets  exécutés au millimètre près et de main de maitre. Des sauts incroyables, des voix superbes. Il n’empêche !

Je suis resté sur ma faim. Et je suis resté sur ma faim car aussi agréable soit-il, cet ensemble manque totalement d’âme et surtout il trahit son histoire, son A.D.N.

 Les chœurs de l’armée rouge ce sont deux ensembles émanant du ministère de la défense en 1929 et du ministère de l’intérieur. LEV Davidovitch Trotski, tout sauf un plaisantin. Le GRU, NKVD, Félix Dzerjinski autant de symboles frappants ! Le communisme, dictature impitoyable, haine de soi implacable !

Il n’en demeure pas moins dans nos mémoires que l’Armée Rouge a participé de la défaite des armées allemandes.

 Ses chœurs étaient justement un de ses instruments dont la fonction essentielle était de porter la gloire et de magnifier l’héroïsme Aux soldats du front.

C’était par essence une formation militaire et comme telle flanquée d’un commissaire politique. C’est dire qu’on n’y plaisantait pas avec le répertoire.

Par la suite  cet ensemble accompagna l’impérialisme bolchevique. Je me rappelle avec nostalgie, pour l’avoir vu et entendu, le chant des partisans et surtout la fameuse danse du soldat, debout sur une seule jambe mimant la fameuse mitraillette en forme de tambour PPS AH 41.

 Or ici rien de tel. Cela commence avec un hymne Russe, une Marseillaise que Giscard aurait  interprétée avec son accordéon dans une guinguette de la Marne et une Internationale qui aurait même réussi à faire rire  Beria si tant est que ce triste sire  pouvait rire !

Et tout cela sous la direction d’un général. Même si l’on admet que Donald Rumsfeld a une conception un peu musclée de la guerre il y a un abîme avec l’inspiration militaire de cet ensemble !

 J’attendais les terribles cosaques et leur célèbre danse ; je suis resté sur ma faim. Par contre des cosaques d’opérette et désarmés étaient mignons à souhait. Lénine, tu peux dormir tranquille tes successeurs n’iront point te chercher costille !

 Enfin la danse cultissime  des soldats absente, sans doute pour laisser la place à une musique de rock ou je ne sais quoi a de l’opérette ‘à de la musique grecque et à Hava Naguila. Ne manquait plus que Sound Dixie ! Si fait ! Et oui  Staline les blouses  blanches se rappellent à   toi.

Souvenir des conquêtes tant désirées ou visées utopiques du nouveau maitre du Kremlin !

Encore une fois l’ensemble est remarquable. Là n’est pas la question.

 L’on va écouter cette formation pour ce qu’elle représente : une évocation d’un passé glorieux ; un formidable outil de soutien au moral des troupes et une arme de propagande dans les pays envahis par l’URSS, bref une menace subliminale.

Il s’agissait d’achever la conquête des âmes qui certes n’en demandaient pas tant. Or là rien de tout ne cela.

Gageons que Jan Palach ne se serait pas immolé par le feu s’il avait vu cette représentation.

 Car nous avons Juste assisté à un  fort plaisant  florilège  de musiques du monde entier avec des réussites diverses mais exécutées avec humour. Cela ne m’eut pas dérangé outre mesure. Encore eut-il fallu que j’en fusse informé. Que la légèreté pétille soit ! Mais n’est pas Offenbach qui veut. Avis au général Elysev, glorieux dirigeant de cet ensemble.

Pour mieux comprendre ou se trouve l’erreur de casting deux comparaisons.

Les ballets Moïsseïev représentaient la face « souriante » de l’empire bolchevique. J’ai eu le bonheur d’assister à la dernière représentation de ces ballets, c’était tout simplement somptueux et emblématique de l’âme russe et de l’héroïsme des combattants de l’armée rouge.

Enfin je vous recommande de faire l’emplette du Dvd de Sarah Baras et son spectacle de flamenco.

D’une beauté époustouflante et d’une élégance mathématique !

Mais surtout en sortant de ce spectacle vous comprendrez, mieux que ne l’explique, n’importe quel manuel d’histoire ou de relations internationales, la violence de la société espagnole et l’inexorable arrivée au pouvoir de Franco grâce à la cécité intellectuelle des dirigeants des démocraties de l’époque.

Le doigt élégamment pointé des danseurs au sortir des arabesques est éloquent et renvoie au staccato des mitrailleuses tentant d’abattre les avions de la division condor !

Voila ce que j’eusse aimer voir dans ces chœurs.

Décidément après la représentation malheureuse de Phèdre je suis chagrin, et j’ai envie de citer à tous les apprentis aventuriers de mise en scène moderne « avant d’être mon ami soit au moins capable d’être mon ennemi» Nietzsche

leo keller

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