Amour et Violence! Paul Verlaine et William Shakespeare.Comprenne qui voudra!

Ayant cité un ver de Paul Verlaine dans l’article consacré à Angela Merkel, l’envie m’est venue de relire quelques-uns de ses poèmes.
Devant la beauté absolue seules quelques larmes, gaies et mélancoliques, peuvent trahir le cœur.

Si Racine est le merveilleux portraitiste des tourments de l’âme humaine,William Shakespeare a superbement et sûrement représenté  les ravages que la violence, l’ambition et le pouvoir exercent sur l’âme humaine.
Amour et Violence ! Janus bifrons !

L’actualité s’impose à nous, nous ne pouvions que faire appel à la science du dramaturge anglais. Comprenne, hélas, qui pourra et qui voudra.

Leo Keller

Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse? Je l’ignore.
Son nom? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Paul Verlaine   Poèmes saturniens

Colloque sentimental

 

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux formes ont tout à l’heure passé.

Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l’on entend à peine leurs paroles.

Dans le vieux parc solitaire et glacé
Deux spectres ont évoqué le passé.

– Te souvient-il de notre extase ancienne?
– Pourquoi voulez-vous donc qu’il m’en souvienne?

– Ton cœur bat-il toujours à mon seul nom?
Toujours vois-tu mon âme en rêve? – Non.

Ah ! les beaux jours de bonheur indicible
Où nous joignions nos bouches ! – C’est possible.

– Qu’il était bleu, le ciel, et grand, l’espoir !
– L’espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir.

Tels ils marchaient dans les avoines folles,
Et la nuit seule entendit leurs paroles.

Paul Verlaine

Macbeth
Le sang  fut répandu ici, dans les époques disparues,
Avant qu’humaine purgation eût fait meilleure société;
Encore après, les meurtriers ont accompli des actions
Trop terribles pour l’oreille: il fut un temps
où la cervelle étend ôtée, l’homme mourait,
C’était fini: mais maintenant ils se relèvent
Après un meurtre mortel sur leur crâne
Et nous poussent de nos sièges…
C’est plus étrange
Que le meurtre même.

William Shakespeare   Macbeth
Acte III scène IV

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Comments

  1. Merci pour ce partage poétique !

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