Joyeuses Fêtes grâce à trois poèmes homériques d’Hésiode

En cette période de fête, propice aux bulles de champagne et à l’émerveillement devant le Beau, voici trois hymnes homériques d’Hésiode. Que l’on soit croyant ou pas peu importe !
Seule compte, et doit compter, l’harmonie.
Luc Ferry disait lors d’une de ces conférences tout en maestria et virtuosité « Qu’est-ce qu’une vie bonne pour les mortels ? » « C’est aller du chaos à l’harmonie, à l’ordre cosmique » « C’est le seul destin vraiment réussi pour le Héros grec. » « Le sens de l’harmonie, c’est de se mettre en harmonie avec l’harmonie du monde. »
1

C’est cela et uniquement cela, la vie bonne chère à Ulysse.
La théorie est la faculté de voir le divin (peu importe sa représentation).
Je vous convie donc à la suite d’Hésiode, à découvrir au travers de ces hymnes homériques à assister – presque en direct – à la naissance des Dieux et du Monde.
Chez Hésiode, théogonie et cosmogonie se rejoignent fort bellement.
Alors je vous invite dans sa «théoria » à admirer le divin cosmos en son infinie beauté et en sa si juste harmonie. Quelques siècles plus tard, et après moult aventures- les unes plus tumultueuses que les autres- mais infiniment passionnantes naîtront le classicisme français et sa parfaite harmonie, la furie somptueuse et déchaînée de Shakespeare et le romantisme allemand. Les droits de l’homme et les grands cataclysmes surgiront alors; mais c’est là une autre histoire.

A toutes et à tous je vous souhaite une bonne lecture et de très belles fêtes, joyeusement pétillantes et intellectuellement stimulantes !

Leo Keller

Hésiode : Hymnes homériques Hymne 24
Pour Hestia

Hestia, tu es celle qui prend soin
de la sainte maison
où passe le prince Apollon le Lointain
dans Pytho la divine ;
tous les jours une huile fluide
coule sur tes boucles,
viens, entre dans cette maison,
viens, ayant même cœur
que Zeus le sage.
Et sur mon chant
verse toi aussi la grâce.

Hymne 27
Pour Artémis

Je chante Artémis aux flèches d’or,
à la grande voix ; vierge pudique,
elle tue les cerfs , elle aime l’arc,
elle est sœur jumelle d’Apollon à l’épée d’or ;
dans l’ombre des forêts,
sur les sommets où passe le vent,
comme elle aime la chasse,
elle tend son arc tout en or ;
elle lance des flèches qui font gémir ;
et la cime tremble
des hautes montagnes, la futaie dense résonne
terriblement du cri des bêtes ;
et la terre frissonne,
ainsi que la mer aux poissons.
Pour elle, le cœur hardi, elle passe en tout lieu,
détruisant la race des bêtes.
Mais quand elle a contenté son envie,
la chasseresse aux flèches,
quand elle a le cœur en repos,
elle détend son arc bien courbe,
elle va dans la grande maison
du frère qui lui est cher,
d’Apollon Le Lumineux,
dans la riche terre de Delphes,
Et là elle guide le beau chœur
des Muses et des Grâces.
C’est alors qu’elle suspend l’arc que l’on tend et les flèches ;
sur son corps elle porte
une parure merveilleuse, et elle mène le chœur.
Toutes chantent à voix d’ambroisie,
Lètô qui a de beaux enfants
– fines sont ses chevilles –
des enfants, les plus beaux des dieux,
qu’ils pensent ou qu’ils agissent.
Avec vous la joie, enfants de Zeus
et de Lètô aux beaux cheveux.
Pour moi j’ai de vous souvenir,
mais d’un autre chant aussi.

Hymne 30
Pour la terre, mère de tous les êtres

Je vais chanter la Terre, la Mère de tout, la Bien-assise,
l’Ancienne : elle nourrit
tout ce qui est au-dessus du sol.
Tout ce qui marche sur le sol
divin, tout ce qui vole,
tout ce qui va sur la mer,
tout ce qui se nourrit de ta richesse.
C’est par toi que s’épanouit
tout ce qui a beaux fruits ou beaux enfants.
Souveraine, c’est toi qui peux donner la vie, l’enlever
aux hommes qui meurent.
Heureux celui à qui ton cœur
est attentif. Tu en prends soin.
Rien ne lui est refusé.
Ses champs donnent du blé lourd.
Dans ses pâtures
les bêtes sont grasses. Sa maison
est pleine de bonnes choses.
Ceux-là sont maîtres de justice
dans la ville où les femmes sont belles. Ils règnent. Grand est leur bonheur,
grande leur richesse. Leurs enfants sont jubilants
d’un contentement toujours neuf.
Leurs filles, en cortèges fleuris,
le cœur en liesse, vont jouer, vont cueillir dans les prés
de jolies fleurs.
Et toi, tu en prends soin, déesse souveraine,
bienveillant pouvoir.
Demeure en joie, mère des dieux,
femme de Ciel plein d’étoiles.
En récompense de mon chant,
donne à mon cœur la vie.
Pour moi j’ai de toi souvenir,
mais d’un autre chant aussi.

Hésiode
Aède du 7ème siècle avant JC

Notes 
1  Luc Ferry . Les grandes conférences du Figaro

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Comments

  1. Un des meilleurs commentaires sur le sens profond d’Homère se trouve dans l’ouvrage du grand philosophe belge: Emmanuel d’Hooghvorst, « Le Fil de Pénélope » (Beya Éditions)

    Pr Stéphane Feye
    Schola Nova (non soumise au décret inscriptions) – Humanités Gréco-Latines et Artistiques
    http://www.scholanova.be
    http://www.concertschola.be
    http://www.liberte-scolaire.com/…/schola-nova
    http://online.wsj.com/news/articles/SB10001424052702303755504579207862529717146

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