Voici les vœux du Général de Gaulle pour l’année 1965 et un poème de Lamartine

voeux-gaulle

Cher(e) ami(e)

Je n’ai pu résister à vous offrir, en prévision, des vœux du Président de la République Française François Hollande ceux de l’ancien Président de la République le Général De Gaulle prononcés le 31 décembre 1964.
Par charité je ne m’appesantirai pas plus que de raison sur la comparaison.
Elle parle d’elle-même ! Mais ne chausse pas qui veut les bottes ou le képi de celui qui fut le Connétable de la France et qui sut lui donner nos institutions.

L’on peut ne pas être d’accord avec tous les choix du général.
Des désaccords qui relevaient davantage de l’émotionnel et de l’immaturité de la jeunesse m’ont très souvent et très sévèrement opposé à lui.
Il n’empêche, sa vision était – bien souvent – prophétique car dictée par la froide analyse des faits.
Ainsi en fut-il de la reconnaissance de la Chine avant-bien avant- tant d’autres. Il ne s’est guère trompé quant à l’amétropie anglaise.
Ses choix- parfois voire souvent exacerbés- lorsqu’il s’agissait des USA ou du Moyen-Orient ont pu heurter et ont heurté, choqué et blessé profondément ma sensibilité. Ils n’en recouvraient pas moins un diagnostic partiellement exact.

L’on a beau chercher-et je vous invite bien volontiers à me faire part du contraire – on ne voit pas notre Président actuel avoir une palette de choix et d’objectifs.

Plus grave ! Beaucoup plus grave ! À l’élégance du verbe, à la précision de la pensée place au verbiage et à un marivaudage insignifiant. Au moins le Général ne se hasardait pas dans des prophéties aléatoires dont les illusions deviennent très vite et immanquablement de tristes et douloureuses chimères.

Plus grave ! Les vœux à l’époque étaient élégants et amples ! Ils n’étaient pas flous et ne relevaient pas d’un quelconque oral d’une école de communication de seconde zone.
Cicéron et Démosthène partageraient avec moi ce vide sidéral ! À cet égard, il faut reconnaître – hélas – que François Hollande n’a rien innové –mis à part sa maladie chronique de se réfugier dans des inaugurations à répétition.

Il n’empêche. Je vois mal notre Président actuel prononcer ce que De Gaulle disait le 31 décembre 1964 :
« Jamais tant d’hommes sur la terre n’ont tant attendu de nous, ni éprouvé tant d’attrait pour la France » !

Vouloir être un président normal cèle le halo de la monacale majesté présidentielle du général De Gaulle pour la vulgarité ambiante.
Le magnificat gaullien éteint, la cacophonie du salmigondis embouche le son disgracieux et disharmonique de la flûte de Pan.
François Hollande n’a pas le monopole de mon ire. J’ai retrouvé un dessin de Jacques Faizant qui illustre l’absence de vision actuelle parmi une partie –heureusement minoritaire –du personnel politique.

Alors parce que j’aime par-dessus tout-le beau au sens grec du terme et donc l’harmonie et que la médiocrité ambiante me désole, je vous offre ce poème de Lamartine.

Ami, ne vous trompez point cependant . Je préfère encore la médiocrité ambiante aux parfums nauséabonds du Front National et du front de gauche de Jean-Luc Mélenchon.
J’ai clairement indiqué dans d’autres articles vers où allaient mes préférences. Non erat is est locus de les rappeler ici ! Alors à tous et à toutes bonne année. Je forme le souhait que le beau réintègre la vie et la pensée politique.

Leo Keller

Dessin de Jacques Faizant

sarko le retour

Alphonse de Lamartine

 

L’isolement Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne, Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ; Je promène au hasard mes regards sur la plaine, Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds. Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ; Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur ; Là le lac immobile étend ses eaux dormantes Où l’étoile du soir se lève dans l’azur. Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres, Le crépuscule encor jette un dernier rayon; Et le char vaporeux de la reine des ombres Monte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.

Cependant, s’élançant de la flèche gothique, Un son religieux se répand dans les airs : Le voyageur s’arrête, et la cloche rustique Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente N’éprouve devant eux ni charme ni transports; Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante: Le soleil des vivants n’échauffe plut les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue, Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant, Je parcours tous les points de l’immense étendue, Et je dis : « Nulle part le bonheur ne m’attend. »

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières, Vains objets dont pour moi le charme est envolé ? Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères, Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

Que le tour du soleil ou commence ou s’achève, D’un oeil indifférent je le suis dans son cours ; En un ciel sombre ou pur qu’il se couche ou se lève, Qu’importe le soleil ? Je n’attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière, Mes yeux verraient partout le vide et les déserts : Je ne désire rien de tout ce qu’il éclaire ; Je ne demande rien à l’immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère, Lieux où le vrai soleil éclaire d’autres cieux, Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre, Ce que j’ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m’enivrerais à la source où j’aspire ; Là, je retrouverais et l’espoir et l’amour, Et ce bien idéal que toute âme désire, Et qui n’a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puis-je, porté sur le char de l’Aurore, Vague objet de mes voeux, m’élancer jusqu’à toi ! Sur la terre d’exil pourquoi resté-je encore? Il n’est rien de commun entre la terre et moi.

Quand la feuille des bois tombe dans la prairie, Le vent du soir s’élève et l’arrache aux vallons ; Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie: Emportez,moi comme elle, orageux aquilons.

(Premières Méditatious poétiques).

 

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