L’Iran un an après ou de grandes espérances.

President Obama

L’Iran un an après ou de grandes espérances.

Charles Dickens nous pardonnera, du moins l’espérons nous d’avoir emprunté son titre !

Un an s’est écoulé depuis la signature historique de l’accord nucléaire conclu entre l’Iran et le groupe P5 + 1 à Vienne le 14 Juillet 2015. Accord historique pour reprendre les propos de Renaud Girard :
« L’accord du 2 avril 2015 a toutes les chances d’être encore enseigné dans 30 ans au sein des universités de science politique du monde entier comme un modèle de succès de la diplomatie multilatérale… » ! 1

Comme il semble (en tout cas jusqu’à ce matin que l’Iran n’ait pas procédé à un bombardement nucléaire) force est donc de saluer le jugement de Renaud Girard, ou Dominique Moïsi ou Kissinger même si ce dernier était plus réservé quant aux clauses de vérification.

Le Professeur Dominique Moïsi, considéré comme l’un des meilleurs experts a pu ainsi écrire :
« Pour la première fois depuis des années, une lueur d’espoir semble venir d’une région du monde qui semble vouée au désespoir, sinon au chaos. Les concessions faites par l’Iran sont beaucoup plus importantes qu’on ne pouvait l’espérer et la levée des sanctions occidentales plus progressives qu’on ne pouvait le craindre.
Pour aller à l’essentiel, si l’Iran veut se doter d’une arme nucléaire, il lui faudra un délai de presque un an pour atteindre son objectif. La communauté internationale a gagné un répit de dix ans, supérieur à celui qu’aurait produit une attaque préventive sur les installations nucléaires iraniennes. L’accord est loin d’être parfait, mais toutes les autres alternatives, en particulier la guerre, auraient été bien pires. » 2
Kissinger et Georges Schultz affirmaient quant à eux:
« Progress has been made on shrinking the size of Iran’s enriched stockpile, confining the enrichment of uranium to one facility, and limiting aspects of the enrichment process. Still, the ultimate significance of the framework will depend on its verifiability and enforceability.” 3

Il y a plusieurs critères pour juger si un accord est bon. L’épreuve du temps bien sûr, et le feu roulant des critiques. Kissinger écrivait, après avoir lui-même conclu maints et maints accords historiques, qu’un accord est bon si les deux parties sont également insatisfaites. A en juger par les cris d’orfraie soulevés à l’époque, il est indubitablement bon voire même excellent.
Aucun règlement dans l’histoire moderne n’aura soulevé autant de passions, de réactions aussi virulentes, de basses manœuvres, de critiques pas toujours intelligentes ou construites, voire de vociférations haineuses.
Quant au temps, il semble avoir adoubé le jugement des realpolitikers que d’aucuns qualifiaient de naïfs ou de Munichois.
Et si d’aventure d’aucuns ignoraient la vraie signification de Munich, l’évocation répétitive ad nauseam de ce lieu, les confortera dans leur ignorance.
Il ne sert à rien de se comporter « en procureurs déchaînés contre ceux qui reçoivent l’histoire en héritage. » 4

Accordons cependant à tous les Cassandres qui brandillaient la duplicité de Rohani comme un gonfalon claquant au vent que ce dernier n’était pas animé d’intentions d’une pureté adamantine.
Accordons leur – bien volontiers – que si Khamenei l’eusse pu, il eût bien volontiers mis à exécution ce qu’il proclamait si haut et si fort à savoir: la destruction de l’État d’Israël.
Les fantasmes, même hideux, qu’ils dégustaient et dans lesquels ils se complaisaient ont la vie dure !
Accordons leur – également – que l’État iranien se délecte, se nourrit et se légitime de ses soutiens au terrorisme.
Accordons leur enfin d’avoir lu et retenu ce que disait le camarade Vladimir Illitch Oulianov: « L’histoire nous montre que la paix est une trêve pour la guerre, la guerre un moyen d’obtenir une paix un peu meilleure. »

Ayant dit cela, nous ne sommes guère plus avancés. Nous leur rappellerons tout simplement ce que disait Oscar Wilde : « La valeur d’une idée n’a absolument rien à voir avec la sincérité de l’homme qui l’exprime. »
« La question n’est pas de savoir si tel livre est moral ou bien immoral. Les livres sont mal écrits ou bien écrits. C’est tout ! »

Nous nous proposons donc de retracer brièvement quelles étaient les positions de départ des négociateurs en les révélant à la lumière des termes de l’accord conclu. Puis nous verrons quel fut son impact sur les trois principaux protagonistes : Obama, Nétanyahu, Rohani. Nous ébaucherons brièvement quel sera le rôle de l’Iran dans la région, ce qu’il entend et surtout peut faire de sa virginité retrouvée. Nous survolerons alors les options laissées ouvertes aux USA. Ces deux derniers volets feront l’objet d’un examen plus approfondi dans un prochain article.

Donc ayant constaté, après moult recherches et moult difficultés que l’Iran – contrairement aux prédictions et avertissements répétés dans tous les forums de la planète par Nétanyahu qui disait l’avenir et promettait l’embrasement nucléaire- n’a point déclenché le feu nucléaire, posons-nous les questions ontologiques.
L’Iran a-t-il progressé dans l’acquisition de la bombe, même de façon collatérale?
L’Iran a-t-il transgressé les termes de l’accord ?
Le groupe P5 + 1 a-t-il pu effectuer efficacement les inspections-condition sine qua non- de la viabilité de cet accord ?
L’Iran a-t-il démantelé les armes et instruments de mort de son arsenal nucléaire?

Aux deux premières questions, nous répondons non. Aux deux dernières questions, nous répondons oui.

Passons au crible de l’accord signé les positions de départ des uns et des autres.

-Livraisons d’armes

Les Iraniens voulaient la levée immédiate et totale de l’embargo des livraisons d’armes.
Les Américains désiraient le statu quo.
Il a été obtenu un maintien de l’embargo d’une durée de huit ans pour les missiles balistiques; les armes conventionnelles, elles, seront soumises à un embargo de cinq ans. Ces périodes pourront toutefois être raccourcies si l’Iran respecte complètement ses obligations.
Il était difficile d’obtenir mieux car la Chine et la Russie veillaient au coin du bois et ne demandaient qu’à s’en échapper. La Russie a cependant livré, malgré les efforts désespérés de Nétanyahu pour l’en empêcher, des batteries S 300 qui sont des missiles sol-air dont la fonction est de sanctuariser le territoire iranien.
Certes les S 300 sont des armes défensives. Mais lorsque les armes défensives ont pour fonction de sanctuariser un territoire l’on peut se poser la question de savoir si elles ne deviennent pas offensives.

-Sanctions économiques.

Les Iraniens réclamaient la levée totale des sanctions lors de la signature.
Les Américains voulaient la levée des sanctions par séquence selon les étapes réalisées. Les Iraniens ont effectivement obtenu plus que ce que les USA voulaient leur accorder au départ surtout en matière énergétique et finances.
L’Iran aura ainsi accès aux 125 milliards de dollars bloqués. Ils en ont déjà reçu 60, dont ils useront à leur guise. Gageons qu’ils ne serviront, en priorité, ni à moderniser ni leur système de santé, ni à satisfaire les besoins sociaux de leur population.

Pour autant les américains, à l’initiative des Français et de Laurent Fabius, ont imposé la technique du snap-back. Et la levée des sanctions est finalement moins rapide qu’on pouvait le craindre.

-Inspections nucléaires.

Les Iraniens étaient d’accord mais avec un préavis et pas sur la totalité des sites.
Les Américains collaient à leur formule « anytime anywhere ».
Le résultat obtenu est anywhere y compris pour les sites militaires.
Pour autant les Américains doivent accepter 24 jours de délai. En outre certaines clauses d’inspections pourront s’exercer durant 20 ou 25 ans. D’autres clauses sont prévues ad vitam aeternam.

-Les centrifugeuses

les Iraniens souhaitaient continuer à développer des centrifugeuses plus modernes et plus rapides.
Les Américains refusaient car il était hors de question de réduire le break out time. Il a été finalement obtenu une interdiction de 10 ans.
Le résultat est que l’Iran, volens nolens, réduit son stock d’uranium enrichi de 12 tonnes pour le ramener à 660 pounds. Cela représente tout de même une réduction de 98 %.
Sur 19 000 centrifugeuses l’Iran à l’autorisation d’en conserver 5060 et encore sont-elles d’ancienne génération. L’Iran doit également convertir le centre de Fordow et désarmer celui d’Arak.
Comme l’a confirmé le dernier rapport des inspecteurs de l’IAEA,

L’Iran a respecté jusqu’à plus ample informé l’ensemble de ses obligations.
EHUD BARAK ET GADI EISENKOT

La principale figure du dispositif militaire et sécuritaire de l’État d’Israël – qui était ne l’oublions pas la cible emblématique de l’Iran, même si ce dernier visait au moins autant voire plus les pays arabes de la région, et qu’il avait beau menacer Israël, sa menace n’était pas crédible. Israël ayant la capacité de vulcaniser son pays et de pulvériser l’appareil gouvernemental soit avec une preemptive blow soit en capacité de seconde frappe.
Le Chef d’Etat-Major de l’armée israélienne, Gadi Eisenkot abonde dans cette opinion. Le Général Eisenkot pense en effet que l’élimination de la menace existentielle contre Israël tient avant tout à l’accord nucléaire avec l’Iran et à l’effondrement de l’armée syrienne.
Il qualifie l’accord avec l’Iran même avec la levée des sanctions, comme une combinaison de «a strategic turning point » et de « many risks as well as opportunities »

La meilleure preuve en est la déclaration d ’Eisenkot: «The deal has actually removed the most serious danger to Israel’s existence for the foreseeable future… and greatly reduced the threat over the longer term.” 5
Lors d’ une interview à la chaîne de télévision israélienne I 24, Eisenkot déclare après le rapport de l’IAEA confirmant que « inspectors on the ground verified that Iran has carried out all measures required under the (July deal)… to enable Implementation Day to occur. » 6 de poursuivre: «The nuclear deal with Iran constitutes a strategic turning point, compared to what IDF faced over the past decade.”7

Des esprits chagrins-tous ne sont pas de mauvaise foi ou englués dans une idéologie paralysante- diront qu’il s’agit là de reculer pour mieux sauter.

Après tout, Kissinger disait que même les paranoïaques ont aussi des ennemis. Mais le maximum de précautions ayant été prises, l’observateur attentif et soucieux se remémorera la pensée d’Edmund Burke : « Un État qui n’a pas les moyens d’effectuer des changements n’a pas les moyens de se maintenir. » 8

Il n’empêche l’accord réduit considérablement les risques, voire il les annule. La menace immédiate est réduite. Eisenkot peut ainsi dire:(l’accord) it « rolls back Iran’s nuclear capability and deepens the monitoring capabilities, » 9

Pour autant Eisenkot ne méconnaît point la gravité du danger représenté par le Hamas, le Hezbollah ou Isis dont moult bonnes âmes, enrubannées dans le politiquement correct ou la confusion mentale (simple question de point de vue) se demandent encore (Isis mis à part) pourquoi ils ne seraient pas candidats à un Prix Nobel de la Paix !
Eisenkot pense cependant lors du 9th annual international Conference Institute for National Security Studies: « It would be a “mistake” to barricade Palestinians off from working in Israel as doing so would lead to more violence. The 120,000 Palestinians who work in Israel and the settlements, providing for more than half a million Palestinians, should continue to be allowed to work, Eisenkot said, because it restrains further violence.” 10

En cela Eisenkot inscrit sa pensée dans celle d’Edmund Burke : « Ceux qui ont beaucoup à espérer et rien à perdre seront toujours dangereux. »
Le vrai danger pour lui ce sont les menaces infranationales et cybernétiques. L’observateur aura noté que c’est la première fois (en tout cas de mémoire nous semble-t-il) qu’un responsable aussi haut placé dans l’armée diverge du gouvernement israélien. Cela aura, n’en doutons pas, de multiples conséquences tant à l’international qu’au sein même du pays.
« Under complex and sensitive circumstances, the role of the security forces is to preserve Israel as a democratic country, an island of stability with a powerful and moral army. » 11
Le lecteur amoureux de la belle langue française se rappellera avec délice la délicieuse formule de Maître Maurice Garçon:
« La seule chose consolante et que les généraux et les militaires en général aiment moins la guerre que les civils. Elle offre pour eux trop de risques. » 12
Il ne nous semble pas exagéré de penser, alors que son pays est en guerre qu’Eisenkot est l’honneur d’Israël. En effet dans la plupart des pays, les généraux sont des va-t’en guerre ; les civils étant plus conciliants. En Israël, loaf pour loaf, c’est le contraire. Dont acte !
Il n’est pas totalement exagéré de lier l’affaire syrienne dans sa composante chimique à l’Iran.
Alliés de circonstance ou d’idéologie peu importe !
Même parrain : Vladimir Vladimorovitch Poutine.
Mêmes armements !
Même respect des Droits de l’Homme !
Chacun joue à rôle inversé et asymétrique les utilités de l’autre.
Bref tout pour former un couple diabolique et inénarrable !
En cette affaire comme en Iran, l’on aura daubé, moqué, et tout fait pour décrédibiliser Obama (toujours les mêmes Cassandre.)
L’on a dit qu’Obama a été roulé dans la farine par le colonel du KGB. C’est aller un peu vite en besogne car c’est oublier que la grande offensive de charme de Lavrov n’a fait que reprendre au vol le ballon d’essai lancé par Kerry.

Qu’Obama eût pu mieux faire, il ne nous viendrait pas à l’idée de l’affirmer ni même de le penser. Mais la géopolitique obéit à certaines lois dont celle du balancier. Les années Bush Junior ont laissé des traces. Monsieur make no mistake fut plus velléitaire qu’avisé. Parfois les fils tuent l’héritage paternel !

Pour notre part et au vu du désarmement chimique de la Syrie, il nous plaît de penser que Obama s’est inspiré de l’activisme retenu de Bismarck. Sage parmi les sages !
C’est probablement au vu de ces éléments qu’Eisenkot a pu lors de cette conférence parler d’un «lift » de menace stratégique.
Selon Eisenkot la menace existentielle ou stratégique a disparu. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y aura plus de morts en Israël.

Iran, la menace est dégagée après les accords.
Syrie désarmement chimique sous l’action conjointe de Poutine et Obama. Eisenkot affirme : «The chemical threat to Israel is effectively non-existent” 13
Effondrement militaire de la Syrie. Celui-ci n’étant d’ailleurs pas à mettre entièrement au compte d’Obama. Il est d’ailleurs intéressant de noter le rôle en pointe joué par la France à cette occasion. D’autant plus remarquable que le Président Hollande ne s’est point réfugié derrière les arguties parlementaires de David Cameron qui deviendra par la suite coutumier d’erreurs stratégiques.

Certes d’autres menaces subsistent. Mais elles sont non existentielles, non stratégiques et partant n’affectent pas la sécurité ultime de l’État d’Israël.
Pour Eisenkot d’autres dangers sont toujours en embuscade. Pour autant Eisenkot dans une formule on ne peut plus claire pense « the worst case scenario » n’est pas: « no less dangerous than excess optimism »
“It’s naturally the task of the army, and my task, is to view situations from a perspective of both risks and capabilities, and in that manner to make a judgment. And not from an assumption of the worst-case scenario, because I think that is no less dangerous than to project an overly optimistic scenario.”14

La mise en garde à Nétanyahu est certes subliminale; elle est cependant réelle et forte car mesurée et surtout repose sur l’expérience et la vision de la chose militaire.

Bien sûr l’Iran a essayé de tricher et il est plus que probable qu’il goûtera à nouveau les charmes et les délices de ses duperies. Il s’est ainsi fort récemment évertué à acheter de la fibre de carbone pour rotors de centrifugeuses en Allemagne. L’entreprise a cependant été immédiatement déjouée et stoppée.
Mais quoi, il est dans la nature humaine et a fortiori des Etats de toujours oser et tricher. L’essentiel est de ne pas se laisser hypnotiser et prendre.
« De l’audace, de l’audace, toujours de l’audace. » disait avec une gourmandise enjouée le général Patton !

Les USA auraient-ils pu faire plus comme il leur a souvent été reproché ?
Peut-être mais c’est loin d’être sûr. Loin d’être sûr car c’est oublier que la Russie et la Chine étaient en embuscade.
Peut-être, mais ce n’était pas forcément souhaitable !
Osons une autre raison.

Un très grand stratège nucléaire américain, Bernard Brodie, avait compris dans les années 55 – 63 qu’il fallait posséder une certaine retenue nucléaire et ne pas tout pulvériser chez l’adversaire tout de suite afin de conserver une monnaie d’échange et ne pas lui faire perdre la face.
Avec beaucoup d’esprit Oscar Wilde avait compris qu’il « (Il) ne suffit pas d’avoir de l’esprit. Il faut en avoir encore assez pour s’abstenir d’en avoir trop. »

Il y avait un objectif premier en Iran : éradiquer la menace immédiate; il a été atteint. Dont acte et bravo à celui à qui en revient le crédit principal : Barack Obama !
Une fois de plus Raymond Aron avait cerné cette problématique. « Il ne faut ni acculer les projetés d’une religion conquérante, maîtres d’un vaste empire, au désespoir, ni par la faiblesse, éveiller en eux la tentation » 15

Pour autant le Président Obama, épousant en cela la doctrine de Guam du Président Nixon ou la politique de Bush Senior, se projette dans l’avenir et garde en tête les intérêts américains. A trop humilier et émasculer l’Iran, il injurie l’avenir.

Dans le premier rapport faisant partie du Gideon Multi Year Plan IDF Strategy et rendu public pour la première fois depuis les années Ben Gourion, Eisenkot qui a signé le plan qualifie la menace iranienne comme suit : « The enemy has changed its use-of-force characteristics posing new challenges to the IDF:
A decrease in the threat from regular state militaries and an increase in that of sub-state organizations, either irregular or semi-regular, supported by Iran. » 16

Le Brigadier Général Israélien Michael Herzog ancien chef du Stratégic Planning Division d’IDF commente : « Interestingly, the document does not mention the Iranian nuclear threat directly. This has led some commentators to conclude that unlike Israel’s government, the IDF does not attach the same severity to this threat following the P5+1 nuclear agreement. Yet Iran does in fact play an important part of the strategy underlying the document. First, while the IDF does not expect the nuclear threat to come to fruition during the next five-year plan’s timeframe, it does call for enhancing deterrence and maintaining preparedness for potential preemptive strikes against « countries with no joint border [with Israel]. » 17

Si le jugement politique de ses contemporains est actuellement sévère envers Obama, l’histoire- comme c’est souvent le cas- sera vraisemblablement plus élogieuse.
A défaut nous lui suggérerions de s’inspirer de Winston Churchill.
« L’histoire de ma vie sera indulgente, car j’ai l’intention de l’écrire. »

Mérite-t-il pour autant son prix Nobel ? Peut-être, mais pas certainement ! Ses conditions d’attribution étaient à tout le moins abracadabrantesques et curieuses. Son Prix reposait sur un pari.
L’on peut toutefois le féliciter pour son formidable succès en Iran alors que son prédécesseur qui ne passait pas pour une colombe s’était cassé les dents sur ce dossier.
Il lui aura fallu une immense patience et un talent hors-pair pour triompher de la duplicité iranienne, des ultras ayatollisés, des « neo-cons » américains qui n’avaient pas digéré son élection et des rodomontades et moulinets de Nétanyahu jusqu’au Congrès et bien sûr du soutien mesuré et attentif de la Russie et de la Chine.
Obama aura également fait preuve d’une réelle maestria dans la gestion du dossier en n’évoquant point de façon continue l’Apocalypse. Pour autant il n’est pas non plus tombé dans un angélisme naïf ou un irénisme béat. Il a évité les coups de menton. Il s’est contenté de suivre Roosevelt qui disait : « Speak softly and carry a big stick ».

Succès encore quant au résultat pour les armes chimiques en Syrie même si la forme ne laisse point de s’interroger. Mais succès quand même, bien qu’il ne puisse point s’en attribuer en totalité le mérite.
Succès facile à Cuba, ce qui n’interdit pas de se poser la question pourquoi ses prédécesseurs ne l’ont point recherché.
Bilan mitigé avec sa politique du « pivot » asiatique qui conditionnera pour longtemps les relations internationales.
Déconvenue avec la Russie poutinienne. Son « reset » est resté lettre morte.
Déboires avec l’Europe.
Revers parfois cinglants avec les « Printemps » arabes.
Enfin non réussite au Moyen-Orient dans le processus de paix. Mais il est vrai que le Moyen-Orient n’était plus la priorité US.
Et surtout échec retentissant en Corée du Nord dû essentiellement à son bilan mitigé en Asie et à son style qui induisait sa « Strategic patience ».

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Quant à Rohani il sort grand vainqueur de ces négociations. Fraîchement élu, il risquait gros. L’ayatollah Khamenei et les ultras n’attendaient qu’un faux pas de sa part pour lui retirer la gestion du dossier.
Élu presque par inadvertance ou erreur de calcul des conservateurs, Rohani est certes toujours en selle mais constamment sur la sellette et en butte aux attaques du Majlis.
Et pour lui faciliter la tâche le Congrès a bloqué, certes provisoirement, la vente de cent Boeing à l’Iran.
Que viennent à se multiplier de telles entraves et Rohani se verra mis en minorité. A ce jeu les accords pourraient voler en éclats.

Le premier objectif de Rohani sera de remettre sur pied son économie. D’abord parce qu’il conditionne sa survie. Ensuite parce qu’une économie sortie de la récession sera l’instrument de son redéploiement.

Toutefois l’empreinte de Mossadegh est toujours vivace. Croire que par un coup de baguette magique, l’Iran rentrerait dans le bercail du Shah d’Iran, même si le régime des ayatollahs s’effondrait, nous semble peu réaliste. L’Iran voudra réaffirmer son rôle de gardienne des détroits. Ce sera une source de tensions permanentes dont la religion est absente.
Capable de soutenir la Syrie et le reste mollah ne signifie pas être en mesure de projeter une armée au loin pour des opérations complexes.
Certes la population iranienne est affectée d’un tropisme vers la société américaine. Mais il est davantage marqué vers la société de consommation que vers les buts de politique étrangère.
Le rapprochement, si rapprochement il y a, sera lent et difficile. Malgré son souhait, John Kerry n’a toujours pas été invité en Iran pour y croquer quelques pistaches.
Rohani ira probablement encore plus loin avec les américains dans sa lutte contre dèche. Et puis c’est tout !
Par contre Rohani continuera plus avant avec les Européens lesquels ont reçu des assurances de Kerry que la mésaventure de BNP Paribas ne se reproduirait pas.
L’Iran de Rohani continuera peut-être à souhaiter les fêtes du nouvel an Juif comme il l’a déjà fait; ce qui constitue un progrès certain par rapport à la période précédente.
Il est possible qu’Israël et l’Iran mènent de concert des actions sub-rosa; l’affaire des contrats est là pour le prouver.
L’Iran cherchera à coexister avec l’Arabie Saoudite; aucun des deux pays n’étant en mesure comme l’a magistralement conceptualisé Clausewitz de                         « vorschreiben » ses conditions à l’autre.
Deux précautions valant mieux qu’une la Vème flotte US patrouille dans le détroit d’Ormuz empêchant ainsi tout conflit majeur.
Certes les tensions entre les chiites et les sunnites continueront à structurer la région. Elles sont cependant largement instrumentalisées.

Le problème sera plus compliqué avec l’Égypte. On y touche en effet aux représentations.

Tout le pari de Rohani consistera à nouer les meilleures relations possibles avec la Syrie et la Chine tout en laissant la porte ouverte à Washington. Mais un triangle Moscou Pékin Téhéran ferait assurément sens du point de vue de ces trois capitales. Il constituerait un véritable cauchemar stratégique Washington.


NETANYAHU

Quant à Nétanyahu, il est aujourd’hui comme le souligne Ehud Barak, ancien Premier Ministre, ancien Ministre de la Défense, ancien Chef d’Etat- Major et soldat le plus décoré de toute l’histoire militaire israélienne, totalement décrédibilisé sur la scène internationale.
Il a perdu un combat aux USA malgré un discours brillant au Congrès. Avoir critiqué, même à mots couverts, le Président des États-Unis à domicile dans le temple de la République Américaine laissera des traces au sein de la population américaine.

Eût-il lu Raymond Aron qu’il n’eût point commis cette erreur. « Plus l’Occident est décidé à faire front et à accepter les périls et le prix de la résistance plus il importe de ne pas perdre le sens du possible de mesurer la valeur des diverses positions de ne pas mettre au premier rang le prestige et l’idéologie »18
Avec un Barack Obama sur le départ, il n’y a pratiquement aucune chance de voir le processus de paix avancer. Sans pressions américaines également mais différemment exercées sur les deux principaux protagonistes, Israël et les Palestiniens, il n’y a absolument aucune chance de voir aboutir quoi que ce soit.
Tragédie de l’Histoire, les Américains ne semblent pas disposés à aller au-delà des bons offices. Il faudra pourtant que tôt ou tard, ils acceptent de prendre des risques et des coups dans la région.
Une des raisons pour laquelle les paramètres Clinton courageusement approuvés par Ehud Barak et- bien entendu- refusés par Arafat étaient leur formulation trop tardive lors de la fin de la présidence Clinton.
Les pressions US sont désormais, qu’on le veuille ou non, parties intégrantes de tout règlement de paix. Et d’ailleurs celui qui fut l’un des plus brillants Premiers Ministres d’Israël l’avait parfaitement compris lorsqu’il accepta de s’en remettre en 2005 au monitoring de la CIA sous Georges Tenet.
Il est vrai que Sharon était, lui, un visionnaire et non un politicien !

Il n’empêche la levée de l’hypothèque iranienne dont Netanyahu excipait volontiers pour expliquer qu’elle empêchait tout règlement de paix entrouvre la porte à de nouvelles possibilités pour une ébauche de règlement.

La superbe théorie du dilemme de la sécurité conceptualise brillamment ce qu’avaient perçu Bernard Brodie ou McNamara lequel souhaitait que les soviétiques atteignent la parité avec les USA plutôt qu’ils ne restent prisonniers de leur infériorité. Mais il n’est pas donné à tout le monde d’avoir le courage et l’intelligence de Robert McNamara.

Nous avions écrit dans notre article l’Iran nucléaire de Mossadegh à Lafcadio : Un maximum de sécurité chez A entraîné chez B un maximum d’insécurité. Superbe paradoxe ! La notion de sécurité maximale n’existe pas. Ainsi un maximum de sécurité chez A finit par entraîner une réaction de B.
Maximum de sécurité ne signifie donc pas obligatoirement maximum de paix. 19

Comme l’ont si justement et si opportunément souligné tant Eisenkot que l’ancien Ministre de la Défense d’Israël, Moshe Yaalon quasi limogé par Nétanyahu, la quasi-totalité des menaces nationales à l’encontre d’Israël ont disparu.
Ce qui ne signifie pas que toutes les menaces ont disparu. Ainsi Eisenkot parle des menaces infranationales ou cybernétiques qui s’amplifient. Tout en pointant la vaste supériorité d’Israël dans les domaines technologiques et militaires, il reconnaît que la tactique des organisations terroristes consistant à enterrer des forces militaires au sein des populations civiles constitue un défi majeur pour Israël.
Mais Eisenkot gère cela comme le rapporte le journal israélien Haaretz « as businesslike and statesmanlike. »

Ainsi Eisenkot declare pour 2015: “Not one Israeli civilian was killed, not one Israeli soldier was killed on the Gaza front.” 20
Alors oui, bien entendu, l’Iran continuera d’autant plus facilement à financer jusqu’à une ligne rouge le Hezbollah. Et oui le Hamas a reconstitué ses tunnels ce qui constitue un défi hautement explosif.
Eisenkot ne donne pas dans l’angélisme ! Mais ce ne sont point des menaces stratégiques. Eisenkot après avoir dit: « Iran will make great efforts to fulfill their side of the bargain and enjoy the benefits. » 21, affirme IDf doit réévaluer les menaces.

Et pourtant alors qu’Israël n’a objectivement jamais bénéficié d’une telle supériorité stratégique propice à des négociations et au compromis on assiste à une montée générale d’éléments qui empêchent dorénavant précisément ce processus.
Ce phénomène s’accompagne – certains diront répond-parallèlement d’un refus Palestinien – nouveau lui aussi – de négocier.

Quels sont donc ces facteurs négatifs ?
D’abord un élément parfaitement mesurable. Netanyahu avait beau jeu de clamer, urbi et orbi, qu’il ne pouvait faire la paix avec les Palestinien tantôt à cause d’un gouvernement de coalition avec l’organisation terroriste Hamas tantôt avec un Mahmoud Abbas isolé qui ne représentait pas le peuple Palestinien. Soit !

Mais aujourd’hui, même lorsqu’il arrive à Nétanyahu de dire qu’il veut faire des concessions lors d’une négociation, il n’est absolument pas crédible d’une part en raison des protestations tenues par sa vice-ministre des affaires étrangères Tzipi Hotovely qui clame publiquement ne pas être en faveur de la solution à deux Etats et qui avait subi les remontrances de Nétanyahu lors de ses proclamations à propos du Mont du Temple ; d’autre part car il n’a plus lui-même de majorité pour « faire la paix ». Et oui il est possible d’être plus jusqu’au-boutiste que Netanyahu !
Ainsi Naftali Bennett a prévenu qu’il quitterait le gouvernement si cela devait advenir.

Autre facteur qui compromet les chances d’un accord : la droitisation et la vague de populisme qui gagne Israël comme la plupart des pays dans le monde. Ainsi Amos Harel rapporte dans Haaretz: «Eisenkot did not go into details, but it seems that in the current public atmosphere, the very mention of democratic values in a speech by the army chief is worthy of attention. When so few politicians express themselves similarly – with the notable exception of Defense Minister Moshe Yaalon – it seems Israeli society really does need the chief of staff to remind it of its core values.” 22
A la conférence sur la sécurité d’Israël sur la sécurité d’Herzliya Moshe Yaalon encore récemment Ministre de la Défense a pu ainsi déclarer :
« La direction nationale d’Israël doit arrêter de faire peur à ses citoyens, et commencer à traiter des vrais problèmes du pays. »
« La direction actuelle doit cesser d’effrayer les citoyens comme si on était à la veille d’une nouvelle Shoah. L’État d’Israël mérite une direction qui cesse de zigzaguer et de renforcer la haine entre les différents groupes de la société israélienne pour rester au pouvoir à tout prix. » 23
« Israël ne fait actuellement face à aucune menace existentielle ».
« Au contraire, « nous avons besoin d’un leadership qui dirige avec une boussole [morale] et une conscience, et non pas en se basant sur les sondages et les enquêtes. Il est intolérable pour moi que la direction de 2016 sépare [les Israéliens] en se basant sur [le fait qu’ils soient] Arabes ou Juifs, de gauche ou de droite » 24

Ehud Barak confirme cet état de fait durant la conférence d’Herzliya et lors d’une interview à la chaine de télévision israélienne. . Qu’on en juge :
Qualifiant de « faible, mou et bruyant «  le gouvernement de Netanyahou, Barak a fustigé le dirigeant israélien et ses ministres, les accusant d’opérer selon un agenda occulte pour rendre impossible une solution à deux Etats.
« Réaliser [cet agenda] va inévitablement – et c’est un mot-clé dans cette discussion : inévitablement – nous amener à un Etat unique, qui sera un Etat d’apartheid », « Ou bien cela sera un Etat binational avec une minorité juive dans une génération ou deux – ce qui aura une forte probabilité de générer une guerre civile interminable. « 
Selon l’ancien Premier ministre, Netanyahu exagère délibérément la menace terroriste en comparant les ennemis d’Israël à l’Allemagne nazie.
« L’hitlerisation de la part du Premier ministre dévalorise la Shoah ».
« Notre situation est grave, même sans [comparaison avec] Hitler », a-t-il expliqué.
« Dans les capitales du monde entier – à Londres et à Washington, à Berlin et à Paris, à Moscou et à Pékin – aucun dirigeant ne croit un seul mot qui sort de la bouche de Netanyahu ou de son gouvernement. » 25

Ehud Barak, ancien ministre de la Défense sous Netanyahou jusqu’en 2013, a poursuivi son constat.
« Seule une personne aveugle ou un mouton, un ignare ou quelqu’un de blasé, ne pourrait voir l’érosion de la démocratie et le ‘fascisme naissant’ », a insisté Barak.
Moshe Yaalon affirme quant à lui: « At this point, and in the foreseeable future, there is no existential threat facing Israel. Thus it is fitting that the leadership of the country stop scaring the citizenry and stop giving them the feeling that we are standing before a second Holocaust.”
“If there is something that I lose sleep at night about, it’s not the truckloads of weapons in Syria and Lebanon or Iran’s attempts to wage terror – Israel has the capabilities to deal with these forcefully and with sophistication. If there is something that I lose sleep over, it’s the cracks in Israel’s society, the erosion of basic values, the attempts to harm IDF soldiers and their commanders. It is a fact – the leadership is tempestuous and being dragged.”
La menace iranienne “will be frozen in light of the the [nuclear] deal signed [by world powers] does not constitute an immediate, existential threat for Israel. » 26

Reste Obama ou sa successeure.
Ecartons le cauchemar Trump et évaluons les options d’Hillary Clinton. Son passé indique que le soutien à Israël ne diminuera pas véritablement.
L’observateur attentif aura noté d’ailleurs qu’Obama regnante en dehors de la rhétorique, le soutien financier, militaire ou diplomatique des USA à Israël n’aura, contrairement à l’opinion répandue, jamais été aussi fort.
Les inimitiés réciproques entre Obama et Nétanyahu pèsent finalement peu au trébuchet de la géostratégie.
Par contre il est fort probable que Madame Clinton exercera des pressions fortes et dès le début de son mandat sur les protagonistes. Un de ses ressorts psychologiques étant qu’elle voudra terminer le travail commencé par le Président Clinton.

Deux problèmes épineux l’attendent: L’Arabie Saoudite et l’Iran.
Nous ne pensons pas que les USA lâcheront l’Arabie Saoudite. D’abord tout simplement parce que l’on ne fait pas aussi facilement tabula rasa de la plus vieille alliance américaine scellée à bord du Quincy le 14 février 1945.
Ensuite ce n’est sûrement pas le signal que les Sud-Coréens ou Japonais attendraient et comprendraient.
Enfin même si le royaume wahhabite a jusque dans un passé récent financé le terrorisme, il reste une puissance stabilisatrice dans la région.
En témoigne la relance de son initiative de paix envers Israël et chaleureusement saluée par ce dernier. Celle-ci fait d’ailleurs suite aux autorisations de survol accordées par l’Arabie Saoudite à Israël.
Les services de renseignements des pétromonarchies et de l’Arabie Saoudite ont pris goût à se rencontrer une fois par mois à Aman pour évoquer les problèmes de sécurité.
Même si cela ne débouche sur rien sur le plan politique dans l’immédiat.
L’on ne voit pas en outre le chaos gagner l’Arabie Saoudite dont la voisine est l’Égypte.
«La seule chose qui dure en général, est la position des peuples sur une carte » Robert Kaplan in la revanche de la géographie 
Ceux qui ont aimé la Libye adoreraient l’Arabie Saoudite !

D’aucuns mentionnent à juste titre que la révolution du gaz de schiste a profondément modifié la donne géopolitique.
C’est juste et frappé au coin du bon sens ! L’on aurait tort cependant d’hypertrophier la puissance de cette nouvelle source d’énergie.

Dans la politique du « leading from behind », chère à Obama mais qui finalement ne fait que reproduire le concept de la vietnamisation, l’Arabie Saoudite restera un partenaire incontournable même si tant Washington que Riyad peuvent raffoler de quelques infidélités !
La Chine a les yeux de Chimène pour la dynastie des Saoud lesquels apprécient au plus haut point la délicatesse chinoise qui a le bon goût de ne pas se mêler des Droits de l’Homme et autres exécutions publiques. Il est vrai que la Chine figure probablement sur la plus haute marche du podium dans cette sinistre discipline.

En Iran, Madame Clinton arrive avec un regard neuf. Sans préjugés et sans idéologie. Mais elle sait à quel point l’Iran est une poudrière qui peut basculer et provoquer un tsunami tout comme le serait une rupture d’alliance avec l’Arabie Saoudite.
Bien sur les 77 millions d’iraniens relativement bien éduqués font saliver les entreprises US. Mais ce n’est point la raison principale.
D’abord l’Iran a les clés du détroit. Ce n’est pas négligeable. Mais surtout nous conseillerions à Madame Clinton de se remémorer le traité d’amitié URSS-Inde du 19 août 1971. Signé en pleine crise indo-pakistanaise, il représenta le cauchemar de Nixon et Kissinger.
Les USA ne peuvent se permettre que la Russie si proche signe un tel traité avec Téhéran.
Washington devra donc impérativement construire un triangle Téhéran Washington Riyad. Washington étant bien entendu le Deus ex machina de cette figure géométrique. De nombreux obstacles parsèment cette route. Mais à défaut d’y parvenir Monsieur Obama aura juste dégagé le terrain à Vienne pour Poutine. Même si c’est le souhait secret de ce dernier, ce n’est probablement pas le but qu’Obama avait en tête.
La tâche n’est sûrement pas impossible. La preuve en est que les incidents entre Riyad et Téhéran n’ont pas dégénéré et que l’on assiste déjà sinon à une réconciliation en tout cas à une volonté de relativiser et de minimiser les récentes échauffourées. Cela n’a rien d’inédit ni d’inconvenant. Le réchauffement Tel-Aviv-Ankara est là pour le démontrer.

Nous nous permettons d’offrir en guise de vadémécum deux superbes pensées de William Shakespeare aux protagonistes de cette affaire. Ils en feront du moins l’espérons nous leur miel.

« Pour vous ,le plus mauvais des hommes ,que je ne saurais appeler frère
Sans infecter ma bouche ,je te pardonne
Ta faute la plus fétide -toutes tes fautes -et requiers
De toi mon duché ,que tu es ,je le sais ,
Forcé de me restituer » 28
« O it is excellent to have a giant’s Strength;
but it is tyrannous to use it like a giant« 

Et comme d’habitude laissons le mot de la fin à l’orfèvre en la matière: le Docteur Henry Kissinger!
« La détente consiste à mitiger les conflits entre adversaires non à cultiver une amitié entre eux. » 30

Deauville le 04/08/2016

Leo Keller

1 in Figaro 2 avril 2015
2 in Ouest France 8 Avril 2015
3 Henry Kissinger et George Schultz in Wall Street Journal du 07/04/2015
4 Raymond Aron in Carnets de la Guerre Froide
5 Interview Général Eisenkot au New York Times le 13/07/2016
6 Interview Général Eisenkot à la chaine de télévision israélienne I 24 le 18/01/2016
7 9 th annual conference of the Institute for National Security Studies in Tel Aviv on January 18/2016
8 In réflexions sur la révolution française
9 Interview Général Eisenkot à la chaine de télévision israélienne I 24 le 18/01/2016
11 Amos Harel in Jerusalem Post 19/01/2016
12 Maurice Garçon in Journal de Guerre
13 9th annual conference of the Institute for National Security Studies in Tel Aviv on January 18/2016
14 9th annual conference of the Institute for National Security Studies in Tel Aviv on January 18/2016
15 Raymond Aron in Carnets de la Guerre Froide
16 In IDF Strategy Plan published in November 2015
17 Michael Herzog in New IDF Strategy Goes Public 28/08/2015
18 Raymond Aron in Carnets de la Guerre Froide 13 déc. 1950
19 https://blogazoi.com/2013/10/18/liran-nucleaire-de-mossadegh-a-lafcadio/
20 Jeffrey Goldberg in Forward 26/01/2016 9 th annual conference of the Institute for National Security Studies in Tel Aviv on January 18/2016
21 Interview Eisenkot sur I TV 01/18/2016
22 Amos Harel in Haaretz 9 th annual conference of the Institute for National Security Studies in Tel Aviv on January 18/2016
23 Times of Israel 16/6/2016
24 Conference d’Herzlya sur la sécurité 16/06/2016 in Times of Israel
25 Conference d’Herzlya sur la sécurité 16/06/2016 et interview sur ITV Juin 2016
26 Conference d’Herzlya sur la sécurité 16/06/2016 .Jerusalem Post Juin 2016 et David Sanger New York Times
27 Robert Kaplan in la revanche de la géographie
28 Shakeaspeare In la tempête
29 Shakespeare
30 Henry Kissinger in les Années Orageuses T II 639

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