Au Moyen-Orient : Le clown inculte, le barbare meurtrier et Dieu sur terre !   Par Leo Keller

Au Moyen-Orient : Le clown inculte, le barbare meurtrier et Dieu sur terre !   Par Leo Keller    


Dégageons tout de suite une question.
Oui une fois de plus Israël a été attaqué. Oui une fois de plus le Hamas a attaqué des civils israéliens.
Oui une fois de plus le Hamas a délibérément ciblé des endroits où se trouvaient forcément des enfants.
Et oui une fois de plus le Hamas s’est aussi attaqué à ses propres enfants- véritables boucliers humains- en installant ses bases militaires dans des hôpitaux, écoles ou même dans les bureaux de l’UNWRA.
Et oui une fois de plus cette attaque sauvage illustre la sublimation de la mort d’un côté contre la sublimation de la vie.
Et oui Israël, comme tout Etat, a le devoir premier et sacré de défendre sa population.
Mais ayant dit cela nous n’avons rien dit sauf à nous rassurer et à amuser la galerie des cyniques.

Car le problème est le « une fois de plus ». Nous allons donc essayer de dégager, à froid, quelques premiers enseignements.
Une fois de plus, Henry Kissinger avait raison. Lors d’une conversation avec Gromyko, il lui confia qu’il ne pouvait y avoir de paix dans la région car les arabes étaient hystériques et Israël était cynique. Cette constatation demeure toujours aussi profondément vraie. Au vu des récents développements, il semble effectivement de plus en plus difficile de croire, non pas à la paix, mais un état durable de non-guerre.

Kissinger avait vu juste, douchant hélas les rêves de tous ceux qui croient à la paix, de ceux qui croient toujours et malgré tout la paix possible. « C’est un conflit local qui est devenu régional puis international. Ma seule ambition est de le faire redescendre au niveau régional puis local. Quant à le résoudre au fond, personne n’y parviendra jamais. » 1

Et pourtant ne nous laissons pas envahir par le désespoir. La violence des événements actuels laisse malgré tout ou peut-être- précisément- à cause de leur violence, place à l’espoir. Kissinger écrivit ainsi dans ses mémoires : « Je ne pourrais contribuer à résoudre le problème du Moyen-Orient que si les événements prenaient un tour dramatique. Ce n’est qu’à chaud qu’on peut évaluer correctement le rapport des forces nationales et internationales. »
Ce kairos est arrivé. Le problème est que Kissinger n’est plus aux commandes. Il a été remplacé par le clown Donald Trump qui n’aimait rien tant que d’évincer une administration particulièrement qualifiée, par son gendre qui brillait par son incompétence.

Ô tempora, Ô mores !

L’origine des évènements actuels.

Enlevons également une idée reçue. Les 8 familles palestiniennes menacées d’expulsion n’étaient qu’un prétexte sur lequel le Hamas s’est précipité, comme la vérole s’est jetée sur le bas-clergé. Mais en bonne logique, si c’était un prétexte pour le Hamas, c’était aussi un prétexte du côté israélien. Huit familles juives pouvaient mêmement, comme Israël l’avait proposé pour les Palestiniens être relogées dans d’autres maisons voisines.

L’on objectera, et à raison, que juridiquement les familles juives étaient dans leur droit selon la loi israélienne. Certes, mais pourquoi choisir ce prétexte et pourquoi maintenant ? La Cour Suprême ne s’y est d’ailleurs point trompée en repoussant la date d’exécution. L’on ne peut d’ailleurs exclure une arrière-pensée politique de la part de Netanyahu en pleine période de formation gouvernementale, qui a là fois sous-estimé la réaction des Palestiniens et surestimé sa propre invincibilité.
Juridiquement, ces familles palestiniennes n’étaient pas dans leur droit selon la loi israélienne. Et juridiquement les familles israéliennes étaient dans leur droit. Mais le problème est qu’en vertu de la règle anglaise de la Théorie des Apparences, une justice se doit d’être juste et compréhensible aux yeux des justiciables. « It is not merely of some importance, but it is a fundamental importance that justice should not only be done, but should manifestly and undoubtedly be seen to be done »

Or en la matière, et toujours selon la loi israélienne, si les Palestiniens ayant quitté où ayant dû quitter en 48 (pour prendre le terme le plus neutre possible) ne peuvent se prévaloir de quelque titre que ce soit, l’inverse n’est pas vrai. En outre par définition, ces Palestiniens habitaient Jérusalem-Est après l’Indépendance. La géopolitique doit aussi intégrer dans son calculus des paramètres contradictoires.

Si nous comprenons que d’aucuns déplorent et condamnent cette situation, en bonne logique nous soutenons fermement, compte tenu du contexte actuel, que l’on ne peut à la fois exiger- à juste titre- un Etat et vouloir envoyer ses nationaux peupler le territoire adverse.

Nous nous permettons une incise pour saluer la mémoire et la vision humaniste de Portalis, constitutionnaliste français du XVIII ème siècle qui a posé comme droit imprescriptible que le premier des droits de l’homme, c’est le droit de chacun d’aller là où il pourra et là où il voudra se réaliser. Si cette asymétrie est légale, il n’était peut-être pas nécessaire de l’appliquer tout de suite. Après tout ces familles étaient paisiblement installées dans leur maison.

Si Polemos de tout est le roi, de tout est le père, les guerres ne surgissent jamais de nulle part. Bien souvent, elles sont le résultat d’une lente manducation, d’un implacable enchaînement de circonstances. Tous les éléments qui ont mis le feu aux poudres étaient présents in nucleo depuis tant d’années. In quorum omnium, nous avons toutes les chances d’en retrouver la quasi-totalité dans de nombreuses années.

Récapitulons.
Tous ces événements qui, pour être des prétextes, n’en ont pas moins existé, seraient à la limite, chacun pris séparément de faible à moyenne intensité. Ce qui cause leur dangerosité, c’est leur simultanéité, leur interaction qui leur confère leur corrélation. Bien entendu le projet d’expulsion a légitimement suscité des manifestations des Palestiniens.

Ainsi la fête de la fin du Ramadan, une des dates les plus solennelles et les plus sacrées dans le calendrier musulman coïncida peu ou prou cette année avec la Pentecôte juive tout aussi importante- et la célébration du jour de Jérusalem qui blasonne justement la réunification de Jérusalem.
Le 13 avril, Israël a empêché les résidents de Jérusalem-Est de se réunir à la porte de Damascus point de rencontre des musulmans. Se saisissant de ce prétexte qui n’était qu’une maladresse, mais que l’on pouvait aussi considérer comme une provocation, la jeunesse palestinienne a, à son tour, lancé des contre-manifestations. Le point important est qu’il s’agit de la jeunesse qui n’obeit  plus aux leaders arabes. Le phénomène est tout sauf nouveau ; il prend chaque jour plus d’ampleur.

Fait aggravant il répond également à une autonomisation de la jeunesse israélienne d’extrême droite. Les manifestants juifs d’extrême-droite défilèrent dans Jérusalem en direction du Damascus Gate en chantant « Death to Arabs ».

Nous nous rappelons avec nostalgie cette si noble pensée de Golda Meir : Nous pardonnerons aux Arabes de nous haïr mais nous ne leur pardonnerons pas de nous avoir appris à les haïr.
En réponse, les Palestiniens, jamais en retard d’actes défiant la civilisation, se mirent à filmer les attaques contre des juifs.
Comme si cela ne suffisait pas ces images furent diffusées sur les réseaux sociaux, histoire d’exciter et d’encourager encore un peu plus la jeunesse palestinienne. Confrontées à ce maelstrom, les autorités israéliennes prirent la seule mesure intelligente destinée à calmer le jeu : le 25 avril, ils démantelèrent les barrières devant l’Esplanade de la Mosquée et empêchèrent les juifs de venir sur le Mont du Temple afin de ne pas provoquer les musulmans.

Trop peu et trop tard !
Pour autant cette mesure fut interprétée comme un signe de faiblesse par les Palestiniens. Tout était donc en place afin que la pièce continuât son funeste engrenage. Aux violences et jets de pierres palestiniennes, Itamar Ben Gvir, nouveau membre de la Knesset, crût bon de déambuler dans Sheikh Jarra, en beuglant ses slogans haineux et nauséabonds.
Remugles que nous avions l’habitude de voir du côté palestinien. C’est tout sauf neutre. Notons que ce sinistre individu serait immédiatement exclu de n’importe quel Parlement européen. Hongrie et Pologne mises à part.

– Une autre raison de fond est la haine portée incandescence entre l’Autorité Palestinienne et le Hamas qui provoque une inflation exponentielle, non seulement de la violence intra palestinienne, mais de la vindicte contre Israël.
Durant ces mêmes manifestations, les Palestiniens ont également vociféré des insultes contre Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne. C’est aussi une des explications. Cette violence palestinienne s’analyse aussi par la volonté du Hamas de l’emporter définitivement sur l’Autorité Palestinienne et de montrer par les élections qu’il est dorénavant le seul interlocuteur d’Israël.

Après tout, c’est ce que consciemment ou inconsciemment, Israël a provoqué, par un calcul erroné typique de l’hybris. Cela permettait de croire qu’il ne pouvait y avoir d’interlocuteur fiable, l’Autorité Palestinienne étant totalement démonétisée.     

– L’annulation des élections palestiniennes fut la conséquence directe des nombreuses violences antérieures du Hamas et de troubles éventuels à venir.
Cela se traduisit bien entendu contre Israël qui certes n’était pas totalement mécontent de cette annulation.
Double prétexte, ni l’Autorité Palestinienne ne tenait à voir un Hamas triomphant à la sortie des urnes, ni Israël qui après avoir porté le Hamas sur les fronts baptismaux, il y a de nombreuses années, ce qui n’était pas à l’époque totalement idiot, afin de contrecarrer et affaiblir Arafat. Après avoir tant humilié et sottement humilié Mahmoud Abbas, l’épisode des valises bourrées de dollars en provenance du Qatar est parfaitement révélateur, Israël s’est rendu compte de son erreur.

– Autre signe à la fois de faiblesse mais en même temps de volonté israélienne de ne pas alimenter la violence, le changement de parcours de la marche de Jérusalem grâce aux pressions américaines. Mais la mécanique infernale était lancée.
A l’extrême limite, il n’était pas vraiment relevant de savoir qui l’avait lancée. Les hésitations, voix de la sagesse, sont parfois bien mauvaise conseillère. Bismarck écrivit ainsi : « Dans l’époque singulière ou nous vivons, le fort est faible par son hésitation et le faible est fort par son audace »

– Trop d’Histoire pour si peu de Géographie
– Trop d’humiliations d’un côté pour trop d’assurances dues à un hybris chaque jour plus conséquent et plus conquérant qui pousse Netanyahu à oser chaque fois davantage des initiatives qui ne peuvent que mettre de l’huile sur le feu ; humiliations et assurances qui se nourrissent , on ne peut plus classiquement, mutuellement.
– Trop d’espoirs déçus, y compris du point de vue israélien dont l’ADN séminal est codé par un esprit de paix.
– Des élections palestiniennes annulées
– Un gouvernement israélien qui n’en finit pas d’être en sursis dirigé par un Netanyahu mis en accusation pour corruption et autres motifs et autres « peccadilles » ; ce qui laissait accroire au Hamas que la route était libre pour frapper à nouveau des civils.
– Dernière coïncidence : le changement de présidence aux Etats-Unis.                    
– Enfin Netanyahu qui pour sauver son poste et ne pas risquer la prison n’a pas hésité à faire rentrer à la Knesset, et pour le soutenir, des partis de la droite la plus extrême, la plus, xénophobe prête à piétiner les bases de la démocratie et dont la haine des palestiniens n’a d’égale que la haine des juifs par les Palestiniens.
– Pour être juste une corruption endémique chez les Palestiniens, y compris Mahmoud Abbas, dont la légitimité est évanescente depuis tant d’années.        
Cumulée à cet état de fait, la fin du Ramadan après une période de confinement lié à la COVID-19 qui a mis à mal, comme dans le monde entier, les populations.


Les causes et les leçons immarcescibles

Avant que d’aborder les vraies causes et les vraies responsabilités de cette éruption de violence, il nous semble juste de vider deux querelles.
Oui le Hamas est enraciné dans la culture du terrorisme (forcément aveugle.) La bête immonde est consubstantielle au Hamas. Et Israël a parfaitement raison de le stigmatiser et bien entendu de se défendre comme il l’entend.

Mais il est permis, aussi, de se demander s’il est le seul. Car il faudra nommer les agissements tout aussi immondes de la Russie qui a froidement abattu un avion venant des Pays Bas et volant au-dessus de l’Ukraine et qui était rempli de civils, femmes, hommes et enfants. L’URSS procéda de la même façon avec le vol de la Korean Airlines.
En Ukraine les scrupules n’ont pas empêché les Maskisrovska de s’attaquer aux enfants. Il y a à peine quinze jours, des troupes à la solde du gouvernement congolais ont fait passer de vie à trépas une centaine de civils congolais.
Le boucher désosseur Mohammed ben Salman – aussi surnommé Mohammed Bone Saw, chouchou de Trump et Netanyahu, n’a pas hésité non plus à découper à la scie un civil journaliste innocent. À ce propos l’on a point vu Netanyahu se répandre en protestations. Il est même intervenu pour sauver la mise à MBS auprès d’un Trump hilare.
Parfois un peu de dignité ne messied point !

Netanyahu, qui a parfaitement raison de dénoncer les agissements barbares et contraire à toutes les conventions internationales du Hamas n’a pas réagi lors du crime d’un civil innocent. Pascal ne disait-il pas : « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà. »

L’on pourrait ajouter à cette triste énumération qui n’a rien d’un inventaire à la Prévert, le bombardement de Dresde par les alliés dont la justification militaire n’a toujours pas été démontrée. 
Toutes les armées du monde, à un moment ou un autre, finissent toujours par commettre de telles bavures. Sauf qu’à la différence du Hamas, elles sont tout sauf pourpensées. Qu’il est loin le temps d’Azincourt !

Nous serons les premiers à nous féliciter lorsque l’on fera la guerre en dentelle et ballerines.
Napoléon disait d’ailleurs : « If you want to take Vienna, then take Vienna. » Notons pour être complet que le code militaire d’Israël, rédigé par le Professeur Assa Kacher,- un tel nom ne s’invente pas- est probablement le plus moral au monde.

Eliminons un autre point entendu maintes et maintes fois. D’aucuns mentionnent, ad nauseam, qu’Israël ne respecterait pas la proportionnalité, la preuve étant le faible nombre de victimes du côté israélien.
L’argument serait du dernier comique si la situation n’était pas dramatique. D’abord parce que la règle de la proportionnalité dans la guerre a été inventée par les Hébreux dans le livre de Josué.
Mais surtout parce que nous avons du mal à comprendre comment définir le ratio ? En nombre de blessés ? De tués ? De dommages matériels ? De pourcentage de la population ? Ensuite comment mesurer l’efficacité des frappes ?
Rappelons aussi que la technique de bombardement israélien sur Gaza opère en tenant compte- y compris au risque de ses propres pertes- du maximum de précautions. D’abord en envoyant des SMS d’alerte, puis selon la technique du « second knocking ». La première bombe pour juste perforer le toit de l’immeuble visé et laisser le temps aux habitants de s’enfuir, la seconde bombe : à la fin de l’envoi je touche. A notre connaissance, il est possible que l’armée du Liechtenstein pratique aussi de la sorte.

En outre cela revient à reprocher à la partie israélienne d’avoir mieux réussi à se défendre que le Hamas. En somme ce serait la prime au mauvais élève !
 Compte tenu du contexte et de l’histoire du, Hamas l’on peut aussi s’interroger sur le critère de la proportionnalité.
Si Israël n’eût point été protégé par Dôme de fer. En fait une analyse plus fine est à notre disposition. On peut dire que non seulement les frappes israéliennes furent proportionnelles, mais nous affirmons qu’elles ont sauvé des dizaines de milliers de Palestiniens.

Considérons que la mission sacramentelle de tout Etat est la protection de ses nationaux, Dôme de fer n’eusse-t-il point existé, il eut fallu, pour sauver des vies israéliennes, rentrer dans Gaza. Le nombre de palestiniens civils tués eût été alors de plusieurs dizaines de milliers. A un niveau infra, Dôme de fer est sur ce point et ce point seulement, l’équivalent de l’armement nucléaire !

Il ne serait donc pas tout à fait illégitime de s’attendre à un remerciement de la population palestinienne dont Dôme de fer a finalement sauvé des dizaines de milliers de vies.
Mais encore une fois tous les arguments développés n’ont qu’une importance relative au vu des vraies responsabilités, des vraies causes et des conséquences qui ne manqueront pas de survenir à la différence des intifadas précédentes.

En 14, les Poilus furent, joyeux et naïfs, de pouvoir croire qu’il s’agissait de la der des ders. C’est grâce à ce rêve qu’ils allèrent à la guerre la fleur au fusil.
Le Hamas, l’AP et les principaux acteurs qui comptent sur la scène mondiale ont compris que les pressions- maximales- sur Israël ne pouvaient aboutir.

Ce que l’on peut qualifier d’écrasante défaite militaire du Hamas mais de victoire politique montre mêmement- cette fois-ci- l’impossibilité symétrique pour Israël d’éradiquer définitivement et non pas temporairement le Hamas.
C’est peut-être la première leçon à retenir.
Il est à espérer que ce non possumus, ce win-win, ou plutôt ce loose-loose, permettent d’en tirer les conséquences. Il n’aura échappé à personne que le Hamas- bien qu’écrasé militairement- est cette fois-ci encore plus fort et une fois de plus a trompé la vigilance israélienne. Que la réussite militaire du Hamas soit finalement ridiculement faible ne change rien à l’affaire.

Au Moyen-Orient après les intifadas de 2006- 2008-2009, 2012, 2014 l’on ne voit pas en quoi, ni pourquoi 2021 serait la « der des der » malgré les accords mort-nés du « Deal of the century », que The Economist- journal libéral par excellence- avait nommé « The Steal of the Century », suivi des Accords d’Abraham.
« L’intifada » de 2021 ne ressemble en rien aux précédentes. Ce sont même ses différences qui la caractérisent. C’est en effet la première fois que le soutien des arabes israéliens est aussi manifeste et qu’il se conjugue avec celui des Palestiniens en Cisjordanie.
C’est la deuxième leçon.
D’abord parce que cette « intifada » combine le front extérieur à celui de l’intérieur. Ensuite parce que le nombre de roquettes tirées par le Hamas, leur précision, leur range- ainsi du missile Ayash- surclassent tout ce que le Hamas avait aligné auparavant.

Pourtant en 2014 après l’exceptionnelle prouesse d’avoir détruit les tunnels qui avaient échappé à la précellence israélienne, le Hamas cette fois-ci, encore plus fort qu’en 2014, a une fois de plus trompé la vigilance israélienne, et leurs tunnels reviennent sur le dessous de la scène. Certes et heureusement Dôme de fer et les Patriots ont un taux d’interception voisin de plus de 90 pour 100.

Mais c’est précisément la troisième leçon à en tirer. Qu’en sera-t-il lorsque le Hamas en lancera 10000 voire 20000 simultanément. Les Israéliens avaient détruit tous les tunnels, qui déjà les avaient surpris. Le Hamas a construit- en toute confidentialité et en toute impunité- le métro qui lui aussi a été détruit. Y aura-t- il un RER dans 5 ans ?

Dans le binôme- parfaitement dyadique- défense et attaque finissent toujours par se passer le relais. Chacun assurant alternativement comme une horloge de précision, la course en tête. Parallèlement à ce que nous pourrions nommer la conurbation des menaces s’ajoute l’entrée en lice d’un troisième acteur : l’extrême droite israélienne. Bien entendu nous ne la mettons pas sur le même rang que l’entrée en lice de la population arabe israélienne.
C’est la quatrième leçon.

De véritables actes de pogroms se sont déroulés à l’encontre de synagogues accompagnés de nombreux lynchages de citoyens juifs. Dans la psyché israélienne, le 20 janvier 42 et Wannsee ne sont jamais loin. Lors de ses navettes Kissinger avait su ne point l’oublier et l’expliquer à ses interlocuteurs arabes.
C’est la cinquième leçon.

Ce terme n’est pas neutre. Il a été utilisé par le Président de l’Etat d’Israël qui à la différence de Netanyahu est un vrai et impeccable démocrate, un véritable humaniste, parfaitement respectueux de l’Etat de Droit.

Pour la première fois dans l’histoire d’Israël, des juifs hyper nationalistes, racistes, xénophobes ont également commis un ou deux lynchages et quelques rares passages à tabac de citoyens arabes israéliens. Mais nous ne saurions mettre cela sur le même plan car le nombre des actes commis par ces extrémistes juifs est infiniment moins fréquent. Pour autant ils ont existé et s’inscrivent à la hausse.

Netanyahu a eu beau les stigmatiser dans un discours d’une très grande noblesse, il n’en porte pas moins une responsabilité certaine. C’est lui qui en effet, pour conserver son poste de Premier ministre, et éviter une éventuelle condamnation à la prison, a ouvert la porte de la Knesset aux partis Kahanistes ouvertement racistes.
Les scènes de vandalisme se sont multipliées des deux côtés. Elles se calmeront bien entendu très vite, n’en doutons point, elles ont d’ailleurs déjà amorcé leur décrue des deux côtés et ont fait place à des démonstrations de solidarité qui ne peuvent qu’éjouir les hommes de Paix.

Rappelons, et ce fût tout à l’honneur du gouvernement israélien de l’époque , que Begin et Shamir sortaient ostensiblement de la Knesset lorsque Meïr Kahane prenait la parole.

Pour autant elles laisseront des traces très profondes au sein de la société israélienne qui avait réussi malgré tout à être le pays dans la région où les différentes populations coexistaient le plus harmonieusement.
Certes il y eut sous l’influence de Netanyahu des accrocs comme l’abandon de l’arabe comme langue officielle. Netanyahu a voulu prévoir un statut spécial pour les Bédouins qui, avec une très grande dignité, ont refusé ce statut spécial. Dans son dernier livre Samy Cohen professeur à Sciences-Po rappelle :
« Certes les libertés des citoyens sont préservées, mais tous ne sont pas égaux en droit, les juifs le sont plus que les arabes. Sécularisation et affirmation de l’identité religieuse s’opposent frontalement … C’est Israël, enfin la seule démocratie au monde qui depuis plus d’un demi-siècle soumet un autre peuple à sa domination, exerçant un contrôle sans partage sur plus de deux millions et demi de palestiniens. »2
« Nombreux sont ceux qui, au sommet de l’Etat se sont inquiétés de cette récente évolution. En avril 2016, le numéro deux de la hiérarchie militaire, le général Yair Golan, invitait ses compatriotes à un examen de conscience, dénonçant publiquement « les processus nauséabonds qui se sont déroulés en Europe, et plus particulièrement en Allemagne, il y a soixante-dix, quatre-vingts ans quatre-vingt-dix ans pour réapparaître parmi nous. » A son tour le Président de l’état, Reuven Rivlin, membre du Likud en octobre 2017, mettait en garde le gouvernement contre ces tentatives de saper les « piliers » de la démocratie que sont la Presse et la Cour Suprême, des propos qui témoignent de la gravité de la situation. » 3

Après et pourquoi cette brusque aggravation de la violence ?
L’on serait tenté de dire : Quid novi ? Quid novi ? Précisément rien ! C’est parce qu’il ne s’est absolument rien passé depuis les accords d’Oslo assassinés par le meurtre de Rabin, qu’il n’y a eu absolument aucun progrès. C’est précisément parce qu’il ne s’est rien passé depuis « Bordure Protectrice » de 2014 qu’il ne s’est rien passé, qu’il n’y a eu aucun progrès que le Hamas s’est cru en mesure d’imposer ses vues.

Giora Eiland, ancien Major-Général de Tsahal et surtout ancien Directeur du Conseil National de Sécurité d’Israël a ainsi déclaré lors d’un interview au Crisis Group en critiquant le gouvernement : «  having “kept the status quo for fifteen years. The state is evading other options. It is not even discussing other strategies. They are in default mode”.

Non erat is est locus de rechercher les responsabilités. Peu importe.
Les guerres n’éclatent pas toujours subitement. Elles éclatent comme l’écrivait Margaret Atwood : « Wars happen because the ones who start them think they can win. »

Or précisément ces tirs de roquettes du Hamas ont éclaté parce qu’il pensait pouvoir gagner non pas militairement – encore que, pour le Hamas, tout mort d’un enfant israélien représente pour lui, une victoire digne d’éloges, mais parce que le déclenchement de nouvelles hostilités, était porteur per se de victoire militaire. Certes même les plus barbares des terroristes palestiniens ou les moins instruits ne rêvent même pas ou plus  d’une victoire sur le terrain. Cela n’est pas neutre.
C’est la sixième leçon. Un simple meurtre est déjà pour eux une victoire. Il n’empêche, la puissance du Hamas est de très loin aujourd’hui plus forte qu’elle ne fût jamais auparavant.
C’est la septième leçon.
C’est aussi une des leçons que les militaires israéliens doivent méditer. Comment après avoir anéanti à plusieurs reprises la puissance militaire et les tunnels du Hamas, Israël n’a pas vu venir la menace.
C’est la huitième leçon.

Cela prouve une chose, l’on aura beau se livrer à chaque fois à une Schlachtmaterial, le problème demeurera entier. Les Israéliens auront juste réussi à acheter et gagner du temps, ce qui est reconnaissons-le un gain tout de même fort appréciable.
Appréciable et condition nécessaire mais non suffisante pour refroidir durablement le conflit. Car l’on ne voit pas de simili-règlement politique sans règlement militaire. Mais symétriquement, il ne saurait y avoir un même refroidissement du conflit sans inclure un minimum de paramètres politiques. Ces bombardements meurtriers mettent tout le monde en face des réalités et de leurs responsabilités.

Tels des châteaux de cartes, les rêves s’écroulent.

Ou bien Israéliens et Palestiniens comprennent que sans des concessions douloureuses comme, Arik Sharon, eût le courage de le dire et surtout de les exécuter, ou bien la situation ne pourra que se cristalliser.
Sharon qui fut un général génial , un Premier ministre remarquable, un visionnaire hors de pair, et un vrai démocrate. Il eût le courage de déserter son dogme idéologique pour affronter la dure mais nécessaire réalité et fût en définitive un Homme de Paix.
Arik Sharon, tout comme Ehud Barak, furent en définitive le prototype de l’Homme d’Etat qui privilégie le Verantwortungsethic au Gesinnungsethic.  

Denis Charbit dans son livre remarquable en tout point a ainsi écrit :             «… Rabin, Sharon ou Barak sont-ils pour autant prisonniers de leur habitus ? Si leur formation militaire les a souvent conduits à recourir à la force pour débloquer une situation, ils ont été tous capables de transgresser les tabous idéologiques et les idées fixes du consensus dominant en Israël. Affaire de tempérament ou inclination pour la surprise tactique et stratégique, ils se sont résolus à franchir le Rubicon lorsqu’ils l’ont estimé nécessaire. Yitzhak Rabin en proclamant  la reconnaissance de l’OLP considéré jusque-là comme une organisation terroriste et en se lançant dans le processus d’Oslo ; Ehud Barak en décrétant en 2000 le retrait intégral des forces israéliennes après 18 ans de présence au Sud-Liban, puis en préconisant la partition de Jérusalem dans le cadre d’un traité de paix ; enfin Ariel Sharon en opérant en 2005 le retrait de la bande de Gaza occupée par Tsahal depuis 1967 et le démantèlement des implantations dont il avait approuvé et orchestré l’édification. » 4
Malheureusement, les Palestiniens n’eurent point le courage d’adopter la même attitude. Remarquons que cette intifada, quoique le terme soit cette fois-ci impropre, ne met pas en avant les accroches habituelles par le Hamas.

Neuvième leçon.
Pour la première fois, les échanges de prisonniers ainsi que des allègements du blocus ne figurent pas en haut de l’agenda. Quoique le Hamas a aussi émis l’idée- saugrenue -de demander à Israël d’évacuer sans conditions un certain nombre de barrières, de territoires à Jérusalem-Est ainsi que des forces de l’ordre.
Le Hamas a centré, cette fois-ci, ses revendications essentiellement autour de Jérusalem, comme pour montrer sa centralité au sein du monde arabe, son caractère immarcescible quand bien même sa symbolique semble avoir été relâchée au sein de la Ligue Arabe.

Ou bien l’on continue de s’enfoncer dans l’éternel cycle de la violence dans une historicisation imbécile. Il est tellement plus facile de choisir cette dernière solution. Elle rencontre un certain écho car cette crise a démontré, ad nauseam, des deux côtés la présence d’une jeunesse extrémisée, profitant de la perte d’autorité des pouvoirs publics.

Tant en Israël – même si dans une moindre mesure- les élections à répétition, montrent un pays fracturé et un Premier ministre qui n’en finit pas de s’accrocher au pouvoir pour des raisons qui n’ont pas toutes à voir avec l’intérêt public, et en Palestine, une autorité totalement corrompue qui a oublié jusqu’à la signification du mot « élection », à Gaza une autorité ayant peur du mot « paix » et jamais rassasiée du sang versé et préférant vivre des subsides qataris.
Cette dernière solution est également celle qui convient le mieux à l’extrême droite israélienne, portée pour des intérêts électoraux sur les fronts baptismaux par Netanyahu.
Extrême droite dont un des deux leaders, Itamar Ben Gvir, – l’autre ne valant pas mieux- n’hésite pas à déambuler dans tous les points chauds de la ville et à vociférer avec la foule : « mort aux Arabes ».

L’autre différence est le dilemme qui se présente à Israël. Oui il est possible de rentrer à Gaza comme cela fut si souvent le cas. Mais auparavant, les Israéliens après avoir fait le job, après avoir « mowing the grass » repartaient.
Cette fois-ci ce ne semble pas être une option. Ce serait la deuxième mort de Sharon.
C’est la dixième leçon.

Cela nous amène à la question du cessez-le feu. Il y a là en effet un léger problème de logique. On ne comprend pas en vertu de quoi le Hamas aurait le droit de déclencher des hostilités et prétendre ensuite avoir le droit de les stopper net, lorsqu’il estime soit les avoir remportées, empêchant l’autre de récupérer son bien ; soit les avoir perdues et ne pas s’exposer à un juste courroux et à une peine visant à réparer les meurtrissures. Il y a là un problème de simple logique qui heurte notre esprit.

Sur le plan moral nous ne serions pas non plus véritablement choqués par une opération terrestre à Gaza, chirurgicale ou pas.
Seulement il y a un tout petit caillou dans la chaussure. Premièrement, il n’est pas sûr qu’Israël repartirait cette fois-ci aussi facilement et aussi rapidement. Car Israël devra prévoir en son charroi une quantité impressionnante de sacs plastiques pour les corps des soldats morts au champ d’honneur. Il n’est pas totalement sûr que la population israélienne y soit prête cette fois-ci. En Israël le prix, ne fût-ce que d’une seule vie, est sacré.

Notons en outre que contrairement à la légende Netanyahu est tout sauf un va-t-en-guerre, le statu quo lui convient beaucoup trop.
Il y a beaucoup plus grave et infiniment plus inquiétant que les roquettes du Hamas dont finalement Israël viendra- facilement mais douloureusement- à bout. Douloureusement car même si Israël prévient les habitants qu’il va bombarder les immeubles où se trouvent mêmement des terroristes, l’ADN israélien ne comporte pas la volonté de tuer des civils. Facilement car c’est une promenade de santé pour l’armée israélienne d’éliminer un nombre conséquent- mais pas tous- de ces terroristes.

Vouloir annexer des territoires ; oui sans aucun problème, tuer des civils non ! Payer le prix de la Paix, c’est-à-dire rendre des territoires : non ; massacrer des enfants jamais !

Mais ce qui est encore plus inquiétant, c’est la jonction entre les arabes israéliens et les arabes vivant en Cisjordanie occupée et le Hamas. C’est plus qu’un simple rapprochement tactique, cela dénote une intelligence, une solidarité réelle. Au- delà de l’idéologie, une connivence émotionnelle !
Lequel Hamas a une fois de plus voté Netanyahu. En outre et c’est un de ses principaux gains politiques, il a définitivement pris le pas sur l’Autorité Palestinienne. D’une certaine façon, paradoxalement, cela peut aussi contribuer à débloquer la situation.

Certes l’on peut estimer, en se livrant à une extrapolation des votes arabes en Israël et à une comparaison des votes séparatistes et indépendantistes dans le monde, qu’environ 30 pour 100 de la population arabe se solidarise davantage avec ses frères musulmans qu’avec ses concitoyens Israéliens. Et probablement plus au vu des élections israéliennes.

Comment pourrait-il en être autrement dès lors que Netanyahu Premier Ministre appelait les électeurs juifs en Israël à voter au motif que des « hordes d’arabes allaient voter par bus entiers »
Comment pourrait-il en être autrement alors qu’il y avait jusqu’aux avant- dernières élections un large consensus- sauf à gauche – pour refuser aux arabes le droit d’entrer dans un gouvernement. La très grande leçon, peut-être la plus conséquente et la plus catastrophique est cette fracture. Car c’est la fracture du rêve sioniste. Qu’on en juge avec le discours prononcé par Ben Gourion lors de la déclaration d’Indépendance.
« L’ETAT D’ISRAEL sera ouvert à l’immigration des juifs de tous les pays où ils sont dispersés; il développera le pays au bénéfice de tous ses habitants; il sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix enseignés par les prophètes d’Israël; il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe; il garantira la pleine liberté de conscience, de culte, d’éducation et de culture; il assurera la sauvegarde et l’inviolabilité des Lieux saints et des sanctuaires de toutes les religions et respectera les principes de la Charte des Nations » unies. »

La droite israélienne voulait croire et faire accroire à cette déclaration pour étouffer le problème palestinien. Si en effet l’on véhiculait l’image d’arabes israéliens parfaitement intégrés, même s’il y en a de très nombreux et qui font partie de l’élite notamment médicale, dès lors la virulence des revendications palestiniennes étaient reléguées au rang de simples revendications territoriales, de querelles dépassées et qui n’avaient plus lieu d’être.

Exit le problème palestinien ! Le problème palestinien et Jérusalem, de simples prétextes à une cause qui avait disparu puisque les Palestiniens étant désormais parfaitement heureux en Israël, il n’y avait plus lieu d’accéder à leur demande d’un Etat indépendant.
La meilleure preuve étant le nombre impressionnant de médecins, pharmaciens, soignant, virgules ou autres professions libérales sans distinction aucune entre citoyens israéliens juifs et israéliens arabes. Cette israélisanisation des arabes a aussi occulté la tendance opposée.
Nous nous permettons de conseiller à Netanyahu de relire Trotsky qui disait : » Si tu ne t’intéresses pas à la guerre, la guerre s’intéressera à toi. »

S’il est vrai qu’un nombre conséquent d’arabes sont intégrés et parfaitement intégrés au sein de la société israélienne, la majorité d’entre eux vote cependant pour des listes arabes, qui reconnaissons-le aussi, ne manifestent pas toutes un soutien effréné envers l’Etat d’Israël.
Cette proportion ira- hélas- vraisemblablement grandissante à l’avenir. En tout cas si rien ne bouge.
C’est précisément cela que l’attaque du Hamas a voulu faire voler en éclats. Le but politique du Hamas était de supplanter totalement la représentativité de l’Autorité Palestinienne puis dans un second temps son autorité. Enfin faire voler en éclats l’harmonie qui pouvait exister avec l’Etat d’Israël, créer un front intérieur et surtout se faire passer pour le héros de Jérusalem. Dernière étape devenir le- seul- héraut de la cause palestinienne.

Il semble que si le Hamas s’est fait- comme à l’accoutumée- étriller militairement, il a par contre – comme à l’accoutumée- infligé une cuisante défaite politique à Israël.
L’on peut oser une comparaison : les défaites militaires palestiniennes sont parfaitement gémellaires des défaites politiques d’Israël. Ce jeu à somme nulle n’est pas près hélas de disparaître.

Israël a une fois de plus acheté- dans le meilleur des cas – cinq de relative tranquillité ; c’est le temps que les généraux israéliens estiment nécessaire pour reconstituer leurs forces après que Tsahal a « ramené à l’âge de pierre » le Hamas.

Certes nous ne croyons absolument pas à une guerre civile. Cette nouvelle intifada a juste profondément élargi une béance qui mettra des années, voire des dizaines d’années à se refermer.
L’on avait commencé à évoquer, tout récemment, la possibilité d’une participation arabe gouvernementale en Israël, elle ne semble plus d’actualité. Et elle ne semble plus d’actualité car une fois de plus, un mouvement terroriste s’est montré objectivement, volens nolens, le meilleur allié de Netanyahu.
Le Hamas a voté Netanyahu qui objectivement ne peut que se réjouir du timing qui le remet en selle pour rester Premier ministre. Pour la coalition hétéroclite gauche-centre et centre droit et droite, il sera effectivement, désormais, difficile de vendre l’idée à la majorité du corps électoral israélien que des arabes peuvent rentrer dans un gouvernement d’union.
Quand bien même l’on a assisté à d’innombrables scènes de fraternité.
Durant la seconde Guerre Mondiale, les Américains avaient interné les Japonais dans des camps. Episode nauséabond, dû à la couleur de leur peau car ils étaient parfaitement loyaux aux Etats-Unis. Cela reste une tache indélébile dans la psyché américaine !
Il est plus que probable que le même phénomène adviendra en Israël.
C’est dommageable non seulement sur le plan de l’efficacité sociale, mais surtout cela entache l’image du pays qui demeure la seule démocratie multiconfessionnelle de la région malgré ses imperfections.

Qui est le responsable?

Pour le coup et last but not the least, il faut bien trouver un responsable, un coupable de ce désastre, afin que les mêmes erreurs ne se reproduisent.
Le Général de Gaulle s’exclama lors d’une conférence de presse cultissime:   « La politique de la France ne se fait pas à la corbeille »
Au Moyen-Orient les espoirs de Paix furent massacrés à Washington ; Trump et consorts en sont les responsables.
Le délicieux Sir Winston Churchill eût un jour cette savoureuse formule :      
« Foster Dulles is the only case I know of a bull who carries his china shop with him. »

Nous avons passé en revue de très nombreux facteurs, ils sont tous justes ; aucun n’emporte cependant notre adhésion pleine et entière.
Et pourtant il y a un responsable que nous avons nommé dans notre titre.
Car le vrai responsable, c’est Donald Trump !

Nous savons avec Karl von Clausewitz qu’il y a trois moyens de terminer une guerre.

– Soit une victoire totale de l’adversaire qui lui permet de « vorschreiben » (dicter) imposer et  ses conditions de paix ou de reddition, ce qui n’autorise que rarement un règlement équilibré et souvent prépare une nouvelle guerre,

– soit la fatigue des adversaires, aucun des deux n’ayant pu imposer sa volonté,

– soit la médiation d’une tierce partie par la persuasion ou par différents dédommagements, sanctions ou pressions. L’on gardera ainsi en mémoire la fameuse consigne donnée par Kissinger à son envoyé spécial au Vietnam, le chargeant d’informer Thieu, que s’il ne se montrait pas plus coopératif, il lui enverrait personnellement son point dans la …

La quasi-totalité des progrès intervenus dans la région furent conclus sous le parrainage américain. Après avoir évincé les Soviétiques, Henry Kissinger fut le seul capable d’être le « Honest Broker ».
Le verrou soviétique ayant sauté grâce à la maestria de Kissinger, il fut le seul crédible et le seul dispensateur d’armes, de finances, et de sécurité. Le Traité de Paix avec l’Égypte, puis avec le Jordanie, Oslo ne furent rendus possible que grâce à l’exceptionnelle vision, à l’époustouflante intelligence de Kissinger.
Mais sa prouesse ne pût s’accomplir que parce que les deux parties avaient une confiance absolue en lui, en sa capacité à imposer ses propres idées qui leur semblaient sinon justes du moins acceptables.

C’est tout cet édifice que Trump a littéralement saccagé et fait voler en éclats. Et saccagé pour s’assurer le soutien de ses électeurs évangélistes. Chez Trump il n’y a pas de petit dividende. Sa première erreur fut de ne pas savoir ce qu’il voulait et ce que cela signifiait. Ainsi il n’hésita pas à déclarer en conférence de presse : « I am looking at two states, and one state, and i like the one that both parties like. »

Pour aggraver la chose, il tint cette phrase débile, en compagnie de Benjamin Netanyahu, comme s’il débitait un menu au buffet d’une gare. Comment a-t- il donc pu et comment a- t-il pu escompter une seule seconde qu’Arabes et Palestiniens eussent pu accepter une seule seconde de le voir- tel le factotum de Netanyahu – être aussi méprisant.
Reconnaître Jérusalem comme capitale et y installer son ambassade, même si pour une fois il prit la précaution de ne pas mentionner Jérusalem -Est pouvait se révéler un bon levier ; à condition d’exiger quelque chose en échange !
Il n’y a pas de repas gratuit en ce bas monde !

Cela eût juste pour effet de braquer les Palestiniens qui, soyons honnêtes, désertent, eux aussi, chaque jour davantage leur ancienne voire éphémère volonté de paix.
Comme si cela ne suffisait point, Trump se piqua de reconnaitre la souveraineté israélienne sur le Golan, toujours sans contrepartie.

Nous avons maints chapîtres vu ; aucun traité- Versailles mis à part- n’atteignit le degré de stupidité du « Deal of the Century » que The Economist, journal libéral s’il en est, appela « The Steal of the Century ».
L’on ne voit pas ce que cela apportait comme solution sauf à gonfler leurs égos et l’assise électorale de Netanyahu et Trump. La mort en fausses couches du deal en fut la meilleure preuve.
Cocteau n’avait d’ailleurs-t-il pas dit : « Le drame de notre temps c’est que la bêtise se soit mise à penser. » Ce « Steal of the Century » était voué à l’échec pour la conditionnalité qu’il imposait à la Palestine et à elle seule. En effet, une des clauses imposait une reconnaissance immédiate d’Israël par la Palestine, ce qui semble la moindre des choses, mais la reconnaissance d’un Etat Palestinien était subordonnée à l’absence totale d’actes terroristes pendant un certain nombre d’années, ce qui est aussi tout à fait normal.

Or si Israël n’a pas réussi lui-même à les éliminer, comment demander à un Etat naissant, donc faible, de réussir là où Israël a échoué alors que des mouvements encore plus extrémistes continuaient à sévir.
Mais surtout la clause de la limitation des réfugiés- non pas en Israël- était un affront à la fierté palestinienne et ne pouvait qu’entraîner un refus. Pour que les choses soient claires, il ne saurait être question d’accepter le retour de réfugiés en Israël. Mais le problème est différent en ce qui concerne le futur Etat Palestinien.

Qu’on en juge.
« The Israeli-Palestinian Peace Agreement shall provide for a complete end and release of any and all claims relating to refugee or immigration status. There shall be no right of return by, or absorption of, any Palestinian refugee into the State of Israel.”
“This plan envisions three options for Palestinian refugees seeking a permanent place of residence:
      Absorption into the State of Palestine (subject to the limitations provided below);
     Local integration in current host countries (subject to those countries consent).

     Or the acceptance of 5,000 refugees each year, for up to ten years (50,000 total refugees), in individual Organization of Islamic Cooperation member countries who agree to participate in Palestinian refugee resettlement (subject to those individual countries’ agreement).”

“It must be stressed that many Palestinian refugees in the Middle East come from war torn countries, such as Syria and Lebanon that are extremely hostile toward the State of Israel. To address this concern, a committee of Israelis and Palestinians will be formed to address this issue and to resolve outstanding disputes over the entry in the State of Palestine of Palestinian refugees from any location. The rights of Palestinian refugees to immigrate to the State of Palestine shall be limited in accordance with agreed security arrangements.” 4

       
Giscard d’Estaing, dans un de ses très rares accès de bêtise, condamna à Venise les efforts courageux et conjugués de Menachem Begin et Anouar El Sadate. Giscard avait tort et se montra en dessous de tout.

Mais les Accords d’Abraham sont d’une tout autre eau, ne serait-ce que parce que les Palestiniens qui sont quand même le nœud du problème brillent par leur absence.
Le plan Allon, baptisé Peau de Léopard, avait prévu de façon extrêmement judicieuse non seulement la démilitarisation de l’Etat Palestinien mais la présence de bases israéliennes dans cet Etat ; ce qui n’a rien de choquant car il s’agit là de quelque chose de parfaitement logique et naturel compte tenu du passé des différents pays arabes.


Bis repetita : les Accords d’Abraham ! Certes on a pu croire que cela serait un début. Et il aurait pu l’être ! Mais surement pas avec cette rédaction et ses oublis.
Il n’aura échappé à personne la nature sanglante du conflit ayant opposé les Emirats Arabes Unis, Bahreïn ou le Maroc à Israël. Tout le monde a gardé en mémoire la terre d’Israël ou celle du Sinaï ou les territoires de ces pays jonchés de cadavres de leurs citoyens. C’est en tout cas la vision que devait avoir Trump pour tenir des propos aussi dithyrambiques.

Certes, ces accords auraient pu être une base de travail pour amener les Etats des Accords d’Abraham, à servir de go-between pour inciter- même fortement- les Palestiniens à un minimum de réflexion mais en étant rassurés par leurs frères arabes et musulmans quant au sort d’un Etat Palestinien viable.
Ces mêmes Etats auraient pu alors faire-symétriquement et simultanément- pression aussi sur Israël comme un Ambassadeur de la Ligue Arabe nous l’a personnellement confié. Tout pouvait permettre cette confiance et donc conduire peu à peu les Palestiniens à davantage de raison.
Certains ont pu penser que l’officialisation des liens économiques et semi-officiels qui jalonnaient auparavant leurs relations eussent pu entraîner un règlement. Et certes, cela a boosté les relations entre les deux parties.

Las, ce calcul s’est avéré faux. L’on voit d’ailleurs la fragilité de ces accords au vu des réactions à tout le moins diverses des Etats du Golfe et du Maroc.
Les UAE ont, suite aux évènements, menacé de dénoncer certains points des accords. Et pourtant, les UAE sont l’Etat où la pression de la rue est la moins prégnante.
Même l’Egypte qui est un des grands vainqueurs de ce conflit- Sissi étant redevenu nécessaire à Washington- a ainsi déclaré : « its total rejection and condemnation of these oppressive Israeli practices. »

Ces accords apparaissent désormais beaucoup plus fragiles qu’ils ne promettaient. Mais un peu de connaissances historiques et de réflexion le laissaient présager. Car parfaitement déséquilibrés et surtout ne traitant pas le cœur du réacteur : la Palestine et les Palestiniens.
Nous pensons au contraire que les Accords d’Abraham tels qu’ils furent conçus et en ne s’attaquant qu’à des aspects totalement secondaires et périphériques au conflit ne pouvaient qu’entrainer à terme une aggravation de la conflictualité.

Il fallait une ignorance abyssale de l’histoire, de la psychologie des individus et des Etats, et les Palestiniens ne font pas exception, pour oublier l’avertissement de Raymond Aron : « Ceux qui croient que les peuples suivront leurs intérêts plutôt que leurs passions n’ont rien compris au XXe siècle. »
Il fallait aussi une bonne dose d’optimisme pour croire que les Palestiniens se réveilleraient en doux agneaux au pays de Disney World et se disent : même nos bailleurs de fonds se désintéressent de nous, nous n’avons donc plus que d’autre choix que de nous rendre à Canossa, ou que les membres de la Ligue Arabe soient suffisamment agacés par notre refus de négocier, et profondément énervés par notre terrorisme qui ne peut qu’entraver leur propre croissance.

Bien au contraire ! Il eût suffi de relire Dominique Moïsi dans son maître livre : « Trop de peur, trop d’humiliations, pas assez d’espoir, c’est la plus dangereuse de toutes les combinaisons possibles, celle qui mènerait à la plus grande instabilité, à la plus grande à la plus forte tension. » 5
En ayant concocté ses deux plans Trump, n’a fait qu’exciter la haine et le courroux palestiniens qui -de toute façon- ne demandaient qu’à exploser.

Aller vers la paix demande une maturité politique que les Palestiniens n’ont pas ; le Hamas les ayant endoctrinés et encalminés dans la violence et Israël leur ayant ôté l’espoir. Egypte et Jordanie qui étaient des pays du champ de bataille furent deux brillantes exceptions. Mais ces deux pays ne purent le démontrer que parce que la querelle territoriale, mère de toutes les querelles, fût vidée.
Pour autant, les autres pays du Golfe restent des guerriers d’opérette.
Cette intifada administre la leçon primale : quoi qu’en disent, Israéliens et Palestiniens, ce conflit est d’abord et avant tout et le restera- on ne peut plus classiquement- un conflit territorial- que les deux parties habillent et déguisent des atours de la religion et de l’Histoire.

Les Accords d’Abraham, sont non pas les seuls, mais bien les principaux responsables du nouveau cycle de violence. Mais la haine, mais le désespoir ! Car ces deux facteurs palestiniens n’auraient pas non plus suffi, à eux seuls.
Du côté israélien, nous rappelons une nouvelle fois que Netanyahu n’est pas un va-t-en-guerre. Cela a son importance. Rabin, Olmert, Barak Sharon n’auraient jamais toléré voir leur pays et des civils israéliens frappés sans réagir plus vite et plus fort car ils connaissaient leurs limites et leurs possibilités.

Il n’est même pas sûr que Netanyahu ait réellement souhaité l’annexion des territoires. Mais Trump la lui ayant offerte, il lui était difficile de se montrer moins trumpiste que Trump. Cette flagornerie- il suffit de relire les mots qu’il prononça devant lui à cette occasion, montrent amplement sa nouvelle disposition !
Ainsi une semaine avant les élections de Septembre 2020, Netanyahu, revenant son discours à l’Université de Bar-Ilan où il se déclarait en faveur d’un Etat Palestinien- déclare lors d’une intervention à la télévision son intention d’annexer la vallée du Jourdin et chaque colonie de la West Bank.

Relisons pour nous en imprégner ce que Thucydide nous a appris : « C’est ainsi que tout à l’heure heureuse fortune qui était alors la leur, les Athéniens entendaient ne plus rencontrer aucun obstacle. La faute en était aux succès imprévisibles qu’ils connaissaient dans tant de cas et qui prêtaient de la force à leurs espérances. » 7

Trump a donc plongé les Palestiniens dans le désespoir tandis qu’il droguait Netanyahu dans un fol hybris lui permettant de se croire le représentant intouchable de Dieu sur terre. Tout n’était pas forcément inepte dans cet accord, pour autant on le voit, tant au Maroc qu’en Jordanie ou aux Émirats Arabes Unis, ce plan se fissure déjà avec des critiques publiques.

Pour autant les bases institutionnelles et conséquences de ces accords, les institutionnelles sont suffisamment ancrées pour qu’ils demeurent quitte à perdre de leur intensité et de leur symbolique.
L’on se rappellera pourtant que les accords avec l’Égypte et la Jordanie qui étaient autrement plus importants et véritablement stratégiques, que ces Accords d’opérette, fonctionnent toujours.
Ils souffrent cependant aux yeux de Netanyahu du défaut majeur de ne pas avoir été signés par lui-même. Que Shimon Pères ait effectué un premier voyage au Qatar est passé à la trappe dans le narratif de la droite israélienne. Certes les trompettes ne résonnaient pas aussi fort qu’avec celles de Netanyahu. Il n’empêche les relations avec le Qatar furent annulées ainsi qu’avec d’autres Etats.


Notons une ultime remarque.

L’Iran tant de fois présenté comme le Cavalier de l’Apocalypse n’a pas véritablement autorisé le Hezbollah à rentrer dans la danse des roquettes du Hamas. Juste trois petits tours et puis s’en vont. Ce qui ne veut pas dire que la situation ne peut se détériorer aussi sur ce front. Cela semble cependant peu probable.
C’est la onzième leçon qu’il faudra retenir de ce conflit. C’est peut-être la leçon capitale ! Mais c’est celle qui n’arrange- politiquement- véritablement ni Israël ni le Hamas et l’Autorité Palestinienne. Leçon que l’on rapprochera des nouveaux pourparlers entre l’Iran et l’Arabie saoudite ou entre l’Égypte et la Turquie.

Nous n’aurons pas la prétention d’esquisser, hic et nunc, une quelconque solution.
Qu’il nous soit permis d’adresser en toute humilité quelques remarques en guise de miscellanées.
Notre première recommandation s’adresse à Netanyahu.
« L’épaisseur d’une muraille compte moins que la volonté de la franchir. » 6
Notre deuxième recommandation est pour le Hamas.
« Point de ces longs discours qui ne provoquent que le scepticisme. Et nous comptons bien que de votre côté, vous ne tenterez pas de nous convaincre en nous disant que vous n’êtes pas entrés en guerre aux côtés de Sparte, bien que votre cité fût une colonie lacédémonienne, ou que vous ne nous avez jamais causé le moindre préjudice. Ne cherchez à obtenir que ce qui est possible, compte tenu des véritables intentions de chacun. Vous savez aussi bien que nous que, dans le monde des hommes, les arguments de droit n’ont de poids que dans la mesure où les adversaires en présence disposent de moyens de contrainte équivalents et que, si tel n’est pas le cas, les plus forts tirent tout le parti possible de leur puissance, tandis que les plus faibles n’ont qu’à s’incliner. »  7

Nous adressons mêmement aux deux protagonistes l’avertissement de celui qui fût un des plus grands Hommes d’Etat : Otto von Bismarck :
« Il faut savoir agripper les pans du manteau de l’Histoire lorsque celui-ci nous fait la grâce de passer à portée de main. »

 Tout Etat a besoin de trois éléments dans son narratif : Phobos, Kerdos, Doxa. Aucune solution ne sera trouvée tant qu’Israël et les Palestiniens ne découpleront pas les problèmes sécuritaires des problèmes idéologiques ou religieux.

C’est la seule condition pour qu’aucun Etat ne reste paralysé par la peur. Le messie n’étant pas encore descendu sur terre- en tout cas pas à notre connaissance- nous nous permettons de donner un seul conseil aux deux belligérants : sortez Dieu de la région, vous pourrez alors découpler en toute quiétude les problèmes sécuritaires des problèmes idéologico-religieux.

Israël sera alors en droit de réclamer le maximum de sécurité, qu’il jugera et qu’il jugera seul, nécessaire et d’être le maître des horloges de ces mesures, et les Palestiniens seraient alors- symétriquement- en droit d’obtenir le maximum de territoire pour un Etat viable.
Nous prenons toutefois la précaution de rappeler le théorème de Jervis: Le maximum de sécurité pour l’Etat A entraine le maximum d’insécurité pour l’Etat B.

Rien ne sert de rentrer la tête sous terre, et tel un volapuk parler de paix si l’on ne regarde pas la dure réalité des faits. Il n’y aura pas de règlement de paix si Israël n’est pas entouré par des Palestiniens non hostiles et pour cela obligatoirement désarmés ; mais Israël n’aura la paix que si les Palestiniens retrouvent au moins un quartier de Jérusalem-Est pour y établir leur capitale.
Pour arriver à ce résultat Israël doit impérativement restaurer sa force de dissuasion, mais sa déterrence depuis les accords de Paix avec l’Égypte n’a plus jamais été menacée.
Un bon accord est celui ou les deux parties sont également insatisfaites.

Qu’il nous soit permis de rappeler Platon : « Dieu voulant réconcilier les deux ennemis et ne pouvant y réussir les y attacha tous les deux par leurs extrémités. »
Tout le mal que nous souhaitons aux deux belligérants est qu’il ne les y attache pas au sein du même Etat. Ce serait la fin du rêve israélien, d’un Etat juif et démocratique ouvert à tous mais en respectant le rêve sioniste tel que posé par Ben Gourion dans la déclaration d’Indépendance. Que vienne, ce rêve à se briser, ce serait la fin du seul Etat démocratique de la région. Ce serait fort dommage.

Le temps presse. Souvenons-nous du si beau vert prémonitoire de Virgile :
« La porte du noir Pluton est ouvert nuit et jour mais revenir à la lumière du jour, c’est là le pénible effort, la durée épreuve. »

Abba Ebban, remarquable  ministre des Affaires Etrangères d’Israël énonça il y a fort longtemps cette pensée forte et profondément vraie à l’époque : « Les Arabes n’ont jamais raté une occasion de rater la Paix » Il est tout sauf sur qu’il puisse la formuler de façon aussi unilatérale aujourd’hui !
Le temps passe et il est fort probable qu’hélas une fois de plus le Prince de Salinas aura raison.
Leo Keller
Neuilly le 18/05/2021



Notes

1 propos tenus à André Fontaine par Henry Kissinger
2 Samy Cohen Israël une démocratie fragile
3 Ibid
4 Denis Charbit in Israël et ses paradoxes p 99
5 Dominique Moïsi in Géopolitique des émotions
6 Thucydide in La Guerre du Péloponnèse
7 Thucydide in Dialogue des Méliens in la guerre du Péloponnèse page 1097 La Pléiade
4 State Department text

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :