Vous avez aimé Saïgon, vous adorerez Kaboul. par Leo Keller

Vous avez aimé Saigon, vous adorerez Kaboul.
Par Léo Keller . 17/08/2021
 

L’indignation et la compassion pour des hommes et des femmes condamnés à une exécution sommaire, à la torture et à la privation des droits les plus élémentaires sont hélas des sentiments parmi les plus répandus au monde.
Certes le monde, dit libre, accueillera avec parcimonie-peut être moins que d’habitude-des pauvres hères nouveaux damnés de la terre – dont on ne sait combien mourront en cours d’exil.

« The Melians made this reply, and the Athenians, just as they were breaking off the discussion,said:‘Well, at any rate, judging from this decision of yours, you seem to us quite unique in your ability to consider the future as something more certain than what is before your eyes, and to see uncertainties as realities, simply because you would like them to be so.” 1

« Point de ces longs discours qui ne provoquent  que le scepticisme. Et nous comptons bien que de votre côté, vous ne tenterez pas de nous convaincre en nous disant que vous n’êtes pas entrés en guerre aux côtés de Sparte, bien que votre cité fût une colonie lacédémonienne, ou que vous ne nous avez jamais causé le moindre préjudice. Ne cherchez à obtenir que ce qui est possible, compte tenu des véritables intentions de chacun. Vous savez aussi bien que nous que, dans le monde des hommes, les arguments de droit n’ont de poids que dans la mesure où les adversaires en présence disposent de moyens de contrainte équivalents et que, si tel n’est pas le cas, les plus forts tirent tout le parti possible de leur puissance, tandis que les plus faibles n’ont qu’à s’incliner. » 2


Utinam ! Rerum cognoscere causas !

Eussions-nous été le Conseiller à la Sécurité de Bush Junior, nous lui eussions dit qu’il commettait une erreur fondée sur des raisons justes.
Eussions-nous été le Conseiller à la Sécurité de Trump, ce qu’à Dieu ne plaise, nous lui eussions dit qu’il prenait une décision somme toute logique sur le fond mais pour de fort mauvaises raisons et on ne peut plus mal préparées, comme à son habitude. Mais enfin pour reprendre le mot si savoureux d’Elie Barnavi : « S’il y a bien une chose dont on ne peut accuser Trump, c’est la cohérence intellectuelle. »
Il suffisait de relire la Guerre du Péloponnèse de Thucydide pour comprendre que cette entreprise était, ab ovo, vouée à l’échec.
Plus près de nous, Machiavel aurait pu nous éviter un tel désastre : « Le comble de la folie et de hasarder un combat ou sans se servir de toutes ses forces on expose toute sa fortune ».

Certes les américains et leurs alliés n’ont reculé devant aucune débauche technologique d’armements les plus sophistiqués.
C’est beaucoup et c’est peu. Car il manquait dans leur anima ce que Clausewitz appelle le Ziel et le Zweck (le but de guerre et le but dans la guerre) qui ne firent jamais défaut chez leurs adversaires aussi appelés : les gueux des temps modernes.
Car les gueux ont, d’une façon ou d’une autre, défait le Kriegsverfassung américain.
Il a manqué et cruellement manqué aux américains d’aller en Afghanistan sans établir un distinguo clair entre ces deux notions si chères à Clausewitz.
Tâchons donc simplement 48 heures après la chute de Kaboul de dégager quelques enseignements pour l’avenir.

Le 15 août 2021 marque une date charnière. Ce n’est pas tant la défaite la plus humiliante de l’histoire des Etats-Unis, le naufrage de l’OTAN ou la désillusion européenne qui nous interpellent.
C’est la véritable et irréfragable affirmation- urbi et orbi- de l’émergence sur la scène géopolitique et peut-être surtout militaire de la puissance chinoise et accessoirement -certes dans une moindre mesure de ses deux vassaux : la Russie et l’Iran.
Date fondatrice, quand bien même cette expression est- tout autant que le mot Munich- si souvent galvaudée. Car plus qu’une défaite américaine ou occidentale, peu importe le terme utilisé, et l’on peut argumenter s’il s’agit d’une défaite militaire ou politique, c’est une éclatante victoire chinoise qui vient de se jouer dans un blitzkrieg low- cost.
Si les Chinois et les Russes n’ont guère condamné les talibans, ils se sont cependant bien gardé de jouer un remake de la piste Ho-Chi Minh.
Le résultat est là : le drapeau américain a été piteusement plié à Kaboul. Cela nous semble un critère objectif suffisant.
Low-cost car elle n’aura pas suscité des efforts colossaux de la Chine. Juste de la patience et de l’intelligence !
Victoire éclatante car elle s’appuie sur le vieux principe de Sun Tzu: «  Celui qui sait quand il faut combattre et quand il ne le faut pas sera victorieux ».
« Mais au cours d’un conflit, il est des cas où ceux qui ont pour eux le nombre ou c’est quoi ont pour le nombre ne peuvent pas attaquer une poignée d’hommes, et d’autres ou le faible peut avoir raison du fort. Celui qui est capable d’agir sur cette sorte de circonstances sera victorieux ».
 3
Car les seuls à n’avoir pas réellement condamné- sauf pour la forme qui en dit cependant long sur la stratégie chinoise future- ce sont les Chinois et les Russes.
Trois ambassades sont restées ouvertes durant la fuite éperdue de Kaboul : Chine, Russie et Pakistan.
Laissons de côté les routes de la soie. Ce ne sont pas les 76 km de frontière sino-afghane qui importent, mais bien la constitution d’un véritable glacis de vassaux allant jusqu’à l’Iran et entourant également l’Inde, peut être la principale rivale inspirant avec le Quad, de la crainte à la Chine.
Car soyons clairs, révolutionnaires ou pas, islamistes ou pas, tortionnaires barbares ou pas, les talibans version 2021 auront besoin d’alliés.
Si les occidentaux ne couperont pas- bien entendu – tous les ponts, ne serait-ce que pour gérer les problèmes des réfugiés, il n’y aura pas foule des représentations étrangères à la grande messede la Mosquée de Kaboul.
Citons à cet égard le mot si juste de Gérard Araud qui devrait nous indiquer la voie médiane à suivre. « Je savais que la diplomatie, c’était parler au diable, mais rien ne m’obligerait jamais à dire que le diable était un ange ». 4
Les Droits de l’Homme et accessoirement de la Femme n’étouffent pas les talibans, ils n’encombrent guère plus le Parti communiste Chinois. Et Xi-Ji Ping ne les a jamais érigé en gonfalon.

Bénéficier du parapluie chinois est peut-être une garantie mais elle se paye à fort deniers et se monnayera au prix fort. Henry Kissinger avait formulé de façon étincelante, comme à l’accoutumé, la problématique des alliances: « Dans les systèmes d’alliances, les membres les plus faibles ont de bonnes raisons de croire que le plus puissant a un intérêt primordial à les défendre ; il s’ensuit qu’ils n’éprouvent plus le besoin de s’assurer de son appui en souscrivant à sa politique ». 5.
Superbe formulation à la réserve près, que cela ne s’applique pas lorsqu’il s’agit de la Chine. Le nouveau gouvernement taliban s’en rendra très vite compte. Il sera juste là variable d’ajustement de la Chine. Ses tentacules terroristes et barbares séviront à volonté, et ad nauseam, à l’intérieur du pays et à l’encontre de sa population. Les éployer à l’étranger relèvera de leur utilité et de leur seule utilité pour la Chine. En somme de l’autre côté de la frontière, l’Afghanistan sera l’équivalent de ce qu’est la Corée du Nord pour la Chine. Ni plus , ni moins. Au jeu du Weqi qui est la version chinoise du jeu de Go, on déplace et retourne les pions à volonté.
En quelque sorte, c’est la répétition du Traité de Gandamak entre la Grande-Bretagne et l’Afghanistan en 1879 qui permit à la Grande-Bretagne de diriger la politique extérieure de l’Afghanistan mais ne put entamer sa souveraineté interne.
La Chine y veillera de façon impérieuse, elle ne tolérera aucun mouvement terroriste qui pourrait inspirer ses propres minorités islamistes et musulmanes ou menacer son soft power mondial ou ses assets soyeux.
A Beijing, on goûte fort peu l’aventurisme et le sens de l’humour n’est pas la qualité la plus répandue dans la Cité Interdite. Gain collatéral avec l’Afghanistan, la Chine ouvre une frontière avec le Turkménistan l’Ouzbékistan et le Tadjikistan. A Beijing, il n’y a pas de petits profits.


Le cas de la Russie sera particulièrement intéressant à analyser.
Ecartelée entre sa haine et sa peur réelle des mouvements terroristes- du moins lorsqu’elle est elle- même leur cible, car à l’étranger l’affaire est différente, et sa quasi-alliance avec la Chine, elle devra choisir -rapidement et sans équivoque.
Beijing ne plaisante pas avec ce genre de questions.
Jusqu’à fort récemment, la Russie qualifiait les talibans de terroristes. La Russie avait même coopéré avec les Américains dans leur combat antiterroriste en Afghanistan. Mais gageons qu’il ne doit pas être si désagréable à Poutine d’infliger, par talibans interposés, une leçon aux Etats-Unis et tenter d’affaiblir Biden. Après tout, Brejnev regnante, les Russes se sont cassé les dents en Afghanistan ; leur défaite a aussi participé de l’implosion- certes ultérieure- de l’URSS. Il faudra cependant au margrave de Moscou une bonne dose de schizophrénie diplomatique au margrave de Moscou pour gérer et coopérer avec un pouvoir terroriste. Souvenons-nous de sa célèbre saillie prononcée après un attentat tchétchène en Russie : « On ira les (terroristes) buter jusque dans les chiottes ». II est vrai que le maître du Kremlin n’a jamais particulièrement apprécié le langage de la comtesse de Ségur qui était d’ailleurs d’ascendance russe. Gageons que Xi Jin Ping saura lui faire miroiter son intérêt. En outre, Russes et chinois partagent la même haine des USA.

Citons à cet égard Kissinger : « … Si la Russie n’a guère eu de peine à sacrifier les intérêts de ses alliés, on n’a pu la décider à sacrifier les siens ». 6

Les différences religieuses entre talibans sunnites et iraniens chiites -pour simplifier- car l’on a beaucoup instrumentalisé ces dissensus certes réels mais qui finissent bien souvent par s’effacer devant les impératifs de la Realpolitik, pèseront peu dans leur relation. Les contraintes géopolitiques, malgré des conflits d’intérêts parfois violents, pousseront à un modus vivendi.
Citons à cet égard les propos rapportés par Jean-Baptiste Jeangène Vilmer dans son remarquable livre : « Il ne s’agit pas de dire que les idées sont plus importantes que la puissance ou l’intérêt, ou qu’elles en sont indépendantes. La puissance et l’intérêt ne sont pas moins importants et déterminants qu’avant. Il s’agit de dire qu’ils ont les effets qu’ils ont en vertu des idées qui les font. Les explications basées sur la puissance et l’intérêt présupposent des idées, et dans cette mesure ne sont pas concurrentes des explications basées sur les idées ». 7  

On a comparé la chute de Kaboul à celle de Saigon.
Cette comparaison pour être séduisante nous semble à tout le moins exagérée sinon fausse. Donnons-nous la peine de survoler quelques chiffres. La guerre du Vietnam a duré environ quatorze ans dont dix de forte intensité, celle d’Afghanistan vingt ans. Au Vietnam, les américains ont perdu 57000 hommes, en Afghanistan moins de 2500. L’armée nord-vietnamienne se montait à 685000 hommes et était organisée en nombreuses divisions, l’armée des talibans même si elle est largement sous-estimée par les chiffres tant gouvernementaux qu’américains est de 35000 hommes.
L’armée nord-vietnamienne était commandée par de brillants généraux, au premier plan, Giap. L’armée nord-vietnamienne bénéficiait du soutien de « volontaires » chinois, les armes soviétiques- même lourdes- transitaient allégrement par la piste Hô-Chi-Minh. L’armée nord-vietnamienne et le Vietcong disposaient d’armements ultramodernes et de batteries antiaérienne SAM du dernier cri. Mac Cain fût d’ailleurs abattu par l’une d’entre elles. Rien de tout cela en Afghanistan.
La cause nord-vietnamienne bénéficiait d’un soutien mondial; celui du général de Gaulle lors de son discours de Pnohm-Penh n’étant pas le moindre. Last but not the least, les Etats-Unis avaient face à eux la menace soviétique et la menace chinoise  d’intervenir réellement dans le conflit ; ce fut d’ailleurs une des raisons de l’ouverture de kissinger en Chine puis en Russie. Mao avait d’ailleurs prévenu Kissinger qu’un rapprochement sino-américain ne diminuerait pas le soutien chinois au frère vietnamien.
En Afghanistan rien de tout cela n’a existé, la Chine n’a pas fourni de véritables armements ou de soutiens aux talibans; bien entendu elle ne les a pas dissuadés.
À Kaboul, les USA viennent de connaître leur plus humiliante défaite de toute leur histoire.
Ils en garderont les séquelles pendant de nombreuses années. La guerre du Vietnam a lourdement handicapé la diplomatie américaine durant de nombreuses années.
Est-ce à dire que nous allons assister à un remake de la théorie de la Domino Theory formulée par Eisenhower en 1954 dans un discours demeuré célèbre : « Finally, you have broader considerations that might follow what you would call the « falling domino » principle. You have a row of dominoes set up, you knock over the first one, and what will happen to the last one is the certainty that it will go over very quickly. So you could have a beginning of a disintegration that would have the most profound influences ».  
Ne rejoignons pas les Cassandre qui oublient que le communisme a implosé. Mais il est certain que la crédibilité et la déterrence américaine sortent profondément affaiblies de cette affaire.

Quoiqu’on en dise, ils ont été battus par un peuple uni. Uni dans sa volonté de lutte pour l’indépendance et uni car composé à plus de 75% de vietnamiens. En Afghanistan, le mot Etat n’a guère de sens. L’Afghanistan n’a jamais été un Etat unifié, il a toujours été ingourvenable pour toutes sortes de raisons.  L’Afghanistan est composé d’une multitude d’ethnies qui empêchent tout sentiment national au-delà de la tribu. Il n’a pas été aussi évident aux talibans de lutter sous commandement unifié. On connait le fameux mot du Maréchal Foch : « J’ai beaucoup moins d’admiration pour Napoléon depuis que j’ai commandé une coalition. »



La Ronde nuit de Rembrandt mettant en scène des bourgeois pacifiques ayant pour accessoire une simple épée contre des envahisseurs et la photo des guerilleros talibans armés jusqu’aux dents mais habillés en guenille dans le bureau présidentiel. Ces deux images résument à elles seules la raison principale de la défaite US qui au fond est la même qu’au Sud-Vietnam. Lorsqu’une population ne veut pas se battre pour sa survie et délègue à d’autres
cette fonction régalienne, elle finit toujours par se soumettre à l’agresseur.
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L’Afghanistan demeure le royaume des tribus. Le seul point commun entre les deux conflits est là corruption endémique et systémique qui règne dans les deux pays, même si le président Ghani n’était pas lui-même corrompu ; son gouvernement et son administration rétablissaient et au-delà la moyenne.
En Afghanistan, les talibans ne sont pas non plus en reste.
Le Nord-Vietnam n’avait pas besoin d’être corrompu, chinois et soviétiques étaient de fidèles et zélés donateurs.
Le Nord-Vietnam reposait sur une volonté d’indépendance et sur un système idéologique. L’implosion du communisme a eu pour conséquence de rapprocher les Nord-Vietnamiens des Américains. L’on a vu des porte-avions américains mouiller dans la célèbre base de Cam Ranh et se rapprocher du Quad. L’on voit mal les Américains revenir sur place, avant longtemps, en Afghanistan.

D’une certaine façon, la chute de Kaboul pointe la fin du solo de la Pax Americana en Asie. Mais l’acromégalie de l’expansion chinoise favorisera, comme en dialectique hégélienne, la résistance face à sa menace. Le groupe du Quad sera plus vigilant et plus virulent. Les Américains ont commis en Afghanistan toutes les fautes que les leçons d’un passé récent aurait pourtant pu et dû leur éviter.
Puisse cette leçon leur permettre de méditer ce qu’un orfèvre en la matière- Henry Kissinger, pour ne pas le nommer- écrivit : « En d’autres mots, la puissance ne se transforme plus automatiquement en influence. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut être impuissant pour être influent mais que puissance et influence ne sont plus automatiquement liées ».  8
Pour autant il n’est pas impossible que même le fils du ciel, Xi Ji Ping, ne soit pas à son tour, victime de l’hubrys. En Afghanistan, les américains ont quand même réussi à donner tort à Churchill qui disait : « Les américains après avoir essayé toutes les solutions finissent toujours par prendre la bonne décision».
Voltaire reprit à son compte la formule : « Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge ! »  S’il est un Etat qui va devoir très vite et très fortement méditer cette phrase et la débâcle américaine c’est hélas Taïwan.

Il est peut-être une conséquence que nous pouvons espérer après cette débâcle. L’Europe vient de comprendre- du moins espérons- nous que les Américains ne peuvent plus être le Deus ex Machina qu’ils ont été, pour notre salut ne l’oublions pas, pendant tant d’années. A nous d’en tirer les leçons et de nous doter enfin d’une véritable politique étrangère européenne et d’une véritable politique militaire que nous avons ratées avec la CED.

Leo keller
Deauville Le 17/08/2021

Notes
1 Thucydide in la Guerre du Péloponnèse
2 Thucydide Dialogue des Méliens in la guerre du Péloponnèse Thucydide page 1097 La Pléiade
3 Sun Tzu in l’Art de la Guerre
4 Gérard Araud in Passeport Diplomatique
5 Henry Kissinger in pour une nouvelle politique étrangère américaine P 56
6 Henry Kissinger in le Chemin de la Paix page 43  
7 Jean- Baptiste Jeangène Vilmer À. Wendt Social théory of international Politics In théories des relations internationales que sais je puf p 90
8 Henry Kissinger in pour une nouvelle politique étrangère américaine page 68

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