Un coup d’État, ça ?[1] : Les onze jours qui ébranlèrent l’URSS Par Eugène Berg

Un coup d’État, ça ?[1] : Les onze jours qui ébranlèrent l’URSS Par Eugène Berg

         En trois jours, en plein été, l’ URSS a connu également  ses «  Trois glorieuses «  qui ont sonné  le signal de sa disparition. À ce jour encore, il n’y a pas de récit partagé  sur le sens, le déroulement et les conséquences  de cet élément fondateur dont bien des  gestes se lisent en creux par rapport aux événements de 1917.

            Le processus de Novo -Ogarevo quelle Confédération pour l’URSS,

            Au printemps 1991, Mikhaïl Gorbatchev avança de nouvelles propositions, en accord avec Boris Eltsine, qui pourtant, le 21 février avait demandé sa démission dans un discours télévisé et la dissolution du Parlement fédéral. Ce dernier, voulant une pause perçut l’avantage tactique de coopérer son adversaire pour refonder l’Union des Républiques socialistes soviétiques dans une fédération rénovée, beaucoup plus lâche que la précédente , une sorte de Compromis austro-hongrois de 1867, qui avait ravaudé le vieil Empire des Habsbourg. En fait le succès de l’entreprise aurait supposé l’existence d’une Autriche et d’une Hongrie alors que dans le cas de l’URSS, la Russie écrasait les autres composantes de l’Union projetée. En réalité, Eltsine ne songeait qu’à accroître le pouvoir de la Russie, et de ce fait le sien propre dans le bras de fer qui l’opposait au maître du Kremlin,  depuis  sa   sortie  d’octobre 1987. Celui -ci présenta le traité, portant création de l’Union des États souverains comme une refondation de l’Union soviétique. Ce projet a donné lieu à l’unique référendum de l’histoire de l’URSS, tenu le 17 mars 1991 « Pensez-vous qu’il est essentiel de préserver l’URSS sous forme d’une fédération renouvelée de Républiques souveraines et égales où les droits et les libertés de chacun, quelle que soit la nationalité, seront pleinement garantis ? ». 76,4 % des électeurs répondent « oui » dans les neuf Républiques où eût lieu la consultation. En fait plutôt que de clarifier la situation, le référendum ajouta à la confusion, car chaque république l’organisa à sa manière, y ajoutant une question de son choix ?Six Républiques l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Moldavie, l’Arménie et la Géorgie, refusèrent tout simplement d’y participer. Mais la plupart organisèrent des sortes de référendums, sur l’indépendance du type « Êtes-vous pour un État lituanien , une république indépendante et démocratique ».Il y eut 84,4% de votants et 90,4% de oui , le 9 février. En Lettonie, où le président s’est fait prier pour recourir au sondage 87,6% de votants et 73,7% de oui le 3 mars. Le même jour, en Estonie, 82,8% de votants, , 77,8% de oui. 80% des Russes se prononcèrent pour l’élection de leur président au suffrage universel, tandis que 50% des Moscovites et des Léningradiens , qui deviendront vite des Saint – Pétersbourgeois, et 40% des Kiéviens souhaitaient le maintien de l’Union telle que proposée.

            Pour Gorbatchev: « Les États forment l’Union, jouissent pleinement du pouvoir politique afin de déterminer leur propre structure nationale, celle de l’État, et leur système voulu ». Cette fédération était toujours dotée d’un président fédéral, mais certaines compétences en matière de politique étrangère pouvaient être réglées au niveau des Républiques. Des sous-armées nationales auraient même pu être créées. On restait encore dans le flou artistique. Mais très vite les résultats ambigus de  ce  référendum furent éclipsés par la rapide et profonde détérioration de la situation économique et sociale. Les prix de détail augmentaient de 200 à 500% selon les produits alors que les salaires n’avaient été revalorisés que de 20 à 30%. Une vague de grève, beaucoup plus importante et plus politique, que celle de l’ été 1989, notamment dans les bassins houillers du Donbass, du Kouzbass et de Vorkouta, déferla à nouveau réclamant la démission de Gorbatchev, et du gouvernement fédéral, l’abolition de tous les privilèges, la suppression du KGB, la reconnaissance du droit à la propriété « pleine et entière » sur la terre, des élections libres, dans la cadre du multipartisme, le départ des organes du Parti des usines et ateliers. C’était tout l’acquis idéologique et politique, issu de la glorieuse révolution d’Octobre, qui était plus qu’ébranlé, mis à  bas, et ce, de la part de la classe ouvrière pourtant supposée porteuse de l’ avenir , celle pour et au nom de laquelle, la révolution avait été accomplie et pour l’avenir radieux de laquelle il avait été consenti ou plutôt imposé tant, tant de sacrifices ! Au mois d’avril, les grévistes dépassaient le million, aussi les entreprises passèrent sous juridiction républicaine, les attributions du Centre se réduisaient comme une peau de chagrin. Pourtant, dans le cadre de la lutte contre le sabotage économique et les autres infractions économiques et en vue de donner des gages aux conservateurs, réclamée depuis longtemps par des députés et des juristes, une loi portant sur les organes de la Sécurité d’État fut adoptée le 16 mai 1991. Elle définit le statut et les compétences du KGB. L’article 2 énonce les principaux domaines d’activité : 1) espionnage ; 2) contre-espionnage ; 3 informations (des organes d’État) sur les problèmes liés à la Sécurité d’État, à la défense ; 4) prévention, découverte et poursuite des infractions que le KGB a la charge d’instruire la lutte contre le terrorisme et le crime organisé ; 5) préservation des secrets d’État ; 6) protection des frontières. Selon Vadim Baratine, « les fonctions du KGB définies par cette loi étaient si étendues que le Comité lui-même présentait une menace pour la sécurité du pays, ce qui s’est manifesté lors du putsch ».[2]Le coup d’État organisé par les nostalgiques du stalinisme ne laissera guère le temps à cette loi de s’appliquer.

            C’est dans cette atmosphère tendue que Boris Eltsine accepta ,au terme  d’épiques controverses et volte-face ,d’approuver le 23 avril à Novo -Ogarevo,  du nom de la résidence du Secrétaire  général, la « Déclaration des 9 +1 » inaugurant une sorte de trêve avec Mikhaïl Gorbatchev. Mais les signataires ne désignaient pas les choses par les mêmes mots : là où Gorbatchev pensait à une Confédération, les autres à une Fédération plus ou moins lâche. Les États souverains deviendraient -ils des sujets de droit international, avec un siège à l’ONU, le droit d’ouvrir des ambassades, de contracter des traités ? À qui devait revenir la possession des ressources naturelles ? Qui percevrait les impôts fédéraux ? L’Ukraine fit savoir, en tout état de cause, qu’elle n ‘avaliserait pas le texte de l’Union avant d’avoir adopté sa Constitution. Pour les conservateurs tout ceci équivalait à la « braderie de la Patrie soviétique ». En fait le traité consacrait le transfert de l’essentiel des pouvoirs aux Républiques sans aucune garantie quant à la recomposition future de l’ Union -pour Anatoli Loukianov, le président du Soviet suprême, c’est clairement un marché de dupes et il va s’y opposer frontalement, lui, et les putschistes d’août. Car pour obtenir l’assentiment de Eltsine, Gorbatchev lui a promis, lors d’une communication devant demeurer absolument secrète, le 28 juillet  de se débarrasser des « vieux », ceux qui perpètrent le putsch, ainsi que les conservateurs les plus jeunes, comme Pavlov et Boldine. Or cette communication  est interceptée par le KGB et c’est ce qui incitera son chef Krioutchkov,  l’âme de la conjuration,  de passer aux actes. En fait dès le mois de juin, il y a une série de signaux prémonitoires et même une sorte de répétition générale. L’ accumulation de ces signaux conduit à s’interroger sur le manque apparent de discernement de la part de Gorbatchev et de son entourage. [3] Une des nombreuses taches obscures qui entoura ce drame.  N’  a-t-il pas lâché vingt ans après les événements,  lui l’homme de l’appareil : «  Dans quel pays vivions-nous lorsque les communications téléphoniques du chef de l’ État  sont écoutées ! »

            Le décret pris par Eltsine, le 20 juillet, fit déborder le vase : il supprimait les comités et cellules du Parti dans les entreprises et les administrations, ce qui entérinait  pourtant une situation déjà largement existante. La signature du traité Accord 9+1) instituant cette nouvelle Union, était prévue le 20 août 1991 et Gorbatchev, surmené depuis des mois, parti se reposer à Foros en Crimée et n’avait prévu que de revenir à Moscou ce jour. Ce fut là sa (plus )belle erreur !Car pendant ce temps, les conservateurs ,modernes Iago, cette âme damnée « magnifiée » par Shakespeare, dans Othello fourbissaient leurs armes. Le 23 juillet douze personnalités soviétiques importantes – principalement des cadres du Parti, mais pas de premier rang, le dirigeant de Soyouz ainsi que deux généraux – signèrent « Un mot au peuple » publié dans la presse, pour dénoncer avec véhémence le « malheur énorme et sans précédent » que s’était abattu sur la Mère Patrie, notre pays, le grand État qui nous a été confié par l »histoire, la nature et nos glorieux ancêtres » lequel « dépérit se fracture et sombre dans les ténèbres et l’oubli ».[4] Dès le 5 août le lendemain du départ de Mikhaïl Gorbatchev  les futurs conjurés se rencontrent dans une datcha du KGB.

Le Lac  des cygnes ouvre la scène

Le 19 août 1991, à 7 heures du matin, en voyant le Lac des cygnes sur leurs écrans de télévision, dans la version de Grigorovitch où Maïa Plissetskaïa, ballerine asoluta, avait dansé pour la première fois le 18 avril 1970,[5] les Soviétiques se rendent compte  immédiatement qu’un événement inhabituel s’est produit dans leur pays[6]. À 6h20 une dépêche de l’agence Tass fait savoir que Mikhaïl Gorbatchev,   dès la veille à 17 heures il  avait  été consigné  dans  sa résidence, est « incapable d’assumer ses fonctions pour des raisons de santé » et que conformément à l’article 127 §7  de la Constitution, que le vice -président Guennadi Inaïev[7] le remplace. À 7h15 un second communiqué annonce la création d’un comité d’État pour l’état d’urgence, composé  de huit apparatchiks du Parti, le ГКЧП GKTchP (GKTchepe) aussi les putschistes seront dénommés de guékatchépistes. Son chef n’est autre que le vice-président de l’URSS, Guennadi Ianaïev, qui s’ autoproclame Président de l’URSS par intérim, se référant à la maladie de Gorbatchev. Il est composé en outre du ministre de la Défense Dimitri Iazov, et de son  adjoint le général Verennikov[8] du colonel- général Vladimir Krioutchkov,[9] chef du KGB, qui se verrait bien dans le rôle d’un Jaruzelski, comme « sauveur de la patrie, Boris Pougo,[10] ministre de l’Intérieur, Valentin Pavlov[11], Premier ministre, de Lioukanov , président du Parlement, mais aussi de deux illustres inconnus :Vassili Starodoubtsev, président de l’Union  des paysans, organisation  fantoche pour superviser les kolkhozes et sovkhozes, et Alexandre Tiziakov, président de l’ Association des entreprises d’ État et  des sites industriels[12] tous ces « indésirables » dont Eltsine avait exigé le départ – d’où le soupçon émis à l’encontre de Gorbatchev, même par ses proches, qu’il aurait été de mèche avec les conjurés, ou qu’au moins informé de leurs intentions, [13]il les a laissé faire pour en tirer profit, ce qui s’avéra faux, bien que les conjurés n’ont cessé sur le moment et bien après à diffuser les poisons du doute . Tirant parti des vacances de Mikhaïl Gorbatchev sur les bords de la mer Noire, où il était arrivé le 4 août[14] ils veulent stopper la signature du traité d’Union prévue pour le 20 août, ils le disent dans une de leur déclaration : il s’agit de la consolider et non de la démanteler. Ces conservateurs soupçonnent en outre Gorbatchev de vouloir liquider le Parti communiste. D’ après un sondage 48% de la population et 70% des comités du Parti approuvèrent le putsch . En effet, le 14 août, Gorbatchev avait fait une crise de névrite radiculaire. Le 21 août, le Présidium du Soviet suprême de l’Union soviétique, sous la présidence du Parlement, adopte une résolution déclarant illégale la destitution de Gorbatchev de ses responsabilités et le transfert de ces dernières au Vice-Président[

 À 9h47 le porte -parole du Parlement de Moscou dénonce le coup d’État, qualifiant ses auteurs de « criminels d’ État », alors que 362 chars , dont la    deuxième division Tamanskaïa et 42 véhicules blindés, en tout quelque 4000 jeunes soldats, eux-mêmes stupéfaits, pénètrent dans la capitale 14 vieux chars T-54 conduits par des gamins effarés et sales, en tout 4000 militaires qui se demandent pourquoi les ordres les ont amenés en plein Moscou, alors qu’ils pensaient partir en manœuvre. En fait les organisateurs du coup d’État échouent sur toute la ligne . Avaient-ils lus Technique du coup  d’ État  de Curzio Malaparte ?Ils ne parviennent pas à bloquer le réseau téléphonique, ne contrôlent pas les points névralgiques, tous les organes de presse. Ils confient les opérations militaires à Moscou à Pavel Gratchev, commandant des forces terrestres aéroportées soviétiques, qui en fait n’était pas partisan du coup d’État. Aucun des hauts gradés militaires n’a d’ailleurs rejoint les putschistes, le général Gromov, avait insisté sur la nécessité de rétablir l’ordre, en juillet, se montre évasif, il en est de même pour le commandant de l’armée de l’air Chapochnikov, du chef d’état-major de l’armée Moïsseïev. Seul le général Kalinine, commandant de la région de Moscou s’engage  aux côtés des insurgés.

La résistance  s’organise à la Maison-Blanche

Au petit matin du 19, vers 6 heures, Boris Eltsine, revenu dans la nuit d’Alma Ata, où il a rencontré Nursultan Nazarbaïev, le futur président du Kazakhstan après avoir changé deux fois d’avion pour des raisons de sécurité, découvre que dans sa résidence d’ Arkhangelskoe, dont les communications n’ont pas été coupées, que toute l’élite de la « Russie » s’y trouve[15], le général Routskoï, le vice -président de Russie, qui passera juste après le putsch du grade de colonel au grade de général, Rouslan Khasboutalov, président par intérim du Soviet suprême, Ivan Silaev, chef du gouvernement, Guennadi Bourboulis,[16] le principal conseiller d’ Eltsine, Iouri Loujkov, vice -maire de Moscou, qui le deviendra maire jusqu’en 2010 et Anatoli Sobtchak, le maire de Leningrad -Saint Peterbourg, ancien professeur de droit de Vladimir Poutine. Compte tenu des délais pour se rendre du centre de Moscou à la ville d’ Arkhangelskoe , on a pu se demander s’ils n’y étaient pas depuis la veille. Étaient-ils au courant, car Eltsine disposait depuis des moins de réseaux d’informations au sein de l’armée, où il était très populaire, visitant fréquemment les casernes, et du KGB. Car dès 5 heures du matin les rédacteurs de la presse démocrate ont été bel et bien réveillés par des informateurs de l’équipe russe. L’équipe militaire du général Kobets, chargée du plan de résistance, dit plan X, convainc Eltsine et son staff de foncer à la Maison des Soviets, qui sera rebaptisée Maison-Blanche du fait de ses murs revêtus de marbre blanc, là sont les moyens de communication, les députés, les partisans, les électeurs. [17]Dès 8 heures du matin, Eltsine, dont les collaborateurs ont pu pénétrer les liaisons de l’armée – grâce à certains appuis extérieurs- a rédigé un Appel aux citoyens de Russie, dénonçant « le caractère illégal du coup d’État de droite, réactionnaire et anticonstitutionnel ». L’ écrasante majorité des militaires qui participent à l’opération ont voté pour Eltsine le 12 juin pour l’élection présidentielle. Boris Eltstine avait rendu visite à certaines unités engagées.[18] 100 000 personnes vont affluer à la Maison -Blanche siège du Parlement pour le protéger.

Dès le 18 au soir le téléphone de Gorbatchev à Foros est coupé,[19] il essaye les différents combinés, du premier jusqu’au cinquième, tous muets, puis le 19 il est  contraint de recevoir une délégation inattendue du GKTchepe- dont il ignore l’existence- qui s’efforce de le convaincre de transmettre ses pouvoirs à Ianaïev, d’instaurer, l’état de siège, puis de démissionner, ce qu’il refuse malgré leur insistance .[20]  Les putschistes, lui conseillent de se  reposer afin qu’ils  fassent le  « sale boulot » de restaurer l’ordre .On lui fit part que Eltsine a été arrêté, que la situation est incontrôlable à Moscou, et que face, au chaos, le seul élément de stabilité est le Comité d’ État pour l’état d’urgence. Gorbatchev refuse de signer et demande à ses interlocuteurs de déguerpir, tout en leur serrant la main. Les putschistes repartent avec la valise comportant les clefs du code nucléaire, qui fut entreposé à l’ état -major  sans que personne ne    s’en soucie outre -mesure.

 En fait il avait été tenu du déroulement des événements au moyen d’un petit poste de radio, en écoutant les émissions de la BBC internationale, et a même pu diffuser un message au monde, annonçant qu’il restait en bonne santé et pleinement conscient ! Un message qui  n’a  été diffusé qu’à la fin  des événements.

 Pendant ce temps sur les bords de la Moskova, des partisans d’Eltsine décident de stopper la colonne des blindés sur le pont Kalinine, un bus faisant office de barricade. Pourtant, de peur que les États -Unis n’agissent contre les putschistes, le ministre de la Défense Dmitri Iazov avait ordonné la mise en état d’alerte des forces stratégiques !  Il semblerait que l’ambassade des États -Unis, ait proposé d’ accueillir  Eltsine en cas  d’échec et que les putschistes aient également conversé  avec l’envoyé américain. Ayant échappé peut- être de peu à l’arrestation ( le fameux commando Alpha, du KGB avait été posté à sa résidence durant la nuit … en attente d’instructions ou est selon d’autres versions ,arrivé en retard),[21] Boris Eltsine, qui ,des fenêtres de la Maison-Blanche -un bâtiment  de 172 700 m2- a vu des Moscovites entourer des chars sans manifester de crainte, comme pour fraterniser, sort, et, juché sur un char T – 72 vert olive de la division Tamanskaïa, portant le numéro 110, construit  dans la  région  de Sverdlovsk, tout un symbole, harangue la foule.[22] Il dénonce ce coup « réactionnaire et anticonstitutionnel », et appelle à 11h 46 les Russes à la désobéissance civile et à la grève générale, une image qui fera le tour du monde. Le pays a trouvé son leader qui a pris conscience que ce putsch d’amateurs, peu sûrs d’eux,[23] au surplus tous, à l’exception de deux, ayant sombré dans l’alcoolisme, d’où le sobriquet de « putsch de la vodka » pouvait le servir en lui permettant d’engager le processus de légitimation de la Russie au profit de celle de l’URSS, qui se voyait vider de sa substance. Comment ne pas voir en  creux l’image de Lénine, revenu d’exil  le 16 avril à Petrograd qui  s’est hissé sur un véhicule blindé à la  gare de Finlande !100 000 personnes défilent à Leningrad. À Moscou ,50 000 manifestants bravent le couvre -feu décrété en fin de soirée   à partir  de 23 heures jusqu’à  5 heures du matin[24]. Un assaut  de la Maison-Blanche , où  se trouvait Rostropovitch,   a bien été envisagé le mardi 20 août mais du fait des défections     de responsables du  groupe Alpha, chargé de l’opération et  de la confusion  générale, l’ordre est  reporté. C’est  à la suite du décès des trois jeunes que l’assaut aurait été annulé. Aussi à 4 h30 , ordre est donné  de rentrer dans les casernes,  sans que l’on  sache exactement d’où est venu l’ordre.

 Larges  désapprobations internationales

Seuls Mouammar Kadhafi et Saddam Hussein approuvèrent le coup d’État. François Mitterrand , préoccupé de voir l’URSS éclater et se transformer en une Yougoslavie munie de têtes nucléaires a-t-il commis un faux pas en donnant l’impression, au lieu de le condamner d’une manière franche, qu’il prenait acte du coup de force et demandait même à ses auteurs de continuer le cours des réformes sous peine d’en subir les conséquences internationales ?[25] «. Comment oublier aussi que, vers 18 h 45, François Mitterrand avait fait diffuser un communiqué où il affirmait accorder une importance particulière à ce que la vie et la liberté de Gorbatchev et d’Eltsine soient garanties par « les nouveaux dirigeants de Moscou », manière détournée de reconnaître ces derniers ? On les jugera sur leurs actes, avait conclu l’Élysée, assez froidement »[26]. N’avait – il pas rapporté au Wall Street Journal en novembre 1989, peu après la chute du Mur cette confidence de Gorbatchev : « Le jour même de l’ annonce d’une réunification allemande, un communiqué en deux lignes révélera qu’un maréchal soviétique siège dans mon fauteuil » . Il n’était pas le seul à faire preuve de prudence devant une telle incertitude. Guy Spitaels, ministre d’État belge, qui fut président de l’Union des partis socialistes européens, et qui se trouvait à Moscou durant les événements partagea ce sentiment, qui rejoignait celui du gouvernement finlandais.[27] En fait son attitude fut plus nuancée comme en rend compte George Bush dans ses Mémoires. L’ayant appelé , après John Major, François Mitterrand lui confia : « Tout à fait d’accord ! Il ne faudrait pas donner l’impression que tout est perdu. Ce coup d’État pourrait échouer d’ici quelques jours ou quelques mois : il va à contre-courant de l’histoire, et il est très difficile d’imposer un régime ou de changer une nation par les armes. Ça ne marchera pas ! »On sait qu’une réelle amitié liait Mitterrand et Gorbatchev, fondée sur  des convictions solidement ancrées. « Au-delà de la nécessité d’amortir le choc de la réunification allemande, François Mitterrand et Mikhaïl Gorbatchev étaient en vérité unis par plusieurs convictions communes. L’un comme l’autre jugeaient réformable le système soviétique et cette certitude plongeait ses racines dans l’idée, elle aussi partagée par les deux hommes, d’une trahison de la conception originelle de la révolution russe. Venus d’horizons totalement différents, Mitterrand et Gorbatchev communiaient dans cette croyance. « François Mitterrand, confirme Pierre Morel, estimait que l’on pouvait réformer l’URSS en revenant aux sources . » Lors d’une conférence de presse commune tenue à Valladolid, le 24 octobre 1989, le chef de l’État avait d’ailleurs ouvertement développé cette idée : pour lui, socialistes et communistes procédaient d’un même tronc commun, l’histoire les avait séparés, sans doute pour longtemps, « mais, concluait-il, je ne pense pas que cela puisse aller jusqu’à ce que les peuples s’égarent au point de rejeter le meilleur de ce qu’ils ont reçu »[28]. C  ‘est d’ailleurs en  raison  de cette amitié que, Mikhaïl Gorbatchev  a eu  ses mots bienveillants: « Contrairement à ce que l’on a prétendu, je n’ai jamais déclaré par la suite que j’avais alors attendu en vain un coup de téléphone UN VENT MAUVAIS 693de François Mitterrand. J’étais en Crimée, complètement isolé. Comment aurais-je pu attendre une communication téléphonique ? Par mon intermédiaire, il est clair que certains journalistes français ont voulu régler des comptes avec Mitterrand. Après l’échec du putsch, j’ai souvent parlé de tout cela avec lui. La vérité est que tout s’est passé très vite. Le premier jour, il y avait de nombreuses incertitudes et beaucoup ont pensé qu’il fallait attendre avant de réagir. Ce fut l’attitude de François Mitterrand et c’est là qu’il s’est trompé. Il s’en est d’ailleurs rendu compte puisqu’il a donné instruction à son ambassadeur de se rendre à Moscou pour rencontrer le vice-président. Mais de sa part, il ne s’agissait pas d’une trahison. Je n’ai jamais eu de doute à cet égard. En parlant avec lui, j’ai compris qu’il avait compris qu’il s’était trompé. Ce sont des choses qui arrivent. Seul en cette circonstance, Felipe González a réagi avec vivacité en réveillant George Bush »[29]

Épilogue, le partage des dépouilles : Divinum est sedare dolorem

            Les proches de Gorbatchev n’ont pas manqué de critiquer son comportement à l’instar de Chevardnadze : « Quitter la capitale et abandonner le poste était évidemment une grossière erreur : cela relevait -il de l’inconscient ? » le lendemain son ex -principal conseiller Yakovlev s’exclama : Gorbatchev est coupable d’avoir amené au pouvoir cette équipe de traîtres. Il devra s’en expliquer . [30]Ces insinuations selon lesquelles Gorbatchev, aurait été au courant des tractations des putschistes se sont répandues dans la presse. Correspondent-elles à la réalité. Bertrand Dufourcq en doute : le traité d’Union devait être signé le 20 août, quel intérêt aurait-il eu à un coup d’État ?

            Quoi qu’il en soit, l’échec du putsch, devant la résistance populaire et celle de nombreuses unités militaires, consommée en début d’après-midi du 21 août, accéléra rapidement la décomposition de l’URSS .Le ministre de la Défense Dmitri Iazov ordonna aux soldats de rentrer vite dans leurs casernes.  

            Le 22 août Boris Pugo, se suicide avec son épouse, le 24, le maréchal Akhromeniev, le conseiller militaire de Gorbatchev, qui n’est arrivé  qu’après le putsch est trouvé pendu et il s’y est bizarrement pris à deux reprises. Certains s’interrogent sur cette énigme, comment un homme aussi honnête et respecté, qui possédait sa propre arme, ne l’a pas utilisé. Le 26 se sera le tour de Nikolaï Krouchina, en charge des finances du Comité central qui saute du 5 -ème étage de son appartement : suicide ou élimination ?[31] Les derniers conjurés sont envoyés en prison. Ils seront amnistiés dans les années 2000. Était-on en plein drame tchékhovien ?Dès ce 22, ce fut une journée russe, écrit Hélène Carrère d’Encausse. Un décret présidentiel interdit toute activité des organisations et partis politiques au sein des forces armées stationnant sur le territoire russe, le PC est directement visé. Une résolution du Soviet suprême proclame le drapeau à bande horizontale, blanche, bleue et rouge, apparu à la fin du XVII -ème siècle à l’occasion du lancement du premier navire de guerre russe, Orel (L’Aigle), comme nouvel emblème de la République fédérative de Russie, qui deviendra en décembre celui de la Fédération de Russie. La Russie éternelle est de retour qui sera bientôt suivie de la Sainte Russie.

            Le 23 août, Mikhaïl Gorbatchev, revenu de Crimée[32], accompagné par des membres de l’ équipe Eltsine, premier signe de sa perte de pouvoir, se rend au Soviet suprême de Russie et voulut signer un décret pour octroyer à Boris Eltsine la médaille de Héros de l’Union soviétique L’impétueux Boris. Eltsine refusa la plus haute distinction du pays : « Les héros sont sur les barricades »telle fut la réponse citée par la TV soviétique.[33] Geste pathétique : la médaille fut décernée à titre posthume aux trois jeunes gens qui étaient morts sous les chars en résistant à la tentative du coup d’État, enterrés le 24. Mais étaient-ils morts pour l’Union soviétique ? Gorbatchev affronte le Parlement russe. Alors qu’il est à la tribune, Boris Eltsine, l’interrompt, le force à lire un papier prouvant la connivence supposée du gouvernement avec les membres du Comité pour l’état d’urgence. Moment insoutenable pour Gorbatchev, puis Eltsine annonce pour « détendre l’atmosphère qu’il va signer, en tant que président de la Russie, un décret prévoyant la « suspension des activités du Parti communiste ». Gorbatchev, qui avait encore défendu le Parti blêmit : il a perdu définitivement la face. Eltsine suspend le Parti communiste soviétique, avant de l’interdire, le 6 novembre. L’ humiliation du 21 octobre 1987   est enfin  effacée.

Le 24 août. Gorbatchev démissionne de son poste de Secrétaire général du PCUS « Il ne m’est plus possible de remplir à l’avenir les fonctions de Secrétaire général » et demande au Comité central de s’autodissoudre ; ce même jour Eltsine reconnaît l’indépendance des pays baltes., trois jours plus tard ce fut le tour de l’Ukraine, de la Biélorussie, de la Moldavie, de l’Azerbaïdjan, de l’Ouzbékistan et du Kirghizstan.

Le 25 août tous les biens meubles et immeubles du PCUS et du PC de Russie sont déclarés propriété d’États de la RSFRS- République socialiste fédérative de Russie. Finalement le 26 août, le Parlement soviétique- le Soviet suprême, suspend les activités du PCUS et accepte de s’autodissoudre, laissant au Congrès des députés du peuple la responsabilité de mettre en place les nouvelles institutions.

Factum … fieri infectum non potest “  Ce qui est fait ne peut être non  fait

            Le sens de l’événement n’aura pas échappé aux observateurs les plus avertis : le père de la doctrine du containment George F. Kennan, âgé de quatre-vingt-sept ans commente : « Les événements de cette semaine sont plus importants que la Révolution russe de 1917. Pour la première fois depuis des siècles, les Russes ont décidé d’influer sur la manière dont ils seront gouvernés »[34] , commentaire livré à chaud au Figaro, le 26 août. Dans une interview au Monde, le 29 août Zbigniew Brzezinski donne son verdict : « L’URSS est finie » .[35]Selon lui la version optimiste est qu’elle parvienne à se transformer en une organisation confédérale de coopération économique et de sécurité, scénario qui ne s’est guère concrétisé par la suite… Pour l’ancien conseiller à la sécurité nationale, éminent soviétologue, le but des Occidentaux devrait être de créer « les conditions optimales devant permettre à Boris Eltsine d’être l »’Atatürk russe », le modernisateur de la Russie à l’heure du démembrement de l’empire soviétique, comme Mustafa Kemal le fut à l’heure du démantèlement de l’Empire ottoman. Le président Bush entérine cette vision, le 4 septembre, lorsqu’il déclare lors d’une réunion de cabinet que l’Union et les Républiques décideront chacune de leur sort. George Kennan fut le plus clairvoyant lorsque, forgeant en 1947 la doctrine de l’  » endiguement  » sur laquelle allait reposer pendant plus de quarante ans la stratégie de son pays, il écrivait :  » Une politique étrangère sage et adroite […] peut servir à convaincre les maîtres du Kremlin que leur grand dessein est futile et hors de portée et qu’en s’y accrochant ils n’ont aucune assurance de venir à bout de leurs propres difficultés et dilemmes […]. Qui peut dire avec assurance que la forte lumière qui brille du Kremlin sur les peuples insatisfaits du monde occidental n’est pas le puissant éclat d’une constellation déjà sur le déclin ? La possibilité demeure que la puissance soviétique porte en elle le germe de sa propre décadence « Kennan, qui avait été le témoin fasciné de la révolution d’Octobre, à laquelle il a consacré un livre superbe [36], est encore là pour assister à son effondrement. 

« Les «Cent jours » de Gorbatchev durèrent quatre mois et s’achevèrent comme un Waterloo sans panache, sans charges héroïques et sans garde qui meurt et ne se rend pas » ,commente Andreï Gratchev.[37] De fait les trois piliers du système, le Parti, l’armée et l’Union, se sont effondré l’été 1991 et vont être enterrés l’hiver suivant.[38] À ces trois piliers[39] il conviendrait d’en ajouter un quatrième constitué par le KGB, et les diverses structures de forces qui seront connues sous l’épithète des « silovikis » . Mais ce pilier s’est-il réellement brisé, en bloc ou ses morceaux divers n’ont-ils pas résisté au choc, pour former avec les nouveaux entrepreneurs, les cadres des Komsomols et autres rescapés de la nomenklatura, la nouvelle élite russe. Le Cabinet soviétique est remplacé par les hommes d’Eltsine. Le 25, celui -ci suspend les activités du PCUS, confisque ses biens[40]. La suspension sera transformée en dissolution le 6 novembre. Le Comité central est dissous, le KGB démantelé. Pour éviter un nouveau coup d’État, Gorbatchev le dissout, le 24 octobre ; son petit frère, le KGB de la Fédération de Russie (RSFSR) créé en mai, est remplacé le 26 novembre par l’Agence fédérale de sécurité, qui survivra jusqu’en 1992. De son côté, Boris Eltsine, transforme la PGU (la première direction générale du KGB -chargée de l’espionnage extérieur ) en TsSR ( Service central du renseignement, ancêtre direct du SVR, l’actuel Service de renseignement étranger de la Fédération de Russie , tandis que la VGU ( la direction générale du renseignement intérieur ) devient le FSB, le Service fédéral de sécurité. Dans ses Mémoires, le général Vadim Bakatine qui avait pris les rênes du KGB après le putsch se réjouit en parlant de « dépassement des traditions du tchékisme ». Rien n’est moins sûr conclut Andreï Kozovoi : tel le Phénix, le KGB ne va tarder à renaître de ses cendres.[41]

            Le 20 août la Lituanie reprend le contrôle de ses frontières, initiative qui ne provoque aucune réaction de Moscou, alors que les OMON,[42] luttaient il y a encore peu pour contrôler les misérables postes frontières. Le 21 août les pays baltes  se proclament indépendants. Le 24, c’est le tour de l’Ukraine. Puis le 6 septembre, un coup  d’ État renverse le gouvernement communiste  de la petite république autonome  de Tchétchénie -Ingouchie. Djokhar Doudaev, général  dd l’armée de l’air, le seul général tchétchène de l’armée soviétique est bien décidé à mener son pays sur la voie de l’indépendance… Mais pour le moment, l’heure était à la destruction du parti- État, processus difficile, voire périlleux, car celui -ci formait l’épine dorsale du pays, sa disparition pouvait se traduire par des vacances de pouvoir, le règne des diverses oligarchies, sinon les mafias locales, la montée des insécurités, avant que n’émerge une véritable société civile et que les institutions démocratiques ne s’implantent dans un pays qui n’en avait jamais connu. Tout le monde était bien conscient de l’inefficacité du système où « Celui qui décide, ne réponds de rien, celui qui répond n’a rien décidé ». Eltsine avait commencé à détruire ce beau système dès avant le putsch avec son décret du 20 juillet 1991 interdisant l’activité de tout parti sur les lieux du travail, il pensait en priorité aux cellules du Parti dans les administrations dans l’armée, au KGB, la plus dangereuse pour un pouvoir démocratique ; il est probable que ce décret a été un des motifs d’entrée en action des putschistes. Le nouveau ministre de la Défense, le maréchal Nikolaï Chapochnikov, âgé de 49 ans qui commandait jusque-là les forces aériennes soviétiques déclare qu’il lui faudrait remplacer « environ 80% « de l’état -major. [43] D’ ailleurs si les chefs militaires déplorent la dissolution de l’Empire ils ne sont pas tous unanimes, car d’autres ne dissimulent plus leur méfiance à l’égard d’une armée multiethnique devenant le champ clos de conflits nationaux, voire raciaux .Le 5 septembre, le Congrès des députés du peuple de l’URSS se saborde. Le 1er novembre, une réforme de la Constitution russe confère des pouvoirs renforcés au président .Mais il est bien tard . Le 1er novembre, une réforme de la Constitution russe accorde des pouvoirs renforcés au président. L’idée d’un Traité d’Union n’a pas tout


[1] Alain Faujas, 21 août 1991, Le Monde

[2] Nadine Marie -Schwartzenberg, Le KGB, Que Sais Je ? n° 2757 pp. 109 – 110

[3] Jerzy Reinhardt, Boris Eltsine ou le réveil russe, Stock ; 1992 p .353.

[4] Ian Kershaw, L’ AGE GLOBAL page 481

[5] BOLCHOI Confidentiel, Simon Morrisson Belfond, 2019, page 393

[6] Vers 6h20 du matin, une dépêche de l’ agence TASS annonce que Mikhail Gorbatchev est « incapable d’assumer ses fonctions pour des raisons de santé » 

[7] Amnistié en 1994, comme tous les autres putschistes, il est devenu consultant du Comité social des vétérans et des invalides du service  d’État.

[8] Le  seul insurgé à avoir refusé l’amnistie  a présidé l’ Association  des héros de l’Union soviétique.

[9] Né en 1924,il  est le 3e  secrétaire  de l’ ambassade soviétique en Hongrie, de 1955 à 1959 auprès de Youri Andropov.

[10] Patron du KGB de Lettonie, puis  ministre de l’Intérieur, prévoyant son arrestation, le 22 août, il se tire une balle dans la tête.

[11] Deviendra vice -président de l’Union  économique libre  de la Russie

[12] Andreï Kozovoï , La chute  de l’Union soviétique, 1982 – 1991, Tallandier, 2011, p.270.

[13] Les Américains, ainsi que le Mouvement pour les  réformes démocratiques l’ont averti de l’imminence d’un putsch, avertissement qu’il a balayé d’un revers de main.

[14] Dès le 18 au soir, son électricité et son téléphone sont coupés et comme pour la chute de Khrouchtchev, en octobre 1964, des navires patrouillent ostensiblement.

[15] Une des hypothèses, jamais prouvée, est que Boris Eltsine, via ses réseaux dans l’armée et le KGB aurait été mis au courant du « putsch », mais aurait laissé faire, voyant le profit qu’il pouvait en tirer cf. Jerzy Reinhardt, Boris Eltsine et le réveil russe, Stock, 1992 p.362.

[16] Qui qualifiera plus tard le putsch  de Tchernobyl politique

[17] Six années qui ont changé le monde, Hélène Carrère d’Encausse, Fayard, 2015, pp 241- 245.

[18] Jerzy Reinhardt, Boris Eltsine et le réveil russe, Stock, 1992 p.358.

[19] Mais selon Viatcheslav Genéralov, le chef de la sécurité  de Gorbartchev, le téléphone avait été maintenu dans le  garage, se trouvant à 3 mn  de la résidence, mais Gorbatchev n’a pas voulu s’y  rendre.

[20] A Foros, la protection  de Gorbatchev était constituée de 400 personnes, dont 150 gardes-frontières et 16 garde corps,  deux navires de protection côtière.

[21] Selon Fedorovski et Gosset, Histoire secrète du coup d’ État, ce groupe d’intervention spéciale du KGB, aurait désobéi, il serait arrivé en retard sciemment d’un quart d’heure ?

[22] Andreï Kozovoï , La chute  de l’Union soviétique, 1982 – 1991, Tallandier, 2011, p.274 

[23] Lors de leur première conférence de presse, la TV filma bien de leurs mains qui tremblaient.

[24] Selon Bertrand Dufourcq , ambassadeur de France à Moscou, il ne s’agirait que de 15 000 à 30 000 personnes sur une population de 8 millions d’habitants.

[25] Mitterrand, l’URSS et la Russie, ouvrage cité Daniel Vernet, p. 27 et suivantes. Interrogé par Dominique Bromberger, lors du 20 heures, le 20, qui lui demande à trois reprises « Condamnez-vous ce putsch ? » éluda la question avant de répondre à la troisième tentative : » Bien entendu, comment pouvez -vous poser cette question ? ». Au demeurant, le communiqué publié à 18 heures par l’Élysée ne comportait aucune condamnation précise Bertrand Dufourcq, ambassadeur de France à Moscou, se trouvant alors à Paris in Retour sur la fin de la guerre froide, op.cité p. 366.

[26] Eric Roussel, Mitterrand, op.cité p.693.

[27] L en fait état dans « l’improbable équilibre, Géopolitique du désordre mondial » éditions Luc Spire, page 43.

[28] Eric Roussel, Mitterrand, op.cité p.691.

[29] Eruc Roussel, p.694.

[30] Guy Spitaels op.cit.

[31] Andreï A. Kovalev, Russia’s Dead end , An insider Testimony from Gorbatchev to Putin,

[32] Le ministre -conseiller de l’ Ambassade de France, servi par son flair sera le seul diplomate étranger à accompagne la délégation russe et assister ainsi au retour de G . Georges Bortoli « une si longue bienveillance , les Français et l’URSS, 1944 – 1991, Plon, 1994 p.226.

[33] Boris Minnaev, BE : destinée d’un empire, traduit par Yves Gauthier, éditions Ddk-Parisis, 2017, p.258.

[34] Cité par André Fontaine, L’un sans l’autre, Fayard, 1992, p. 27

[35] En tout cas, malgré certains indices ( exercice militaire inhabituel qui s’est révélé être la répétition d’un contrôle de foule, et l’interruption soudaine de certains canaux de communication entre Gorbatchev et Moscou, la CIA n’a rien vu venir. C’est l’Agence nationale de communication (NSA) qui a pu constater , grâce aux écoutes électroniques, que des régions militaires ne se ralliaient pas aux putschistes.

[36] La Russie et l’Occident, Calmann -Lévy, 1962

[37] Andreï S. Gratchev, l’ Histoire vraie de la fin de l’URSS, Le naufrage de G . Éditions du Rocher, 1992,p.11.

[38] Pierre Briançon, Héritiers du désastre, précis de décomposition de l’univers soviétique, Calmann- Lévy, 1992, p.121.L

[39] L’ Empire tsariste, reposait également sur trois piliers , nationalisme, foi orthodoxe et autocratie.

[40] Déjà en tant que président de Russie, il avait interdit, le 20 juillet 1991, les cellules communistes sur les lieux de travail.

[41] Les Services secrets russes ,Des tsars à Poutine

Texto Tallandier, 2020, 604 pages

[42] OMON (russe : Отряд Мобильный Особого Назначения, Otriad Mobilny Ossobogo Naznatchénia, « Détachement mobile

[43] Pierre Briançon, p.131 .


Biographie Eugène Berg
 – Ministère des Affaires Étrangères
Direction des affaires politiques, puis au Service des Nations unies et Organisations Internationales.
Adjoint au Président de la Commission Interministérielle pour la Coopération franco-allemande.
Consul général à Leipzig (Allemagne).
Ambassadeur de France en Namibie et au Botswana.
Ambassadeur de France aux îles Fidji, à Kiribati, aux Iles Marshall, aux Etats Fédérés de Micronésie, à Nauru, à Tonga et à Tuvalu.

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