Les métamorphoses égyptiennes à la lumière de la poésie. Victor Hugo

Victor Hugo

Victor Hugo (Photo credit: Wikipedia)

Pour une approche poétique du plus engagé des écrivains Français

 

Amour et liberté ont été depuis la nuit des temps chantées, magnifiées et glorifiées par la poésie. Si des sentiments aussi beaux et puissants mais incomplets-car immenses- et indéfinissables peuvent laisser percer leur  mystère, nous le devons -entre autres- à Victor Hugo.

Bien entendus nous allons revenir très vite sur ces bouleversements dans une prochaine analyse que nous voulons emmétrope. Mais il est parfois sage, et juste, de laisser aux hommes le soin de décanter les événements qui engagent leur vie.

Que l’on nous permette d’oser un paradoxe. Le renversement de Morsi démontre,  ex- post, que les mots « printemps arabes » ont une vraie signification et portent un vrai message d’espoir pour une immense partie de l’humanité.

Il en va dans l’histoire politique comme dans l’aventure de la vie humaine. Les grandes convulsions d’une nation ou d’une société, les grands déchirements d’un être humain permettent le ressourcement, et sont nécessaires pour retrouver leur ADN, leur pilier !

Je suis particulièrement heureux de partager avec vous ces deux poèmes de Victor Hugo qui m’ont semblé – à leur façon – rendre hommage à ceux qui secouent le joug de l’oppression en Égypte !

Bien entendu les choses sont plus complexes et nous y reviendrons dans le cadre de notre prochain article sur la politique étrangère américaine au Moyen-Orient.

En espérant que la beauté de ces vers sublimes vous permettra de prendre la hauteur de vue nécessaire à toute réflexion.

Léo Keller

 

 

 

 

Lux

Temps futurs ! Vision sublime !
Les peuples sont hors de l’abîme.
Le désert morne est traversé.
Après les sables, la pelouse ;
Et la terre est comme une épouse,
Et l’homme est comme un fiancé !

Dès à présent l’œil qui s’élève.
Voit distinctement ce beau rêve
Qui sera le réel un jour ;
Car Dieu dénouera toute chaîne,
Car le passé s’appelle haine
Et l’avenir se nomme amour !

Dès à présent dans nos misères
Germe l’hymen des peuples frères ;
Volant sur nos sombres rameaux
Comme un frelon que l’aube éveille,
Le progrès, ténébreuse abeille,
Fait du bonheur avec nos maux.

Oh ! Voyez ! La nuit se dissipe.
Sur le monde qui s’émancipe,
Oubliant Césars et Capets,
Et sur les nations nubiles,
Souvent dans l’azur, immobiles,
les vastes ailes de la paix !

O libre France enfin surgie !
O robe blanche après l’orgie !
O triomphe après les douleurs !
Le travail bruit dans les forges,
Le ciel rit, et les rouges-gorges
Chantent dans l’aubépine en fleurs !

La rouille mord les hallebardes.
De vos canons, de vos bombardes
Il ne reste pas un morceau
Qui soit assez grand, capitaines,
Pour qu’on puisse prendre aux fontaines
De quoi faire boire un oiseau.

Les rancunes sont effacées ;
Tous les cœurs, toutes les pensées,
Qu’anime le même dessein,
Ne font plus qu’un faisceau superbe ;
Dieu prend pour lien cette gerbe
La vieille corde du tocsin.

Au fond des cieux un point scintille.
Regardez, il grandit, il brille,
Il approche, énorme et vermeil.
O République universelle,
Tu n’es encore que l’étincelle,
Demain tu seras le soleil !…

Victor Hugo

 

Stella

 

Je m’étais endormi la nuit près de la grève.
Un vent frais m’éveilla, je sortis de mon rêve,
J’ouvris les yeux, je vis l’étoile du matin.
Elle resplendissait au fond du ciel lointain
Dans une blancheur molle, infinie et charmante.
Aquilon s’enfuyait emportant la tourmente.
L’astre éclatant changeait la nuée en duvet.
C’était une clarté qui pensait, qui vivait ;
Elle apaisait l’écueil où la vague déferle ;
On croyait voir une arme à travers une perle.
Il faisait nuit encor, l’ombre régnait en vain,
Le ciel s’illuminait d’un sourire divin.
La lueur argentait le haut du mât qui penche ;
Le navire était noir, mais la voile était blanche ;
Des goélands debout sur un escarpement,
Attentifs, contemplaient l’étoile gravement
Comme un oiseau céleste et fait d’une étincelle.
L’océan, qui ressemble au peuple, allait vers elle,
Et, rugissant tout bas, la regardait briller,
Et semblait avoir peur de la faire envoler.
Un ineffable amour emplissait l’étendue.
L’herbe verte à mes pieds frissonnait éperdue.
Les oiseaux se parlaient dans les nids ; une fleur
Qui s’éveillait me dit : c’est l’étoile ma sœur.
Et pendant qu’à longs plis l’ombre levait son voile,
J’entendis une voix qui venait de l’étoile
Et qui disait : – je suis l’astre qui vient d’abord.
Je suis celle qu’on croit dans la tombe et qui sort.
J’ai lu sur le Sina, j’ai lui sur le Taygète ;
Je suis le caillou d’or de feu que Dieu jette,
comme avec une fronde, au front noir de la nuit.
Je suis ce qui renaît quand un monde est  détruit.
O nations ! Je suis la poésie ardente.
J’ai brillé sur Moïse et j’ai brillé sur Dante.
Le lion océan est amoureux de moi.
J’arrive. Levez-vous, vertu, courage, foi !
Penseurs, esprits, montez sur la tour, sentinelles !
Paupière, ouvrez-vous ! Allumez-vous, prunelles !
Terre, émeus  le sillon ; vie, éveille le bruit ;
Debout, vous qui dormez ! – Car celui qui me suit,
Car celui qui m’envoie en avant la première,
C’est l’ange Liberté, c’est le géant Lumière !

 

Victor Hugo

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