L’Afrique du Sud reste déséquilibrée par Jacques rubin

 

 

Les médias du monde entier ont salué la mémoire de Nelson Mandela, le qualifiant tour à tour de Gandhi des temps modernes. Les qualificatifs n’ont pas manqué pour évoquer un autre apôtre de la non-violence, qui avait su par sa volonté et son opiniâtreté résister à toute notion de vengeance pour réconcilier un pays dont les antagonismes étaient frappants.
L’apartheid est bel et bien mort en 1994 mais subsistent toujours autant d’inégalités dans la première économie d’Afrique, représentant tout simplement 70% du PIB de l’Afrique australe.
En effet 26% de la population active est encore au chômage avec des taux pouvant monter jusqu’à 50% chez les jeunes… Les bénéficiaires de l’aide sociale sont passés en vingt ans de 2,5 millions de personnes à plus de 16 millions.
Un niveau énorme que ne peut pas résoudre la croissance économique du pays. La croissance ne cesse en effet de ralentir depuis quelques années au point que par exemple le PIB ne dépassera pas les 2% cette année contre 2,7% initialement attendu et 2,5% en 2012 ou encore 3,1% en 2011.
Pour ne rien arranger, le pays est confronté à l’inflation. Certes nous ne sommes pas dans des inflations de type zimbabwéen mais l’inflation tangente les 6% actuellement, soit la fourchette haute des objectifs de 3% à 6% fixés par la Banque centrale du pays.
Il faut bien comprendre que la fin annoncée du QE3 aux Etats Unis a provoqué un choc dans les pays émergents, notamment en Afrique du Sud avec une dépréciation de la monnaie de l’ordre de 15%.
Or vous savez que selon la courbe en J que l’on étudie sur les bancs de la faculté, une dépréciation d’une monnaie entraîne certes une amélioration de la compétitivité mais également de l’inflation importée… C’est exactement le problème dont souffre actuellement le pays.
Il faut également comprendre que le pays est très dépendant des cours de ses matières premières. N’oubliez pas que les matières premières représentent environ 60% du PIB… Quelques mouvements de grève dans les mines et un ralentissement de la Chine sont autant de dangers pour un pays qui se doit de diversifier absolument ses revenus.
Enfin, je voudrais terminer par un message d’espoir. Il faut absolument que lors des élections générales du printemps prochain, les dirigeants au pouvoir arrêtent de se comporter en monarques absolus, confondant bien souvent leur propre compte en banque avec celui du pays.
Se servir du budget pour se faire construire de grandes propriétés rurales ou cacher son argent à l’étranger n’est pas digne des successeurs de Mandela. Le fait que Jacob Zuma soit hué d’une telle façon aux obsèques de Madiba montre bien que les sud-africains ne sont pas dupes…
L’ère des prébendes ou autres détournements illicites doit cesser pour qu’émerge enfin le grand pays dont l’Afrique du Sud a tant besoin…
Nelson avait montré le chemin de la paix, il faut maintenant trouver son pendant en économie… Ce n’est guère facile mais c’est primordial pour passer du népotisme à la vraie démocratie.

Jacques Rubin

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