Quelques réflexions à chaud en ce soir d’élections. Ite missa est ! Et bien dite !

Quelques réflexions à chaud en ce soir d’élections. Ite missa est ! Et bien dite !

D’abord un énorme sentiment non seulement de soulagement mais de vraie joie. après avoir eu si peur, une vraie jubilation ! L’espérance souriante !
Joie quand Emmanuel Macron qui était mon candidat pour des raisons positives et non par peur l’a emporté. Certes nous ne sommes pas au deuxième tour, mais il est plus que vraisemblable qu’il ne fera qu’une bouchée de celle que je n’ose pas appeler Homme ou Femme. Tant elle est nauséabonde ! Et tant elle est nulle.
Mais ce dernier point n’est pas le problème.

Soulagement ! Soulagement intense, soulagement profond, soulagement vibrionnant car une fois de plus le plafond de verre a joué. Mieux Le Pen ne progresse pas vraiment malgré tout le matraquage médiatique. Or en matière électorale, comme à vélo, ce qui compte c’est la dynamique. Ne pas progresser c’est déjà reculer.

On l’a fort heureusement vérifié en Autriche.
Certes le clown Trump l’a emporté aux USA. Et certes nos amis anglais, même si ils s’en mordent aujourd’hui les doigts, ont voté en faveur du Brexit.

Mais tant le système électoral français que la sociologie électorale nous protègent du cauchemar Le Pen ou Mélenchon.

Bien mieux, le grand politologue René Rémond avait écrit que la France est protégée du fascisme grâce à l’esprit « ancien combattant. » Et puis surtout les fondements laïcs de la République Française demeurent comme enchâssés et ciselés dans notre ADN. Ils en sont les diamants étincelants.
On a trop daubé sur la laïcité ; on a eu grandement tort.

Comme l’a écrit Frédéric Encel il faut ré-enchanter l’idée de Nation. Ne pas laisser en laisser le monopole à cette croque-mitaine.
La laïcité, c’est beau et c’est fort!

J’ai voté Macron tout à l’heure, toujours pour des raisons positives et non pas seulement par crainte (même si cela a dû jouer inconsciemment) car il me semble infiniment plus républicain que Fillon. Je n’ai pas voté pour ce dernier pas seulement à cause de son lamentable comportement personnel, mais bien à cause de son programme et surtout parce qu’il ne me semble pas le candidat capable d’apaiser les Français.
Seule condition pour des réformes !

J’ai voté pour Macron car je veux une France ouverte, généreuse, intelligente, fidèle à sa tradition, une France fière de son héritage et ouverte sur l’Europe et le monde; en aucun cas une France apeurée, recroquevillée, rabougrie et sclérosée.

J’ai également voté pour Macron car il est profondément européen de cœur et de raison.
J’ai aussi ( et peut-être surtout) voté pour lui car c’est celui qui a le mieux compris que la République avait le devoir sacré de tout faire pour instruire ses enfants.
L’instruction est le droit sacré et inaliénable, et la raison d’être de la République !
J’avoue ne pas intégrer ce jour les critères économiques.
Ce n’est pas n’en déplaise, à d’aucuns le critère essentiel lorsque la République est en danger.

Alors maintenant projetons-nous aux législatives. J’aime les paradoxes et je sens que je vais recevoir des flèches de tous côtés ; peu me chaud !
Pour que les choses soient parfaitement claires, j’ai voté à la primaire avec une vraie joie pour NKM puis avec raison pour Juppé. J’aurais adoré voir Manuel Valls Président, non pour des raisons économiques mais parce que c’est un formidable républicain sachant ce qu’est la République et les valeurs républicaines. J’aurais été fier d’être citoyen de ce pays avec Manuel Valls à sa tête.

Je refuse d’être engoncé dans une posture. Comme le disait Raymond Aron je ne suis pas hémiplégique.

Dire qu’il y a des réformes relève de la tautologie.
Mais ce que je sais, et la formidable et immense Angela Merkel, c’est qu’il faut un programme de gouvernement, une coalition la plus large possible–appelez ça comme vous voulez cela n’a pas d’importance–pour entraîner un pays derrière soi.

On ne réforme pas ou plus un pays contre 75 % de sa population. Mieux valent des réformes modérées que le grand soir « réformateur » avec ses 500 000 suppressions de fonctionnaires ; ça c’est du grand n’importe quoi !
C’est juste bon pour attirer le chaland et antagoniser une population.

Une nation c’est un vouloir vivre ensemble. Vivre ensemble, c’est accepter de ne pas voir triompher toutes ses idées ; c’est aussi laisser de la place aux autres. Tocqueville parle des habits de la démocratie. C’était également la grande leçon de diplomatie de Kissinger et de Barack Obama.

Ce qui me guidera pour mon choix des législatives, ce sera d’abord l’affirmation des valeurs républicaines davantage que les problèmes économiques et sociaux, certes important.
Le socle des valeurs républicaines doit être réparé et sans tarder; c’est la priorité absolue.

Combien amusant que nos ultralibéraux se complaisent à jeter aux oubliettes les leçons de Tocqueville ou Adam Smith.
Libre à eux de les oublier ; moi elles continuent de me construire.

Je sais aussi qu’au lendemain de la Première Guerre Mondiale, Clémenceau, lors du Traité de Versailles, disait aux Américains à propos de Foch et d’un autre jusqu’au-boutiste : « Débarrassez-moi de ces deux imbéciles. »
Il n’y a rien de pire que d’avoir une majorité écrasante à l’Assemblée nationale. L’historien israélien J. L Talmont parle des dangers de l’ivresse de la victoire.

La chance de la France est que justement Macron n’aura pas de majorité. Arrêtons de rêver ! Il devra donc composer et avoir sur des propositions minimales (tant mieux si elles ne le sont pas) l’assise la plus large possible.

Je sais que l’on va criailler : comment mais c’est le retour à la IVe République. Que nenni ! Ce qui a tué la IVe République, c’est la guerre d’Algérie, la décolonisation et la difficile reconstruction d’après-guerre. En lançant le programme atomique c’est la IVe République qui a initié la force de frappe nucléaire.

Je sais aussi et viscéralement qu’une démocratie où l’un des deux grands courants est absent ou trop faible dans le débat et c’est la démocratie qui est en danger. Donc ma liberté !
Par conséquent si le parti socialiste, sous une dénomination ou sous une autre venait à être déchiré et donc absent (comme d’aucuns embrumés du cerveau le souhaitent) c’est la démocratie qui serait en danger. Et donc ma liberté !

Je sais aussi qu’il est extrêmement malvenu de reprocher à Hollande et Valls d’avoir été laxistes et particulièrement malvenu de quelqu’un qui a supprimé 13 000 personnels de sécurité. Là mon savoir se double d’un certain malaise devant tant de mauvaise foi.

En matière de lutte contre le terrorisme, Valls et Hollande n’ont de leçon à recevoir de PERSONNE ; idem pour la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Au cas où cela aurait échappé à d’aucuns je répète : de leçon à recevoir de PERSONNE !

Enfin nous devons bien évidemment d’immenses accomplissements à la droite, mais nous devons mêmement des réalisations et des principes formidables à la gauche.

Je ne conçois pas mon pays sans le parti du formidable orateur qu’était Jaurès !
Je ne peux imaginer un seul instant la France sans le parti de Léon Blum qui a tant apporté à notre pays.
Que serait la France sans l’immense et exceptionnel Mendès-France !
Enfin je le dis même si je n’ai pas voté socialiste sans ce parti je serais orphelin. J’arrête là pour les grands leaders de la gauche.

Voilà ! Mon choix n’est donc pas fermé pour les législatives ; je voulais simplement dire que les trois choix ont leur logique propre. Aux législatives : droite, gauche, Macron. Chacune a des avantages et des inconvénients.

Quant à moi je retourne, ce soir, savourer ma joie (même si objectivement l’étiage atteint par la conjonction des voix Le Pen et Mélenchon est plus que préoccupant) Et je vais oublier ce soir la somme de bêtises et de fiel que l’on a déversé ad nauseam sur certains candidats. (Les réactions survenues à droite dès ce soir ou à venir sur le comportement inacceptable de Fillon ne le rangent pas dans la catégorie des victimes n’ayant rien à se reprocher)

Que nos enfants prennent garde à ne jamais oublier ce soir du 23 avril qui rappelle tristement un autre soir d’élection.
Une leçon biblique nous enseigne que lorsque Jacob quitte la maison de son idolâtre de beau-père, Rachel subtilise des statuettes. Accusé par son beau-père Jacob clame son innocence. Et il l’a clame à tort. Les statuettes avaient bel et bien été dérobées par Rachel qui craignait que l’idolâtrie ne revienne un jour à grands pas. Les statuettes avaient donc pour mission de rappeler aux générations futures que le bien et le beau restent profondément fragiles.
Puisse cette leçon du 23 avril nous servir !

En guise de conclusion qui d’autre que l’indépassable Albert Camus : « Quand on brûlait Jan Huss, on vit arriver une douce petite vieille apportant son fagot pour l’ajouter au bûcher. » In les justes

Leo Keller
23/04/2017

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