Sharon. D’Ariel à Arik ou le non conformisme comme vertu !

 

Olivier Rafowicz est Colonel de l’armée israélienne. Il en a été un des brillants porte-parole. Il sera également directeur de la chaîne d’information Infolive.tv. Il a par la suite exercé les fonctions de directeur de l’alya en France et est actuellement directeur de la communication du KKL pour l’Europe.

Né à Paris en 1962, Olivier Rafowicz étudie à la faculté de Droit de l’université d’Assas à Paris. Il complète son cursus au département des Sciences politiques et relations internationales à l’Université hébraïque de Jérusalem. Olivier Rafowicz est l’auteur de deux ouvrages parus aux Editions Favre : « Le temps du retour«, de Paris à Jérusalem (2005) et « Israël-Hezbollah«, Prélude à la troisième guerre mondiale.

Il a également été dans sa carrière proche d’Arik Sharon. Son jugement est donc précieux. Il a eu l’amabilité de nous accorder un entretien ; nous vous en souhaitons à tous bonne lecture.

Leo Keller

Sharon. D’Ariel à Arik ou le non conformisme comme vertu !

Leo Keller
Olivier Rafowicz, seriez-vous d’accord pour partager- avec nous- cette affirmation : Comme tout vrai démocrate et non point comme un démagogue Sharon a été capable de montrer le chemin, de bousculer et son peuple et ses ennemis, son propre parti et surtout lui-même ?
Nietzsche disait : « Comment veux-tu être mon ami si tu n’es même pas capable d’être mon ennemi ? »

Olivier Rafowicz
Oui, il a été capable de prendre tout le monde à revers de bousculer tout le monde et toutes choses. On a affaire à quelqu’un de la trempe des grands leaders qui savent qu’un grand leader doit prendre de grandes décisions.
Or ces grandes décisions Sharon a su les prendre et stoïquement et sereinement. Lors du désengagement à Gaza, des membres du Likoud ont essayé de le déstabiliser à la Knesset. En vain car Ariel Sharon était un vrai leader.
Un vrai leader mais aussi un vrai démocrate. Et un vrai démocrate sans la moindre once  de démagogie.
Il était en effet capable de montrer le chemin de bousculer son peuple, ses a priori, ses ennemis mais lui-même restait de marbre !

LK
Pourtant il a quand même effectué quelques virages dans sa carrière.

OR .Oui, mais lorsque l’on arrive  à ce niveau de responsabilité on a une vision différente de la situation. Et il a été capable de bousculer ses propres a-priori. Sharon  s’est rendu compte que la gestion du pays n’avait rien à voir avec une discussion  de salon de thé.
Il lui sembla donc normal d’évoluer d’une droite dure vers  un centrisme qui est la voie que même Netanyahou emprunte aujourd’hui. Les décisions que ce dernier  commence à prendre actuellement sembleraient des décisions de gauche pour des hommes tels que Begin voire même Ben Gourion !

LK. Quel a été le legs politique et stratégique ultime de Sharon ?

OR .Son legs, et en ce sens, il est énorme  c’est  le non-conformisme !
Le non-conformisme est l’ADN d’Ariel Sharon. C’est la très grande force de ce grand Monsieur, de ce grand leader qui s’est montré  capable de prendre des décisions militaires et politiques que l’on n’attendait pas de lui, en ces temps-là, et dans ce contexte-là !
Il est le brillant héritier de Napoléon qui  déstabilisait l’ennemi. L’ennemi ne savait pas, en effet, à qui il avait à faire et comment répondre aux défis napoléoniens ou à ceux de Sharon. Et ce non-conformisme ne pouvait être enseigné dans les écoles.

LK. Comme Patton ?

OR. Oui ce non-conformiste déstabilise les ennemis et, parfois même aussi, les amis.
Ce non-conformiste a à la fois un côté génial et- bien entendu- un coté extrêmement risqué. Pourtant c’est précisément grâce à son  côté génial que Sharon a métamorphosé ce qui aurait pu être- au départ- un désastre militaire lors de la guerre du Kippour de 73 en une formidable victoire.
Dans l’éthos  israélien, Sharon devient alors  incontournable tel un « deus ex machina » ! On ne pouvait pas ne pas l’apprécier. De quelque tendance que l’on soit.
Deux Sharon coexistaient en Sharon ! Ariel Sharon laissait parfois la préséance  à Arik Sharon.
Et Arik c’était le non-conformiste. Les ennemis d’Israël savaient qu’Arik pouvait accomplir des choses imprévisibles, impensables, donc effrayantes. Et cet Aron c’était un bloc d’intelligence !
LK. Un peu comme Nixon, qui lorsqu’il en vint à négocier avec les nord-vietnamiens, voulait faire accroire qu’il était totalement fou donc imprévisible, et qu’il valait donc  mieux négocier avec lui plutôt que d’encourir les foudres des B52 !

LK. Il est des leaders qui sortent de l’histoire pour mieux la façonner, pour en changer le cours. Sharon est-il dans cette catégorie ? Et si oui  à quel moment ?

OR.  Au niveau militaire il est rarissime qu’un seul homme ait incarné  le destin de son pays entre ses mains.
Ainsi De Gaulle et Churchill furent en minorité au sein de leur pays. A chaque fois il y avait une menace existentielle. En 73 Sharon réintègre l’armée, quitte son statut de réserviste et- par la même occasion- son parti le Likoud !
Sharon va renverser la « misconception » tant au niveau militaire qu’au niveau politique. Faire du ménage dans l’armée et dans la société, telle sera dorénavant son action.
Ce n’est point un hasard si Begin arrivera quatre ans plus tard au pouvoir.

LK. Qu’est-ce qui a amené le ministre de l’agriculture et des colonies à changer son fusil d’épaule ? En bon  disciple de Clausewitz avait-il compris qu’Israël n’avait pas les moyens de « vorschreiben » c’est-à-dire de dicter les conditions de paix ou de « niederwerfen » c’est-à-dire écraser l’adversaire ?
Est-ce cela qui l’a amené à opérer ce virage stratégique ?

Un démocrate visionnaire

OR. Sharon- à part Begin et Ben Gourion- est celui qui possède  le plus en lui le caractère juif. Il est  celui qui comprend le mieux la dualité de l’éthos  juif à savoir : force et faiblesse intimement mélangées. Mais comme Sharon est avant tout un vrai démocrate, il ne veut pas perdre le caractère juif de l’État d’Israël. Mais surtout-et sous aucun prétexte – il ne veut pas perdre le caractère démocratique de l’État d’Israël. C’est pour lui la chose primordiale !
Quoi qu’en aient dit ses critiques de tous bords et de tous horizons géographiques ! Cela constitue une rare combinaison.
À la fin de sa vie il réalise avant beaucoup d’autres que « ces territoires ne sont pas des territoires vides. » Les incorporer c’est incorporer 3 millions d’Arabes et prendre le risque de la chimère d’un État binational.

LK. Qu’est-ce qui a le plus motivé sa décision ?
OR. Incontestablement sa fibre juive. La fibre sécuritaire ne joue pas à ce stade ! Sharon n’a pas peur des Arabes ! Son souci, son double souci est de préserver le caractère juif qui est la raison et le fondement de l’État, mais aussi de préserver le caractère démocratique de l’État d’Israël !

LK. Qu’est-ce qui a fait que Sharon a réussi là où Barak a échoué ?

OR. Sharon jouissait d’une vraie équation personnelle, d’une vraie aura. Cette équation personnelle et cette aura lui ont permis cette réussite. Ce sont elles qui  inspiraient confiance en Sharon. Sur le tard Sharon est devenu en quelque sorte le « grand-père » de la nation israélienne.
Plus cet homme, qui était aussi un homme de la terre, vieillissait plus il gagnait en  épaisseur et en force politique. Il émanait de lui une image de la famille, de la douceur et de la force tellement caractéristique. Ces valeurs sont  la marque du respect qu’inspirent les anciens.
Alors que Barak- pourtant brillantissime général- ne jouissait point de cette aura .Il ne pourra donc transmettre ce côté  patriarche qui rassure. Rabin, Ben Gourion, Begin- avec en plus sa distinction- le possédaient.
Barak, Netanyahou, Olmert  qui sont pourtant des hommes de grande qualité n’en bénéficient point. Sharon- comme De Gaulle- laissent leurs successeurs pâles et faibles. C’était ça la grande force de Sharon aussi !
Si Barak a engagé des actions brillantes et cruciales pour la sécurité d’Israël, il n’a pas su les imposer dans la perception de la conscience israélienne.

Sharon a eu la chance de rencontrer son destin ! Barak n’a pas bénéficié de cette perception de sauveur d’Israël au sein de la population. Sharon vieillissant, c’est cela son équation personnelle.

LK. Sharon est-il l’héritier de Rabin, Barak et Ben Gourion, voire Begin qui a eu le courage de signer les accords de Camp David avec Sadate, ou bien est-il l’héritier de Shamir et Netanyahou fossoyeurs de la conférence de Madrid ?

OR. « Sharon, Rabin, Barak, Begin sont dans l’action et Olmert aussi. » Ils ont conduit des guerres. Durant leur mandature ils sont dans l’action. « Shamir et Netanyahou ont un langage beaucoup plus extrémiste  mais sont moins dans l’action ! »

LK. Ils gesticulent haut et fort ?

OR. Dans l’action ! Olmert mène deux opérations durant son unique mandat. Netanyahou- durant son deuxième mandat- en fait une toute petite.
« Il parle de l’Iran et il ne fait rien !»
Sharon se situe plus dans la lignée Ben Gourion, Rabin, Begin, que ne le sont Netanyahou et Shamir.
LK. Pourtant Netanyahou et Shamir  étaient dans son propre parti !

LK. Qui est son plus fidèle exécuteur testamentaire Ehud Olmert ou Netanyahou ?

OR.  Ehud Olmert évidemment !

LK. À titre personnel et en prenant le risque de choquer un certain nombre de personnes je considère qu’Ehud Olmert a été un très grand Premier Ministre d’Israël, qu’en pensez-vous ?

OR. Il va revenir assurément sur la scène politique israélienne.

LK. Comment Sharon a-t-il vécu sa démission forcée sous Begin avec la commission Agranat?

OR. Très difficilement évidemment. Sharon disait : « Je suis le seul ministre de la défense juif qui a été obligé de démissionner lorsque des chrétiens ont tué des musulmans !»
Sharon a cependant compris l’importance de la tragédie de Sabra et Chatila qui demeure- ne l’oublions pas- une vraie tragédie. Les israéliens furent d’ailleurs très mécontents de cet épisode. Ils  acceptent de faire la guerre parce qu’ils y sont obligés, mais ils cherchent constamment- de par leur éthos- à réduire les dommages collatéraux et victimes civiles.
C’est un marqueur  dans la stratégie militaire israélienne !
La tragédie de l’histoire-hélas- a fait que des micros alliés stratégiques ont piégé Israël. La victime collatérale sera Yasser Arafat. Sharon avait compris qu’il était impossible de faire la paix avec lui car Arafat voulait rester dans l’éthos  palestinien comme le combattant.
Ceci envenimera  également la relation fortement antagoniste entre Arafat et Sharon.

LK. Raymond Aron écrivit dans les carnets de la Guerre Froide en Janvier 73 « Rappelons d’abord, puisque tant  de commentateurs veulent oublier ces vérités de sens commun, que la guerre a toujours consisté à user de la violence physique pour contraindre la volonté de l’ennemi. » Dans quel état d’esprit était Sharon après ces dommages collatéraux ? L’a-t-il mal vécu ?

OR. Bien évidemment !

LK. Sharon est-il finalement plus proche d’un Bush  junior ou d’un Richard Nixon, lequel après avoir été un anticommuniste conséquent, est pourtant celui qui a réalisé le plus de « conceptual breakthrough »avec la Chine l’URSS et le Vietnam grâce au Docteur Kissinger ?

OR. Non. On ne peut comparer Sharon à nul  autre. Il reste une figure emblématique de la société israélienne. L’élément juif est ce qui fait et sa force et sa particularité.

LK. N’y a-t-il pas une certaine malhonnêteté intellectuelle à attribuer certains échecs au Liban ou à Gaza à Sharon alors qu’il était déjà plongé dans un coma irréversible et ne pouvait donc réagir ?

OR. « Oui il y a des idiots partout !» Certes cela relève de la malhonnêteté intellectuelle mais peut-être surtout d’une incommensurable bêtise.

Arik Sharon l’héritier de Ben Gourion

LK. Diriez-vous avec nous qu’Israël manque aujourd’hui  cruellement d’un nouveau Sharon ?

OR. « Oui tout à fait Israël manque cruellement d’un grand leadership ! »
En tant qu’Israélien je sais que je vis dans un pays « a-normal » dans un contexte           a-normal, donc il nous faut des leaders « a-normaux » c’est-à-dire méta normaux qui seuls sont à même de prendre des décisions qui engagent l’existence d’Israël. Seuls ceux qui ont une vision de l’histoire le peuvent.
« En Israël Netanyahou- même s’il est intelligent- n’a ni cette vision, ni cette envergure. » D’ici peu de temps Israël sera confronté à des problèmes gravissimes et il lui faudra prendre des décisions dramatiques qui recèlent des dangers immenses et des espoirs à cette hauteur.
« Seul un grand leader, un grand leader du style Begin, Ben Gourion, Rabin, ou Sharon est capable en Israël de prendre des décisions au-delà… »

LK. Sous-entendu : l’équipe actuelle n’est pas capable de prendre de telles décisions ?

OR. « A mon avis elle ne pourra pas les prendre ! »

LK .Intellectuellement, idéologiquement, ou parce qu’il n’y a pas de majorité pour cela en Israël.

OR. «  Tout ensemble ! »
Dans un  passage de la Bible Moïse apporte la Parole de Dieu. C’est tellement fort ! Le verset dit « et le peuple a vu les voix !»
C’est la même chose aujourd’hui. les gens veulent voir et savoir où ils vont. Il était possible de « voir » et de faire confiance à Moïse et à Sharon. Ils en avaient l’étoffe. Les décisions à venir impliquent des changements territoriaux et aussi des menaces.
On pouvait faire confiance à Sharon pour assumer de telles décisions. Le problème est que l’on ne fait pas confiance à des  « petits garçons ! »Dans ce cas c’est plus problématique.
« Le problème sera de faire confiance à Netanyahou ! Peut-être me trompé-je ? Peut-être Netanyahou changera de style ? Je ne sais pas »

LK. Qu’est-ce qui primait finalement chez Sharon l’idéologie sioniste ou l’idéologie sécuritaire ? Finalement n’est-il pas le véritable  héritier de David Ben Gourion ?

OR. Sioniste ! Sioniste à 100 % ! L’idéologie sécuritaire est un by -product qui découle de tout cela.

LK. Vu de l’étranger Sharon  apparaît comme un génie au plan  sécuritaire

OR. Génie militaire.

LK. Netanyahou est  arc-bouté sur une idéologie, certes forte, mais fermée. Brut de décoffrage, on a l’impression qu’il est prêt d’une certaine façon- à payer le prix de son idéologie- même au coût d’un  certain nombre de victimes dues à sa posture idéologique pourvu que le grand Israël existe ; le grand Israël étant  son objectif ultime, son fondement.
Sharon, lui ne donnait pas du tout cette impression. Vu de l’étranger, Netanyahou s’arc-boute sur la reconnaissance du caractère juif de l’État d’Israël.
Or dans aucun pays on ne demande on ne demande à ce que l’on reconnaisse son identité catholique, chrétienne, etc., car  cela relève de la décision souveraine du pays et non pas de la reconnaissance des autres.
Pour vous Sharon est-il un vrai sioniste ?

OR. Oui !

LK. Les décisions prises par Sharon sont-elles davantage dictées par son idéologie sioniste ou alors sécuritaire ?

OR. Une seule phrase ! « Ce qui caractérisait Sharon : pour nous vaut-il mieux un grand chez soi avec des autres ou un petit chez soi ? »

LK. Donc on peut affirmer que c’est l’héritier direct de Ben Gourion ?

OR.  C’est non seulement l’héritier direct de Ben Gourion, mais il est également et surtout l’héritier de la Bible ! C’est ce qui le lie au peuple juif. Ce qui le lie  au peuple juif, à Israël c’est une émotion, un amour fusionnel et total !
Cela Sharon le comprend parfaitement et c’est comme cela qu’il vit son pays.

LK. Plus que Netanyahou ?

OR. Oui plus que Netanyahou.

LK. Et pourtant il n’est pas habité par les dérives de Netanyahou.

OR. Oui, mais plus et jusque dans les faits,  c’est un sioniste.
Netanyahou est plus américanisé. C’est peut-être très bien. C’est peut-être très bien mais Sharon habille la posture juive. Cela  ne revêt pas la même force.

LK.  On peut donc dire que Sharon est le véritable héritier de Ben Gourion ?

OR.  Oui !

LK. Cela ne vous choque pas ?

OR. Oui pas du tout. De Ben Gourion et des pères fondateurs.

LK. Après tous ces hommages vous qui l’avez bien connu, y a-t-il  quelque chose que vous aimeriez rajouter ?

OR.  Oui c’est dommage de l’avoir autant sali, d’être passé à côté du fait que c’était aussi un homme d’esprit. Un homme profondément humain qui adorait sa famille laquelle le lui rendait fort bien.
Il est dommage que la véritable personnalité de Sharon n’a pu être connue à l’extérieur et a cédé la place à la sempiternelle ritournelle anti- israélienne.

A titre personnel malgré huit ans de coma j’ai ressenti une profonde tristesse lorsque je suis rentré en Israël après son décès.  

LK. Donc Sharon était un humaniste ?

OR. Il faisait partie des gens qui construisent l’avenir de la terre d’Israël. « Et  seuls des gens de cette trempe peuvent faire la paix. »

LK. Comme de Gaulle ?

OR. Oui comme de Gaulle ou comme Churchill.

LK. Qu’elle aura été sa plus grande victoire ? Sa plus grande déception ? Quelle image aurait-il aimé que l’on gardât de lui ?

OR. Il avait commencé quelque chose de très important et il n’a pas pu le finir. Sa plus grande victoire : « avoir créé un grand parti capable d’aller au règlement politique avec les palestiniens. » Sa plus grande déception : c’est la nôtre !

LK. Quelle  est l’avancée de la politique militaire israélienne en matière  de drones et quels sont les liens entre Israël et la France actuellement, sur ce sujet et en règle générale ?

OR .La France et Israël entretiennent des relations dans tous les domaines.
Olivier Rafowicz

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